L’ancien joueur de NBA Jason Collins, figure historique du basket américain pour avoir été le premier athlète en activité dans un championnat majeur aux États-Unis à révéler publiquement son homosexualité, est décédé dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 47 ans. Selon RMC Sport, il s’est éteint après un long combat contre un glioblastome, l’une des formes les plus agressives de tumeur cérébrale, contre lequel il luttait depuis septembre 2025.
Sa famille a confirmé son décès dans un communiqué transmis à la NBA, soulignant que « notre époux, fils, frère et oncle bien-aimé s’est éteint après un long et vaillant combat ». Le texte ajoute que Jason Collins « a changé des vies de manière inattendue et a été une source d’inspiration pour tous ceux qui le connaissaient, ainsi que pour ceux qui l’admiraient de loin ». Les proches ont également tenu à remercier « l’élan d’amour et des prières reçus lors des huit derniers mois, ainsi que pour les incroyables soins médicaux dont il a bénéficié des médecins et infirmiers ».
Ce qu'il faut retenir
- Premier basketteur NBA en activité à révéler son homosexualité en avril 2013, alors qu’il était sans club à l’époque.
- Décédé à 47 ans après un combat de huit mois contre un glioblastome de stade 4, l’une des formes les plus mortelles de cancer du cerveau.
- 735 matchs en saison régulière et 95 en playoffs disputés sur treize saisons en NBA, avec deux finales perdues d’affilée avec les Nets en 2002 et 2003.
- Coming-out publié dans Sports Illustrated en avril 2013, où il écrivait : « Je suis un pivot de NBA de 34 ans. Je suis noir et je suis gay. »
- Témoignage en décembre 2025 pour alerter sur son état de santé et encourager la recherche médicale, alors que son espérance de vie moyenne était estimée entre 11 et 14 mois.
Un parcours sportif marqué par l’histoire et l’engagement
Jason Collins a marqué l’histoire du basket américain en brisant un tabou en avril 2013, lorsqu’il est devenu le premier joueur en activité dans un championnat majeur aux États-Unis à révéler publiquement son homosexualité. Dans un article publié par le mensuel Sports Illustrated, il expliquait avoir pris cette décision pour lancer une discussion et contribuer à rendre le sport plus inclusif. « Je n’avais pas l’ambition de devenir le premier athlète d’un sport majeur aux États-Unis à révéler mon homosexualité. Mais maintenant que c’est fait, je suis content de lancer la discussion », écrivait-il à l’époque.
Son coming-out, survenu alors qu’il était sans club, a marqué un tournant dans le monde du sport professionnel. Il a ouvert la voie à d’autres athlètes LGBTQ+ et a contribué à faire évoluer les mentalités au sein de la NBA, de la WNBA et de la communauté sportive américaine. Adam Silver, le commissaire de la NBA, lui a rendu hommage en soulignant que « son impact et son influence dépassent largement le basketball ». « On se souviendra de Jason pour avoir brisé des barrières, mais aussi pour la gentillesse et l’humanité qui ont défini sa vie et touché tant de personnes », a-t-il déclaré.
Un combat médical de huit mois contre un glioblastome de stade 4
Jason Collins avait annoncé publiquement en septembre 2025 être atteint d’une tumeur cérébrale, avant de préciser en décembre qu’il s’agissait d’un glioblastome de stade 4. Dans un témoignage poignant, il avait alors expliqué vouloir se battre jusqu’au bout, malgré une espérance de vie moyenne estimée entre 11 et 14 mois. « On ne va pas rester les bras croisés et laisser ce cancer m’emporter sans se battre comme un lion », avait-il affirmé. « S’il ne me reste que ce temps, je préfère l’utiliser pour essayer un traitement qui pourrait un jour devenir la nouvelle norme pour tous. »
Il avait également évoqué les privilèges liés à sa situation financière, lui permettant de se soigner dans les meilleures structures médicales au monde. « J’ai la chance d’avoir les moyens financiers d’aller me faire soigner partout dans le monde. Alors, même si ce que je fais ne me sauve pas, je trouve du réconfort à l’idée que cela puisse aider quelqu’un d’autre qui recevra un jour un diagnostic similaire », avait-il confié. Son combat a suscité une vague de soutien de la part de ses pairs, de ses fans et de la communauté médicale, qui a salué son courage et sa détermination.
Une vie personnelle marquée par l’authenticité et l’humanité
Dans son dernier témoignage public, Jason Collins avait également évoqué les douze années écoulées depuis son coming-out comme « les plus belles de sa vie ». « Je n’avais pas peur que l’information fuite avant sa publication, car j’avais confiance en ceux à qui je l’avais dit. Et devinez quoi ? Rien n’a fuité. J’ai pu raconter mon histoire comme je le souhaitais », avait-il expliqué. Son parcours, à la fois sportif et personnel, a inspiré des milliers de personnes à travers le monde, bien au-delà des frontières du basket.
Retraité depuis 2014 après une carrière de treize saisons en NBA et quatre années à l’université de Stanford, Jason Collins laisse derrière lui un héritage sportif et sociétal majeur. Il a disputé un total de 735 matchs de saison régulière et 95 de playoffs, avec notamment deux finales NBA perdues d’affilée avec les Nets en 2002 et 2003. Son numéro 46, retiré par les Brooklyn Nets, symbolise aujourd’hui son statut d’icône, bien au-delà des terrains de basket.
La NBA et les Brooklyn Nets, où Collins a évolué entre 2012 et 2014, devraient organiser des hommages en son honneur dans les semaines à venir. Son histoire, à la fois sportive et humaine, continuera de résonner comme un symbole de courage et d’authenticité.
Le glioblastome de stade 4 est une tumeur cérébrale extrêmement agressive, classée parmi les cancers les plus mortels. Elle se caractérise par une croissance rapide et une résistance aux traitements conventionnels comme la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. L’espérance de vie moyenne après un diagnostic est généralement estimée entre 11 et 14 mois, bien que certains patients puissent vivre plus longtemps grâce à des thérapies innovantes. Jason Collins a bénéficié de soins médicaux de pointe, mais la maladie a finalement eu raison de lui après huit mois de combat.