Selon Euronews FR, le Vietnam et le Japon renforcent leur collaboration depuis plusieurs années pour améliorer la gestion des catastrophes naturelles dans le pays asiatique. Cette coopération s’appuie sur des infrastructures adaptées, des systèmes d’alerte précoce et des programmes éducatifs, avec le soutien de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et de l’UNESCO. Les deux pays misent sur une approche intégrée, combinant protection physique, aménagement territorial et préparation des populations.
Ce qu'il faut retenir
- Le Vietnam a inauguré en 2025 son premier barrage Sabo dans la province de Son La, une technologie japonaise conçue pour retenir rochers et débris tout en laissant s’écouler l’eau.
- Douze barrages Sabo supplémentaires sont prévus pour le bassin de la rivière Nam Pam, renforçant ainsi la protection contre les glissements de terrain.
- Un accord entre le Japon et l’UNESCO a permis de cartographier les zones à risque et d’organiser des exercices d’évacuation dans la province de Nghe An, touchée régulièrement par des inondations.
- À Hanoi, une station d’épuration des eaux usées, financée et construite avec l’aide technique japonaise, dessert désormais un million d’habitants.
- La stratégie japonaise repose sur trois piliers : infrastructures, aménagement du territoire et systèmes d’alerte précoce, adaptés au contexte vietnamien.
Des barrages innovants pour limiter les dégâts des pluies torrentielles
Le Vietnam a franchi une étape majeure en 2025 avec l’inauguration de son premier barrage Sabo dans la province montagneuse de Son La. Ce type d’infrastructure, développé par le Japon, est spécialement conçu pour résister aux catastrophes naturelles liées aux fortes pluies. « Le barrage Sabo permet de retenir les rochers et les débris tout en laissant passer l’eau, réduisant ainsi les risques de coulées de boue dévastatrices », explique un expert cité par Euronews FR. Ce modèle a convaincu les autorités vietnamiennes, qui prévoient désormais la construction de douze barrages Sabo supplémentaires dans le bassin de la rivière Nam Pam, une zone particulièrement exposée aux glissements de terrain.
Ces infrastructures s’inscrivent dans une logique de protection à long terme. Selon des données officielles, les inondations et glissements de terrain causent en moyenne plus de 300 morts par an au Vietnam. L’introduction de cette technologie japonaise pourrait donc avoir un impact significatif sur la réduction des victimes et des dégâts matériels.
Un renforcement des systèmes d’alerte et de la préparation des populations
Au-delà des infrastructures, la coopération entre le Japon et le Vietnam inclut des mesures pour améliorer la résilience des populations. Dans la province de Nghe An, régulièrement frappée par des inondations, un projet conjoint entre la JICA et l’UNESCO a permis de cartographier les zones à haut risque et d’organiser des exercices d’évacuation dans les écoles. « Ces exercices sauvent des vies en familiarisant les enfants et les enseignants avec les procédures d’urgence », souligne un responsable local. Le programme devrait directement bénéficier à 15 000 personnes, principalement des élèves et leurs familles.
Parallèlement, des systèmes d’alerte précoce sont déployés pour permettre aux autorités d’anticiper les catastrophes. Ces dispositifs, combinés à des campagnes de sensibilisation, visent à réduire la vulnérabilité des communautés exposées. « La prévention repose autant sur la technologie que sur l’éducation des populations », rappelle un expert japonais en gestion des risques.
Une station d’épuration à Hanoi pour améliorer la qualité de vie
À Hanoi, capitale du Vietnam, une infrastructure essentielle a été mise en service grâce au soutien technique et financier du Japon. Une nouvelle station d’épuration des eaux usées, construite en collaboration avec les autorités locales, permet désormais de traiter les eaux de un million d’habitants. Cette réalisation s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large visant à moderniser les réseaux d’assainissement de la ville, souvent saturés lors des saisons des pluies.
« L’accès à un traitement des eaux usées efficace est crucial pour éviter la propagation de maladies et améliorer la qualité de vie dans les zones urbaines », précise un représentant de la JICA. Cette station, l’une des plus grandes du pays, marque une avancée majeure pour la gestion de l’eau à Hanoi, où les inondations urbaines aggravent régulièrement les problèmes d’assainissement.
Cette collaboration entre le Japon et le Vietnam illustre une tendance plus large en Asie du Sud-Est, où les pays cherchent à renforcer leur résilience face aux effets du changement climatique. Les inondations, glissements de terrain et tempêtes tropicales devraient en effet s’intensifier dans la région au cours des prochaines décennies, rendant ces initiatives d’autant plus cruciales. « Les solutions techniques doivent s’accompagner d’une gouvernance solide et d’une participation active des communautés », rappelle un rapport de l’UNESCO sur la prévention des catastrophes en Asie.
Pour les autorités vietnamiennes, l’enjeu est double : protéger les populations tout en assurant un développement économique durable. Avec des projets comme les barrages Sabo ou la station d’épuration de Hanoi, le pays fait un pas important vers cet objectif.
Un barrage Sabo est une infrastructure japonaise conçue pour retenir les rochers, débris et sédiments lors de fortes pluies ou de glissements de terrain, tout en permettant à l’eau de s’écouler. Ces barrages sont particulièrement adaptés aux zones montagneuses et volcaniques, où les pluies torrentielles peuvent déclencher des coulées de boue dévastatrices.