Le maire de Levens, dans l’arrière-pays niçois, Antoine Véran, a annoncé son départ de Les Républicains (LR) pour rejoindre l’Union des droites pour la République (UDR), le parti fondé par Éric Ciotti, selon Le Figaro. Une décision prise deux mois seulement après sa réélection dès le premier tour avec 66 % des suffrages, sous l’étiquette divers droite.

Ce qu'il faut retenir

  • Antoine Véran, maire de Levens depuis 1994, quitte Les Républicains après 40 ans d’engagement au sein du parti.
  • Il rejoint l’Union des droites pour la République (UDR), le parti d’Éric Ciotti, alliée au Rassemblement national.
  • Sa décision est motivée par « l’absence de soutien des instances régionales » lors des dernières municipales et « les errements de Retailleau ».
  • Véran se présente comme un « ciottiste » de longue date, ayant même été le suppléant d’Éric Ciotti lors de sa campagne.

Âgé de 5 300 habitants et situé à 25 kilomètres de Nice, Levens a vu son maire reconduit en mars 2026 pour un cinquième mandat consécutif. Pourtant, cette réélection n’a pas suffi à le retenir au sein de LR. Dans un entretien accordé à Nice Matin, Antoine Véran a justifié son choix en déclarant : « J’ai toujours été ciottiste, j’ai participé à sa campagne et je suis même son suppléant. » Une proximité ancienne avec l’ancien président de LR, qu’il accueille chaque année dans sa commune lors du festin des amis du nouveau maire de Nice.

Un engagement de longue date tourné vers Éric Ciotti

L’élu local précise avoir été « encarté depuis 40 ans » chez Les Républicains, une fidélité qu’il assume tout en pointant les raisons de son départ. Parmi elles, il cite « l’absence de soutien des instances régionales » lors du scrutin municipal de 2026, ainsi que « les errements de Retailleau », alors président de LR, qui ont « fini de le convaincre ». Ces critiques s’inscrivent dans un contexte de tensions internes au parti, où Éric Ciotti a rompu avec LR pour fonder l’UDR en 2024, une formation désormais alliée au Rassemblement national.

Pour Véran, ce ralliement à l’UDR n’a rien d’un revirement. Il se décrit jusqu’ici comme « plutôt gnésiste », c’est-à-dire favorable à une position d’équilibre entre LR et Éric Ciotti. Mais aujourd’hui, il estime que « c’est un débat dépassé ». Son choix s’accompagne d’une conviction : Éric Ciotti serait en mesure d’« apporter sur le plan économique à Nice, à la Métropole et à la France ».

L’UDR, un parti en pleine recomposition politique

Fondée par Éric Ciotti après sa rupture avec LR, l’UDR se positionne comme une force politique unissant les droites, y compris une frange proche du RN. Cette alliance, bien que controversée au sein de la droite traditionnelle, ne semble pas rebuter Antoine Véran. Dans ses déclarations, il minimise l’importance de cette ligne en affirmant : « C’est un débat dépassé. » Une prise de position qui illustre la recomposition en cours à droite, où les frontières entre les différents courants s’estompent.

Le départ de Véran intervient dans un contexte où plusieurs figures locales de LR rejoignent progressivement l’UDR. Un mouvement qui pourrait s’accélérer à l’approche des prochaines échéances électorales, notamment les législatives de 2027. Pour l’instant, l’UDR reste un parti en construction, mais son influence grandissante inquiète certains observateurs de la vie politique niçoise.

Et maintenant ?

Le ralliement d’Antoine Véran à l’UDR pourrait inciter d’autres élus de l’arrière-pays niçois à suivre son exemple, surtout si Éric Ciotti confirme sa stratégie d’alliance avec le RN. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’ampleur de ce mouvement, notamment lors des assemblées départementales et régionales prévues en 2026. Une chose est sûre : la droite niçoise, traditionnellement ancrée à LR, entre dans une phase de turbulence politique sans précédent.

Reste à voir si cette recomposition se traduira par une dynamique électorale ou si elle restera limitée à quelques figures locales. Une chose est certaine : la stratégie d’Éric Ciotti de fédérer les droites sous une même bannière commence à porter ses premiers fruits.

L’UDR est un parti politique fondé en 2024 par Éric Ciotti après sa rupture avec Les Républicains. Il se positionne comme une alliance des droites, incluant une frange proche du Rassemblement national, et vise à fédérer les différents courants de la droite française.