D'après nos confrères de CoinTelegraph FR, le départ de Christine Lagarde de la présidence de la Banque centrale européenne (BCE) ouvre une nouvelle phase pour la politique monétaire européenne et pour la régulation des cryptomonnaies.

La figure prudente et souvent critique envers les actifs numériques a supervisé l'émergence du cadre réglementaire MiCA et l'avancement du projet d'euro numérique. Son successeur changera-t-il la trajectoire crypto de l'Union européenne ? Rien n'est moins sûr.

Ce qu'il faut retenir

  • Christine Lagarde a quitté la BCE après avoir soutenu MiCA et lancé l'euro numérique.
  • Elle était sceptique envers les cryptos et critique des stablecoins.
  • Le futur de la crypto en Europe semble s'inscrire davantage dans une logique de continuité réglementaire que de révolution idéologique.

Christine Lagarde, une présidence marquée par la méfiance envers les cryptos

Comme beaucoup de banquiers centraux, Christine Lagarde s'est montrée particulièrement sceptique vis-à-vis des cryptomonnaies. En 2022, elle déclarait que sa « très humble évaluation » était que la crypto « ne vaut rien », estimant qu'elle n'était adossée à aucun actif sous-jacent susceptible d'en garantir la sécurité.

Elle insistait également sur les risques encourus par les investisseurs, considérant que nombre d'entre eux ne comprenaient pas pleinement les dangers associés aux marchés crypto et pouvaient « tout perdre ».

Étapes clés du déploiement du cadre réglementaire MiCA

Même après l'adoption de MiCA, Lagarde est restée vigilante, notamment sur les stablecoins. En septembre 2025, elle appelait les législateurs européens à mettre en place des garde-fous solides et des régimes d'équivalence pour les émetteurs étrangers.

Elle alertait sur le risque de « bank run » sur les stablecoins et soulignait que sans coopération internationale, les risques chercheraient toujours « le chemin de moindre résistance ».

L'euro numérique, réponse institutionnelle à la demande digitale

Malgré sa prudence vis-à-vis des cryptos privées, Lagarde reconnaissait dès 2021 la demande croissante pour des monnaies numériques. Au Forum économique mondial, elle affirmait que si les consommateurs préféraient des solutions digitales au cash, il fallait leur proposer une alternative européenne, sécurisée et accessible.

Cette réponse a pris la forme du projet d'euro numérique. L'enquête préparatoire a débuté en octobre 2021. En octobre 2025, la BCE a achevé la phase de préparation et décidé d'entrer dans la phase de préparation à l'émission.

Et maintenant ?

Le futur de la crypto en Europe semble s'inscrire davantage dans une logique de continuité réglementaire que de révolution idéologique. Les candidats pressentis pour succéder à Lagarde partagent une vision axée sur la stabilité financière, la régulation robuste et la souveraineté monétaire.

Le calendrier envisagé prévoit une mise en œuvre progressive de l'euro numérique, avec une entrée dans la phase de préparation à l'émission en octobre 2025.

Conclusion

Le départ de Christine Lagarde de la BCE ouvre une nouvelle phase pour la politique monétaire européenne et pour la régulation des cryptomonnaies. Le futur de la crypto en Europe semble s'inscrire davantage dans une logique de continuité réglementaire que de révolution idéologique.