D'après nos confrères de Courrier International, le quotidien grec Efsyn a publié une analyse des évolutions des salaires grecs et le constat est implacable : la Grèce détient le pire pouvoir d'achat de l'Union européenne (UE). Le journal de gauche a intitulé son édition du 25 février 2026 « Les pauvres de l'Europe ».

Les conséquences destructrices des mémorandums européens, l'effondrement des négociations collectives, le modèle de développement économique erroné et le dumping social pratiqué par les employeurs ont relégué les salaires grecs dans les derniers rangs des pays de l'UE, a souligné le quotidien de gauche dans une double page consacrée aux revenus et à la baisse du pouvoir d'achat.

Ce qu'il faut retenir

  • Le salaire annuel moyen des employés à temps plein s'élève à 17 954 euros en Grèce.
  • La Bulgarie est dernière, mais avec un meilleur pouvoir d'achat.
  • Le salaire minimum a été relevé à 880 euros par mois en 2025 et devrait passer à 930 euros en avril.
  • Plus de 36 % des travailleurs du secteur privé étaient payés moins de 1 000 euros bruts par mois en 2025.
  • L'inflation en Grèce est la plus élevée de la zone euro, avec 2,9 %.
  • 26,9 % de la population est exposée à un risque de pauvreté ou d'exclusion sociale.

Les causes de la situation

Selon les données de l'agence européenne des statistiques, Eurostat, le salaire annuel moyen des employés à temps plein s'élève à 17 954 euros en Grèce. Le journal Efsyn note que « La Bulgarie est dernière, mais avec un meilleur pouvoir d'achat ». Les ajustements du salaire minimum n'ont aucun impact réel, regrette Efsyn, car l'inflation en Grèce est la plus élevée de la zone euro, avec 2,9 %.

La pratique arbitraire des employeurs consistant à réduire les coûts en exploitant les bas salaires et les mauvaises conditions de travail s'est généralisée, assure le journal. Au début d'octobre, le gouvernement conservateur a fait voter une loi permettant d'allonger la journée de travail jusqu'à trente heures par jour, mais cela n'a pas amélioré la situation.

Les conséquences de la situation

Efsyn partage également « les craintes de coupes dans les dépenses sociales dues aux coûts élevés engendrés par la course aux armements de défense ». Le pays a annoncé en 2025 un vaste plan de modernisation de son armée et des investissements à hauteur de 25 milliards d'euros. « Au lieu d'être récompensés pour leurs lourds sacrifices, conséquences des mesures d'austérité, les travailleurs grecs restent les enfants pauvres de l'Europe », conclut Efsyn.

Le « Journal des rédacteurs » est né de la crise économique en Grèce. Il a en effet été fondé en 2011 par les journalistes du quotidien Eleftherotypia, qui, en pleine faillite, fermait alors ses portes. Chacun d'entre eux a investi de ses propres deniers pour mettre en place ce journal, qui est désormais l'un des rares dans le pays à faire des reportages de société.

Et maintenant ?

La situation des travailleurs grecs devrait continuer à se dégrader si les mesures d'austérité et la course aux armements se poursuivent. Les prochaines échéances électorales pourraient être l'occasion pour les partis politiques de proposer des solutions pour améliorer la situation des travailleurs grecs. Cependant, il est difficile de prédire si ces solutions seront efficaces pour résoudre les problèmes structurels de l'économie grecque.

En conclusion, la situation des travailleurs grecs est alarmante et nécessite une attention particulière de la part des autorités européennes et grecques. Il est essentiel de trouver des solutions pour améliorer le pouvoir d'achat et les conditions de travail des travailleurs grecs, afin de les sortir de la pauvreté et de l'exclusion sociale.