La structure insolite que Chen Tianming avait édifiée au fil des années dans la province chinoise du Yunnan a finalement été démolie mercredi 20 mai par les autorités locales. Cette tour de dix étages, assemblée de manière artisanale et comparée aux univers oniriques du réalisateur japonais Hayao Miyazaki, avait connu une renommée mondiale sur les réseaux sociaux avant de disparaître définitivement sous les pelleteuses.

Ce qu'il faut retenir

  • Une tour de dix étages, construite sans autorisation par Chen Tianming dans le Yunnan (Chine), a été démolie le 20 mai 2026.
  • Son architecture bricolée évoquait les créations du cinéaste Hayao Miyazaki, notamment son film « Le Château ambulant ».
  • Le bâtiment, devenu viral sur internet, avait attiré l’attention pour son apparence fantastique et son absence de conformité aux normes de sécurité.
  • Les autorités locales ont justifié la démolition par l’absence de permis de construire et les risques structurels.

Selon Ouest France, la décision des autorités chinoises de raser cette construction, située dans la préfecture de Lijiang, intervient après des années de tolérance relative. La tour, souvent décrite comme un « château ambulant » en raison de sa silhouette désordonnée et de ses extensions improvisées, avait progressivement gagné en visibilité.

Chen Tianming, un résident local devenu une figure médiatique malgré lui, avait commencé à empiler les matériaux – béton, tôle, bois – au début des années 2010. Son projet, initialement modeste, avait pris de l’ampleur au fil du temps, au point de devenir un phénomène viral sur les plateformes chinoises comme Weibo et TikTok. Des images de la tour, avec ses balcons tordus et ses formes arrondies rappelant les décors de Miyazaki, avaient circulé à l’international, suscitant à la fois fascination et inquiétude.

Les autorités chinoises n’ont pas tardé à réagir. Dès 2023, des rapports locaux mentionnaient des « risques d’effondrement » en raison de la mauvaise qualité des matériaux et de l’absence de fondations solides. Pourtant, la structure avait résisté jusqu’à ce printemps, malgré les mises en demeure répétées. « La sécurité des riverains primait sur toute autre considération », a expliqué un responsable du bureau de l’urbanisme de Lijiang, cité par Ouest France.

« Ce bâtiment ne respectait aucune norme de construction. Son démantèlement était inévitable pour éviter un accident. »

— Un responsable local anonyme, Ouest France

La destruction de la tour intervient dans un contexte où les autorités chinoises renforcent leur contrôle sur les constructions non autorisées, notamment dans les zones touristiques. Le Yunnan, région prisée pour ses paysages montagneux et son patrimoine culturel, compte de nombreux édifices informels, souvent érigés sans permis. Ces dernières années, plusieurs opérations de régularisation ou de démolition ont été menées pour mettre fin à ces « bidonvilles verticaux », comme les surnomment parfois les médias locaux.

Chen Tianming n’a pas commenté publiquement la démolition, bien que des proches aient indiqué à Ouest France qu’il « comprenait la décision ». La tour, qui avait fini par attirer des visiteurs curieux, était devenue un sujet de débat entre défenseurs du patrimoine informel et partisans d’une urbanisation contrôlée. Certains internautes chinois avaient même lancé des pétitions pour sauver le bâtiment, arguant de sa valeur architecturale « unique ».

Et maintenant ?

Les autorités du Yunnan n’ont pas précisé si un nouveau projet, conforme cette fois aux règles d’urbanisme, était prévu à l’emplacement de l’ancienne tour. Les spécialistes s’attendent en revanche à ce que d’autres constructions similaires fassent l’objet d’inspections renforcées dans les mois à venir. Une campagne de régularisation des bâtiments non autorisés pourrait être lancée dans la région d’ici la fin de l’année 2026, selon des sources proches du dossier.

Cette démolition rappelle d’autres cas emblématiques en Chine, où des structures insolites – comme le « village vertical » de Shenzhen ou les gratte-ciel fantômes du Hebei – ont été rasées après des années de controverses. Elle illustre aussi la tension entre la créativité architecturale spontanée et les exigences croissantes en matière de sécurité et de planification urbaine dans le pays.

Son architecture improvisée et ses formes rappelant les univers de Hayao Miyazaki en avaient fait un phénomène viral sur les réseaux sociaux chinois et internationaux. Des millions d’internautes avaient partagé des photos et vidéos de la structure, la surnommant « Château ambulant » en référence au film d’animation japonais.