Les écrans de téléphone affichant des numéros commençant par 09-48 ou 01-62 sont devenus une source récurrente d’agacement pour des millions d’utilisateurs en France. Selon Journal du Geek, ces numéros, souvent associés à des campagnes de démarchage agressif ou à des arnaques, alimentent un phénomène qui dépasse largement le simple désagrément ponctuel.

Ce qu'il faut retenir

  • Les numéros en 09-48 et 01-62 sont majoritairement liés à des appels commerciaux ou frauduleux, selon les signalements des utilisateurs.
  • Ces préfixes correspondent à des plages numériques attribuées à des opérateurs privés, exploitées pour des campagnes de télémarketing ou des tentatives d’escroquerie.
  • Les autorités françaises, notamment l’ARCEP, encadrent l’utilisation de ces numéros, mais leur traçabilité reste complexe en raison de la multiplication des sociétés écrans.

Des préfixes aux origines troubles

Les numéros commençant par 09-48 et 01-62 ne sont pas attribués au hasard. Comme le rapporte Journal du Geek, ces plages numériques sont gérées par des opérateurs privés, souvent sous contrat avec des entreprises spécialisées dans le démarchage téléphonique. 09-48, par exemple, est une plage attribuée à des services premium ou à des centres d’appels internationaux, tandis que 01-62 est majoritairement utilisé pour des numéros géographiques situés en région parisienne, mais exploités à distance.

Cette diversité de sources complique grandement le travail des régulateurs. « Ces numéros peuvent être réaffectés en quelques jours à des sociétés différentes, ce qui rend leur traçage particulièrement ardu », explique un expert en cybersécurité cité par Journal du Geek.

Des appels qui cachent bien des intentions

Si certains appels en 09-48 ou 01-62 relèvent d’opérations commerciales légitimes, une majorité des signalements concernent des pratiques abusives. Selon les données de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), ces numéros sont régulièrement associés à des tentatives d’escroquerie, des arnaques aux faux supports techniques, ou des campagnes de phishing téléphonique.

Un utilisateur parisien, ayant requis l’anonymat, témoigne :

« J’ai reçu trois appels en une semaine, tous avec le même numéro en 01-62. Le premier prétendait être un faux conseiller bancaire, le second une prétendue assurance pour mon véhicule, et le troisième… un faux technicien Microsoft m’annonçant que mon ordinateur était infecté. Autant dire que j’ai raccroché avant même qu’ils ne commencent leurs boniments. »

Un cadre légal encore insuffisant

Face à l’ampleur du phénomène, les autorités tentent de renforcer le cadre juridique. Depuis 2023, la loi encadre plus strictement l’utilisation des numéros masqués ou surtaxés, imposant aux opérateurs de bloquer les appels frauduleux dès leur identification. Pourtant, selon Journal du Geek, ces mesures peinent à suivre l’évolution des techniques utilisées par les fraudeurs. L’ARCEP, autorité de régulation des télécommunications, a rappelé en 2025 que « la lutte contre ces pratiques nécessite une coopération internationale, les numéros incriminés étant souvent hébergés à l’étranger ».

Pour les utilisateurs, la seule parade reste le signalement systématique via la plateforme Signal Spam ou en contactant leur opérateur. Cependant, la réactivité des plateformes de signalement reste inégale, certains cas mettant plusieurs semaines à être traités.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes sont envisagées pour limiter l’impact de ces appels indésirables. Un projet de loi, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, propose d’étendre le blocage automatique des numéros suspects dès leur premier appel, sans nécessiter un signalement préalable. Par ailleurs, l’UE travaille sur un règlement européen visant à harmoniser les règles contre les communications électroniques non sollicitées d’ici fin 2026. Reste à voir si ces mesures suffiront à endiguer un phénomène qui, selon les estimations, coûte plusieurs centaines de millions d’euros par an aux Français.

En attendant, les utilisateurs sont invités à rester vigilants et à signaler systématiquement ces numéros pour permettre aux autorités de mieux cibler les fraudeurs. Une lutte qui s’annonce longue, tant les techniques des escrocs évoluent rapidement, souvent en marge des législations en vigueur.

La plupart des smartphones modernes permettent de bloquer manuellement un numéro via les paramètres d’appel. Certains opérateurs, comme Orange ou SFR, proposent également des services d’abonnement incluant un filtrage automatique des appels suspects. Pour une protection optimale, il est conseillé de combiner blocage manuel et signalement via la plateforme Signal Spam (signal-spam.fr).