Ce mardi 12 mai, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) a acté l'interdiction de la vente des produits alimentaires contenant du cannabidiol (CBD) en France. Une décision qui intervient alors que le secteur agricole et les professionnels du marché attendaient des clarifications réglementaires, selon BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- La Direction générale de l'alimentation a interdit la vente des produits alimentaires au CBD à compter du 12 mai 2026.
- Cette mesure concerne l'ensemble des produits destinés à une consommation humaine ou animale intégrant du CBD.
- Les professionnels du secteur agricole et de la distribution expriment leur inquiétude face à cette décision.
- L'émission Good Morning Business sur BFM Business a analysé les conséquences de cette interdiction ce matin.
Une interdiction décidée par la DGAL sans préavis
Dans sa chronique matinale intitulée Morning Retail, diffusée ce mardi dans l'émission Good Morning Business, Eva Jacquot a détaillé les contours de cette interdiction. Selon ses informations, la Direction générale de l'alimentation a justifié cette mesure par l'absence de cadre réglementaire européen clair concernant les produits alimentaires au CBD. « La DGAL s'est fondée sur le principe de précaution, estimant que les données disponibles ne permettent pas de garantir la sécurité sanitaire de ces produits », a-t-elle précisé.
Cette décision intervient après plusieurs années de flou juridique autour du statut des produits au CBD en France. Depuis 2020, la vente de fleurs et de feuilles de CBD était autorisée sous conditions, mais leur utilisation dans l'alimentation restait un sujet de débat. Les professionnels du secteur espéraient une régulation plus souple, notamment pour les produits transformés comme les huiles ou les compléments alimentaires.
Un secteur en plein essor fragilisé par la mesure
L'interdiction des produits alimentaires au CBD frappe de plein fouet une filière en pleine expansion. Depuis l'ouverture progressive du marché français en 2018, de nombreux agriculteurs et transformateurs avaient investi dans la culture du chanvre et la production de dérivés du CBD. « On estimait que le marché français du CBD représentait déjà plus de 200 millions d'euros en 2025, avec une croissance annuelle de 15 % », souligne Eva Jacquot dans sa chronique.
Les acteurs du secteur dénoncent une décision brutale, sans consultation préalable. « C'est un coup dur pour des centaines de petites et moyennes entreprises qui avaient misé sur ce créneau porteur », explique un représentant de la filière, cité par BFM Business. Certains producteurs envisagent déjà de se tourner vers l'exportation, notamment vers les pays européens où la réglementation est plus favorable, comme les Pays-Bas ou l'Allemagne.
Les consommateurs confrontés à un vide juridique
Du côté des consommateurs, l'interdiction crée une situation de confusion. Depuis des années, les boutiques spécialisées et les sites en ligne proposaient des produits alimentaires au CBD, souvent présentés comme des solutions naturelles pour le stress ou les troubles du sommeil. « Beaucoup de clients ne savent plus à quel saint se vouer », confie un gérant de boutique parisien interrogé par BFM Business. Certains tentent de se procurer ces produits à l'étranger ou sur des plateformes illégales, risquant ainsi une exposition à des produits non contrôlés.
La DGAL a rappelé que les produits déjà en stock chez les commerçants devaient être retirés de la vente « dans les meilleurs délais ». Les sanctions en cas de non-respect de cette interdiction n'ont pas encore été précisées, mais pourraient aller jusqu'à des amendes administratives ou des fermetures administratives de commerces.
Quelles alternatives pour les professionnels ?
Face à cette interdiction, certains acteurs du secteur envisagent de se reconvertir vers d'autres usages du CBD. « On pourrait se concentrer sur les produits cosmétiques ou les e-liquides pour cigarettes électroniques, qui restent autorisés », explique un entrepreneur du secteur. D'autres misent sur l'innovation, avec le développement de nouveaux produits à base de CBD non destinés à l'ingestion, comme les patches ou les crèmes.
Cependant, cette transition ne sera pas aisée pour tous. Les agriculteurs spécialisés dans la culture du chanvre, par exemple, devront trouver de nouveaux débouchés pour leur récolte. « Certains pourraient se tourner vers la fibre textile ou les matériaux de construction, mais cela prendra du temps », estime un expert du marché, contacté par BFM Business.
En attendant, les consommateurs et les professionnels devront composer avec cette interdiction, dans un contexte où le marché du CBD reste marqué par une forte incertitude réglementaire. Une situation qui rappelle, une fois encore, les défis posés par la régulation des nouvelles filières liées au cannabis en Europe.
La DGAL s'est appuyée sur le principe de précaution, estimant que les données disponibles ne permettaient pas de garantir la sécurité sanitaire des produits alimentaires contenant du CBD. L'absence de cadre réglementaire européen clair a également joué un rôle dans cette décision, comme l'a expliqué Eva Jacquot dans sa chronique Morning Retail sur BFM Business ce 12 mai.
Tous les produits alimentaires destinés à une consommation humaine ou animale intégrant du CBD sont concernés. Cela inclut les huiles, les compléments alimentaires, les bonbons, les boissons et tout autre produit transformé contenant du cannabidiol, selon les précisions données par la DGAL et rapportées par BFM Business.