L’Automobile Club de l’Ouest (ACO) a officiellement acté l’arrivée des voitures à hydrogène dans le giron des 24 Heures du Mans. Selon Franceinfo - Sport, les véhicules fonctionnant à l’hydrogène liquide seront autorisés à concourir à partir de 2030 dans la catégorie reine des Hypercars, aux côtés des modèles hybrides déjà en lice.

Ce qu'il faut retenir

  • Les voitures à hydrogène intégreront la catégorie Hypercar des 24 Heures du Mans dès 2030.
  • Le projet, lancé en 2017, devait initialement aboutir en 2028, mais sera finalement déployé deux ans plus tard.
  • Les prototypes utiliseront des moteurs à combustion alimentés par de l’hydrogène liquide, une solution retenue par la FIA pour optimiser l’espace à bord.
  • Un système d’équivalence technologique sera mis en place pour garantir une compétition équilibrée entre hybrides et hydrogène.
  • Cette initiative s’inscrit dans une démarche de réduction des émissions de CO₂ de 30 % d’ici 2030, bien que le carburant ne représente que 2 % de l’empreinte carbone de l’événement.

Une décision mûrie depuis près d’une décennie

L’annonce, faite vendredi 12 juin 2026 lors d’une conférence de presse au musée de l’automobile du Mans, marque l’aboutissement d’un processus entamé en 2017. À l’origine, l’ACO et la Fédération internationale de l’automobile (FIA) avaient tablé sur une introduction dès 2028. Cependant, les travaux préparatoires ont conduit à un report de deux ans, le temps d’affiner la réglementation commune au championnat du monde d’endurance (WEC) et à son homologue américain (IMSA).

Cette nouvelle catégorie s’ajoutera à l’existant, où les Hypercars actuelles, majoritairement hybrides, dominent la compétition. L’objectif affiché est double : accélérer la transition énergétique dans le sport automobile et répondre aux exigences croissantes en matière de décarbonation.

L’hydrogène liquide, une solution technique validée par la FIA

Le choix de l’hydrogène liquide plutôt que gazeux a été dicté par des contraintes d’espace et d’efficacité. « Cela permet de gagner du volume, de ne pas faire des voitures de taille trop importante », a expliqué Pierre Fillon, président de l’ACO, lors de l’annonce. La FIA a en effet imposé cette solution pour les prototypes de la catégorie Hypercar, afin de limiter l’encombrement des réservoirs et de préserver l’aérodynamisme des véhicules.

Le même jour, un prototype emblématique a franchi une étape symbolique : la Toyota TR LH2, première voiture à hydrogène liquide à rouler sur le circuit de la Sarthe, a été pilotée par Kazuki Nakajima, triple vainqueur des 24 Heures du Mans. Cette démonstration technique illustre la faisabilité du projet, même si son intégration en compétition reste encore à finaliser.

Un cadre réglementaire en cours de finalisation

Bien que le texte complet du règlement doive être publié avant la fin de l’année 2026, plusieurs éléments clés ont déjà été dévoilés. La FIA a notamment annoncé la mise en place d’un système d’équivalence de technologie pour éviter les écarts de performance entre les voitures hybrides et celles à hydrogène. Ce mécanisme vise à garantir une compétition loyale, en ajustant les caractéristiques techniques des différents modèles.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large des efforts de l’ACO pour réduire l’empreinte carbone des 24 Heures du Mans. Malgré le faible impact du carburant sur l’empreinte globale de l’événement (seulement 2 % des émissions totales), l’organisateur ambitionne une baisse de 30 % de ses émissions de CO₂ d’ici 2030. Une ambition qui dépasse donc le simple cadre de la compétition pour embrasser une vision plus large de durabilité.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera à finaliser le règlement technique, dont la publication est prévue avant la fin de l’année 2026. Les équipes engagées dans la catégorie Hypercar devront ensuite adapter leurs prototypes aux nouvelles contraintes, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois. La FIA et l’ACO devraient également organiser des essais collectifs pour valider la sécurité et la performance des véhicules à hydrogène avant leur première apparition en course.

Reste à savoir comment les constructeurs historiques, comme Toyota ou Peugeot, réagiront à cette innovation. Si certains ont déjà franchi le pas, d’autres pourraient privilégier une approche plus progressive. Une chose est sûre : 2030 s’annonce comme une date charnière pour l’avenir des 24 Heures du Mans.

En attendant, l’édition 2026 des 24 Heures du Mans, qui se déroule du 14 au 15 juin, servira de vitrine pour les innovations technologiques du moment. Mais c’est bien vers 2030 que le regard se tournera, lorsque l’hydrogène, longtemps cantonné aux discours, fera son entrée en piste.

L’hydrogène liquide offre une densité énergétique supérieure, permettant de réduire l’encombrement des réservoirs à bord des voitures. Selon Pierre Fillon, président de l’ACO, cette solution évite de « faire des voitures de taille trop importante », un critère crucial pour préserver l’aérodynamisme et les performances en compétition. La FIA a validé ce choix pour les prototypes de la catégorie Hypercar.