Selon Le Monde, le canton suisse de Zoug, déjà réputé pour son attractivité fiscale, pourrait accueillir une partie des grandes fortunes fuyant Dubaï en raison des tensions géopolitiques. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance plus large touchant plusieurs régions helvétiques, où les ultrariches cherchent à sécuriser leurs avoirs.
Ce qu'il faut retenir
- Le canton de Zoug, en Suisse, est considéré comme le plus prospère de la Confédération, avec une fiscalité avantageuse qui attire les fortunes internationales.
- Des grandes fortunes résidant à Dubaï envisagent de quitter les Émirats arabes unis en raison des conséquences de la guerre, favorisant ainsi leur migration vers des territoires plus stables.
- Ce mouvement s’étend à d’autres cantons suisses, confirmant la position du pays comme havre pour les capitaux étrangers.
- La Suisse, historiquement perçue comme un refuge pour les capitaux, renforce ainsi son attractivité face à l’instabilité régionale.
Un canton suisse en première ligne pour capter les fortunes en déplacement
Le canton de Zoug, niché au cœur de la Suisse alémanique, se distingue depuis des années par son modèle fiscal compétitif, combinant taux d’imposition modérés et services publics de qualité. Selon Le Monde, cette caractéristique en fait une destination privilégiée pour les investisseurs étrangers en quête de stabilité, notamment dans un contexte où les tensions au Proche-Orient poussent certaines fortunes à quitter Dubaï. « Les Émirats arabes unis, autrefois perçus comme un havre de paix pour les capitaux, voient désormais une partie de leurs résidents fortunés envisager un départ », souligne un expert en fiscalité cité par le quotidien.
Ce phénomène n’est pas isolé. D’autres cantons suisses, tels que Zurich ou Genève, commencent également à bénéficier de cet afflux de capitaux. Les autorités locales, conscientes de cet atout, multiplient les efforts pour faciliter l’installation des nouveaux résidents, notamment en assouplissant les procédures administratives. « La Suisse offre un cadre juridique sécurisé et une neutralité politique qui rassurent les investisseurs », explique un responsable du canton de Zoug sous couvert d’anonymat.
Dubaï perd son attractivité au profit de la Suisse
La décision de quitter Dubaï s’explique principalement par les conséquences indirectes de la guerre en cours dans la région. Bien que les Émirats arabes unis ne soient pas directement impliqués dans le conflit, l’incertitude économique et les risques géopolitiques ont incité certains ultrariches à reconsidérer leur situation. « Les crises prolongées, comme celle que traverse actuellement le Proche-Orient, poussent les investisseurs à diversifier leurs actifs et à privilégier des juridictions stables », précise un analyste financier interrogé par Le Monde.
La Suisse, avec sa réputation de neutralité et son système bancaire discret, représente une alternative idéale. Le canton de Zoug, en particulier, mise sur des arguments forts : un taux d’imposition effectif sur les sociétés pouvant descendre jusqu’à 12 %, contre près de 20 % dans certains pays européens. « Pour les fortunes mobiles, la différence est suffisamment significative pour justifier un déménagement », ajoute l’expert. En 2025, le canton a enregistré une hausse de 8 % du nombre de nouveaux résidents fortunés, selon les dernières estimations des autorités locales.
Un phénomène qui dépasse Zoug et s’étend à toute la Suisse
Si le canton de Zoug concentre l’attention médiatique, il n’est pas le seul à bénéficier de cet exode. D’autres régions suisses, comme le canton de Vaud ou celui du Tessin, enregistrent également une augmentation des demandes d’installation. Ces territoires misent sur des atouts complémentaires : qualité de vie, proximité avec les marchés européens, ou encore des régimes fiscaux spécifiques pour les étrangers fortunés.
Les professionnels du secteur immobilier helvétique confirment cette tendance. « Nous constatons une demande accrue pour les résidences haut de gamme, notamment dans les zones résidentielles de Zurich et Genève », indique un agent immobilier basé dans la capitale économique suisse. Les prix de l’immobilier, déjà élevés, pourraient ainsi subir une pression supplémentaire, bien que les autorités cantonales tentent de réguler ce marché en imposant des quotas pour les résidences secondaires.
Pour l’instant, le canton de Zoug et ses voisins helvétiques semblent déterminés à consolider leur avantage, en adaptant leurs législations pour répondre aux attentes des investisseurs étrangers. Une stratégie qui, si elle se poursuit, pourrait redessiner la carte mondiale des flux de capitaux dans les années à venir.
Pour bénéficier des avantages fiscaux du canton de Zoug, les résidents étrangers doivent généralement justifier d’un investissement significatif dans l’économie locale ou d’une domiciliation fiscale effective dans le canton. Les détails précis sont fixés par les autorités cantonales et peuvent varier selon le statut de l’investisseur. Les nouveaux résidents doivent également respecter les lois suisses en matière de transparence et de lutte contre le blanchiment d’argent.