Près de trois décennies après sa dernière venue en France, le sumo fait son retour à Paris ce week-end. Quarante des meilleurs lutteurs de la division reine des makuuchi, dont les deux champions incontestés Hoshoryu et Onosato, fouleront le dohyō de l’Accor Arena les 14 et 15 juin 2026. Selon RMC Sport, l’événement, organisé sous l’impulsion du co-organisateur David Rothschild, promet d’offrir une immersion totale dans la culture japonaise de ce sport millénaire.
Ce qu'il faut retenir
- Quarante des meilleurs rikishis mondiaux, dont les deux yokozunas Hoshoryu et Onosato, participeront au tournoi parisien.
- L’événement se déroulera sur deux jours, les 14 et 15 juin 2026, à l’Accor Arena (ex-Bercy), avec des places allant de 81 à 2 071 euros pour les plus proches du dohyō.
- Cette édition marque le premier retour du sumo en France depuis 1995, lorsque Jacques Chirac avait assisté à une démonstration à Paris.
- Le public français découvrira non seulement des combats, mais aussi une partie culturelle avec des éléments authentiques importés du Japon.
- Les lutteurs ont souligné l’importance de leur mission : faire découvrir leur discipline et inspirer une future génération de fans.
Un projet mûri pendant plus de dix ans
Pour David Rothschild, co-organisateur de l’événement, la concrétisation de ce tournoi parisien relève presque d’une épopée personnelle. Selon ses propres mots, il a fallu près d’une décennie de démarches pour obtenir l’aval de la Fédération japonaise de sumo, une institution qui garde jalousement ses champions. « Un mail exprimant mon désir de faire venir le sumo à Paris a mis dix ans avant d’obtenir une réponse », a-t-il confié. Après cette première étape, il a dû prouver sa crédibilité pendant un an et demi, puis consacrer encore 18 mois à l’organisation pour aboutir à ce week-end historique.
Ce projet s’inscrit dans la continuité de son engagement personnel pour les arts martiaux, qu’il pratique depuis la ceinture blanche jusqu’à la noire. « Tous les trois ou quatre mois, je retournais au Japon pour faire avancer le dossier. En novembre 2024, ils m’ont finalement donné leur feu vert », explique-t-il. Rothschild, qui avait assisté au tournoi parisien de 1995, garde un souvenir marquant de l’enthousiasme suscité par cette discipline alliant force et souplesse.
Un plateau d’exception pour découvrir le sumo à l’Accor Arena
Pour cette édition, l’Accor Arena s’apprête à devenir, le temps d’un week-end, une réplique du mythique Ryogoku Kokugikan de Tokyo. Avec 25 000 spectateurs attendus, l’événement affiche complet, un succès qui reflète l’engouement croissant pour cette pratique en dehors du Japon. Les billets, vendus entre 81 et 2 071 euros, permettent de réserver des places au plus près du dohyō, un tatami importé du Japon où se déroulent les combats.
Parmi les têtes d’affiche figurent les deux yokozunas actuels : Hoshoryu, le Mongol au charisme martial et à l’aisance linguistique surprenante, et Onosato, le Japonais au sourire enfantin. À leurs côtés, le prodige ukrainien Aonishiki, âgé de seulement 22 ans, apportera sa fougue, tandis que vingt autres jeunes lutteurs compléteront le plateau. Tous partageront la même mission : faire découvrir un sport encore méconnu du grand public français.
Une immersion culturelle et sportive sans compromis
Pour restituer l’authenticité d’un tournoi japonais, l’organisation a tout prévu : le dohyō, l’arène de combat, a été transporté depuis Tokyo. Aucun détail n’a été laissé au hasard. « L’idée, c’est de se retrouver immergé dans ce que pourrait être un tournoi au Japon », précise Rothschild. Avant les combats, une partie culturelle sera proposée au public pour expliquer les traditions liées au sumo : défilé des lutteurs en tabliers colorés, chants des gyoji (arbitres), interventions des yobidashi, et même l’utilisation exclusive de la langue japonaise pour les annonces.
Contrairement à un tournoi traditionnel au Japon, qui s’étale sur deux semaines avec un combat par jour et par lutteur, le format parisien sera adapté : éliminatoires, demi-finales et finale sur deux jours, suivies d’une grande finale réunissant les vainqueurs des deux journées. « On n’est pas venu pour s’amuser. La pression va monter. On veut montrer le meilleur sumo possible à tous les spectateurs », a rappelé Hoshoryu lors d’une conférence de presse.
« Il y aura beaucoup de spectateurs qui n’ont jamais vu de sumo de leur vie. Ce sera une occasion unique de leur faire découvrir notre culture et que ça leur donne envie un jour de venir nous voir au Japon. Si nous sommes à l’étranger, c’est pour répandre la parole et la popularité du sumo. »
— Onosato, yokozuna japonais
Des champions accessibles et des fans français conquis
Si le sumo est un sport exigeant au Japon, où les lutteurs subissent une pression constante avec seulement six tournois annuels et des enjeux de promotion ou de relégation, les participants ont su séduire leur public parisien. Plusieurs Japonais ont fait le déplacement pour assister à l’événement, tandis que des fans français ont pu échanger avec les athlètes lors de leur passage à Paris. Certains lutteurs ont même profité de leur séjour pour découvrir les trésors culturels de la capitale, comme une escapade au Mont Saint-Michel.
Le yokozuna Hoshoryu a d’ailleurs insisté sur le caractère sérieux de leur venue : « C’est un honneur d’être à Paris. On n’est pas ici pour s’amuser, mais pour représenter notre discipline au mieux. » Son homologue Onosato, plus réservé, a évoqué la curiosité des Français envers leur sport et leur volonté de transmettre cette passion.
Reste que pour les quelque 25 000 spectateurs attendus, cette immersion dans le sumo devrait laisser des traces. Entre tradition, force et respect, le public français découvrira peut-être, à l’issue de ces deux jours, un sport bien plus qu’un simple spectacle de lutte.
Les combats se dérouleront sur deux jours, les 14 et 15 juin 2026, avec des sessions réparties tout au long de la journée. Les horaires exacts seront précisés sur le site officiel de l’événement quelques jours avant le début du tournoi.
Non. Selon RMC Sport, les 25 000 places ont été vendues en ligne. Il est donc impossible d’acheter des billets aux guichets le jour de l’événement.