Le Sénat a adopté ce vendredi 10 avril 2026 une proposition de loi visant à supprimer le « devoir conjugal » de la liste des obligations légales liées au mariage. Ce texte, porté par une majorité de gauche et du centre, a été voté malgré une abstention massive des sénateurs de droite, selon BFM - Politique.

Ce qu'il faut retenir

  • La proposition de loi supprimant le « devoir conjugal » a été adoptée par le Sénat ce 10 avril 2026.
  • Le texte a été porté par une alliance de gauche et du centre, mais la droite s'est majoritairement abstenue lors du vote.
  • Parmi les figures de la droite, Éric Ciotti, maire UDR de Nice, a multiplié les prises de position sur d'autres sujets politiques en marge du scrutin.

Un texte porté par une majorité progressiste au Sénat

La suppression du « devoir conjugal » figurait depuis plusieurs années parmi les revendications portées par une partie de la gauche et des associations féministes. Ce devoir, inscrit dans le Code civil, impose traditionnellement aux époux une obligation de communauté de vie, incluant une dimension sexuelle. Le texte adopté ce vendredi marque une évolution symbolique et juridique majeure, même si son application pratique reste à préciser. La proposition a été défendue par des sénateurs du groupe Socialiste et apparentés, ainsi que par certains élus écologistes et communistes, qui y voient une avancée vers une meilleure égalité dans le mariage.

Selon BFM - Politique, le scrutin a donné lieu à une division claire entre les bancs. Si le texte a finalement été adopté, il l’a été sans le soutien actif de la droite, qui a choisi de s’abstenir à une large majorité. Seuls quelques sénateurs de droite ou du centre ont voté pour ou contre, sans qu’un consensus ne se dégage au sein du groupe Les Républicains.

La droite divisée et absente lors du vote

Côté opposition, le groupe Les Républicains a adopté une position prudente, préférant l’abstention à une opposition frontale. Plusieurs figures du parti, dont Éric Ciotti, maire de Nice et président de l’UDR, ont multiplié les déclarations sur d’autres sujets en marge du vote. Interrogé sur la stratégie de son parti, Ciotti a appelé à l’union de la droite dans une interview diffusée le même jour, évoquant même un rapprochement avec Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat. « Je lance un appel à Bruno Retailleau pour qu’il me rejoigne », a-t-il déclaré, sans pour autant préciser comment cette alliance pourrait se traduire concrètement sur le plan législatif.

D’autres responsables LR, comme Jean-François Copé ou Laurent Wauquiez, ont également pris position sur l’actualité politique du moment, notamment après les élections municipales de 2026. Copé a critiqué la stratégie de Retailleau, qualifiant sa position de « faute politique », tandis que Wauquiez a appelé dès le soir du second tour des municipales à un « rassemblement de la droite », y compris dans la perspective de la présidentielle.

Un contexte politique marqué par les municipales et la présidentielle

Le vote sur le « devoir conjugal » intervient dans un calendrier politique déjà chargé. Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 ont confirmé, pour certains observateurs, un recentrage des forces politiques, avec des scores contrastés selon les territoires. À Lille, par exemple, la participation s’est établie à 19,4 % pour le second tour, un chiffre en baisse par rapport aux précédents scrutins. Ces résultats ont relancé les débats au sein de la droite sur la nécessité de se rassembler, alors que des figures comme David Lisnard ont annoncé ne « plus rien avoir à faire » au sein du parti Les Républicains.

Parallèlement, des figures comme Philippe Juvin, député LR, ou Michel Barnier ont également pris position sur les finances publiques et les orientations du parti. Barnier, qui s’est exprimé sur l’avenir de la droite, a rappelé l’importance de « préparer l’après-présidentielle » dans un entretien diffusé le 30 mars 2026. Ces déclarations illustrent les tensions internes au parti, alors que l’échéance de 2027 se profile.

« Aujourd’hui à LR, personne n’est en position de gagner », a souligné Éric Ciotti, rappelant les divisions persistantes au sein de la droite. « Dès ce soir, il faut un appel au rassemblement de la droite, y compris dans la perspective de la présidentielle », a de son côté affirmé Laurent Wauquiez.

Et maintenant ?

La proposition de loi doit désormais être examinée par l’Assemblée nationale, où son parcours législatif reste incertain. Si le texte est adopté dans les mêmes termes, il pourrait entrer en vigueur d’ici la fin de l’année 2026. Pour autant, son application concrète – notamment en matière de divorce ou de recours juridiques – devra être précisée par des décrets. Côté politique, la droite devra trancher entre une opposition frontale ou une stratégie plus nuancée, alors que les échéances électorales approchent.

Dans les prochaines semaines, les débats sur l’égalité dans le mariage et les droits des couples devraient s’intensifier, portés par les associations et les parlementaires progressistes. La suppression du « devoir conjugal » pourrait ainsi s’inscrire dans une série de réformes sociétales, au même titre que la PMA ou les droits des familles recomposées.

Le « devoir conjugal » est une notion juridique issue du Code civil, qui impose aux époux une communauté de vie, incluant une dimension sexuelle. Ses détracteurs y voient une survivance d’une époque où le mariage était davantage un contrat qu’une union librement consentie. Ses partisans, en revanche, estiment qu’il protège l’institution du mariage. Sa suppression, si elle est confirmée, marquerait une évolution majeure vers une définition plus moderne et égalitaire du mariage.