À 84 ans, Martha Stewart, femme d'affaires et icône lifestyle américaine, continue d'inspirer des millions de personnes à travers le monde. Non seulement elle maintient une activité professionnelle intense, mais elle partage également ses astuces quotidiennes pour préserver sa santé. Selon nos confreres de Top Santé, elle a récemment révélé dans une interview accordée au média américain Today son secret en cuisine : une huile d'olive extra vierge, qu'elle utilise comme unique matière grasse dans son alimentation. Une déclaration qui a suscité l'intérêt des amateurs de gastronomie et des spécialistes de la nutrition.

Ce qu'il faut retenir

  • Martha Stewart, 84 ans, attribue une partie de sa forme physique à son usage exclusif d'une huile d'olive extra vierge en cuisine.
  • Cette huile est riche en acides gras mono-insaturés, reconnus pour leurs bienfaits cardiovasculaires.
  • L'huile d'olive extra vierge est l'une des composantes clés du régime méditerranéen, classé patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2013.
  • Des études récentes confirment ses vertus anti-inflammatoires et antioxydantes, notamment grâce à sa teneur en polyphénols.

Une icône américaine au parcours hors norme

Née le 3 août 1941 à Jersey City, dans le New Jersey, Martha Stewart s'est imposée comme une figure majeure du lifestyle aux États-Unis. Après des études en histoire et en architecture d'intérieur, elle se lance dans la décoration avant de diversifier ses activités dans les médias, l'édition et l'entrepreneuriat. En 1997, elle fonde sa propre entreprise, Martha Stewart Living Omnimedia, qui devient un empire médiatique avec des émissions télévisées, des magazines et une ligne de produits alimentaires et ménagers. Son empire, coté en Bourse jusqu'en 2004, lui a valu une fortune estimée à plus de 400 millions de dollars avant son rachat partiel par Sequential Brands Group. Aujourd'hui, elle reste une influenceuse majeure, avec plus de 10 millions d'abonnés sur Instagram, où elle partage ses recettes et conseils de vie.

Son engagement pour une alimentation saine n'est pas nouveau. Dès les années 1990, elle a popularisé des recettes simples et équilibrées dans ses livres et émissions. Son choix de promouvoir l'huile d'olive s'inscrit dans cette continuité, alors que les États-Unis connaissent une véritable révolution alimentaire depuis deux décennies. Le marché de l'huile d'olive y a triplé depuis 1990, passant de 120 000 tonnes à plus de 350 000 tonnes en 2025, selon l'International Olive Council. Une croissance portée par la prise de conscience des bienfaits de cette huile, longtemps méconnue dans le pays où les graisses animales dominaient.

L'huile d'olive extra vierge : un concentré de bienfaits scientifiques

L'huile d'olive extra vierge, que Martha Stewart utilise sans modération, n'est pas choisie au hasard. Riches en acides gras mono-insaturés (environ 73 % de sa composition), elle est reconnue pour réduire le mauvais cholestérol (LDL) tout en augmentant le bon (HDL). Une méta-analyse publiée en 2024 dans le Journal of the American College of Cardiology a confirmé que sa consommation régulière diminue de 15 à 20 % les risques de maladies cardiovasculaires. Mais ses vertus ne s'arrêtent pas là : les polyphénols, des antioxydants puissants présents en abondance dans l'huile d'olive extra vierge, luttent contre l'inflammation chronique, un facteur clé dans le vieillissement cellulaire et les maladies neurodégénératives comme Alzheimer.

« Cette huile est bien plus qu'un simple ingrédient : c'est un élixir de longévité », a déclaré Martha Stewart lors de son intervention. Elle s'appuie sur des travaux de recherche menés en Europe, où le régime méditerranéen est étudié depuis les années 1960. Une étude espagnole, l'essai PREDIMED publié en 2018, a montré que les participants suivant ce régime, riche en huile d'olive extra vierge, réduisaient de 30 % leur risque de diabète de type 2. Ces résultats ont contribué à faire de l'huile d'olive un symbole de la nutrition saine, au point que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) la recommande comme alternative aux graisses saturées.

Un choix alimentaire qui reflète une tendance mondiale

Le choix de Martha Stewart s'inscrit dans un mouvement plus large de retour à une alimentation traditionnelle, mais aussi dans une logique économique et géopolitique. L'Espagne, l'Italie et la Grèce, principaux producteurs mondiaux, ont vu leurs exportations vers les États-Unis exploser : elles représentaient 45 % des importations américaines d'huile d'olive en 2025, contre 20 % en 1990. Cette dépendance croissante interroge les États-Unis sur leur souveraineté alimentaire, alors que les tensions commerciales avec l'Europe persistent. En 2023, l'administration américaine a même envisagé des subventions pour relancer la production locale, notamment en Californie, où les vergers d'oliviers se multiplient depuis 2010.

Côté consommateurs, la demande pour des huiles d'olive de qualité s'est accélérée avec l'essor des réseaux sociaux. Les hashtags comme #OliveOilLover ou #MediterraneanDiet comptabilisent plus de 2 milliards de vues sur TikTok et Instagram. Martha Stewart, avec ses 10 millions d'abonnés, joue un rôle clé dans cette tendance, en normalisant l'usage quotidien de l'huile d'olive, même pour les cuissons à haute température – un usage encore controversé parmi les puristes, qui recommandent de l'utiliser à froid pour préserver ses nutriments.

Les critiques et limites d'une telle recommandation

Malgré ses avantages avérés, l'huile d'olive extra vierge n'est pas une solution miracle. Son prix, bien supérieur à celui des huiles raffinées (entre 8 et 15 euros le litre pour une qualité premium, contre 2 à 4 euros pour une huile standard), la rend inaccessible à une partie de la population. Aux États-Unis, où le budget alimentaire moyen d'un foyer est de 7 000 dollars par an, ce coût peut représenter un frein. De plus, des études récentes, comme celle publiée dans JAMA Internal Medicine en 2025, soulignent que les bénéfices de l'huile d'olive sont optimaux lorsqu'elle est intégrée à un régime global équilibré – et non consommée isolément.

Certains nutritionnistes, comme le Dr David Katz de l'Université de Yale, tempèrent aussi l'enthousiasme : « L'huile d'olive est excellente, mais elle ne compense pas une alimentation déséquilibrée ou un manque d'activité physique », a-t-il précisé dans une interview accordée à CNN Health. D'autres pointent du doigt la confusion entre huile d'olive extra vierge et huiles moins raffinées, souvent vendues à prix réduit mais dépourvues des bienfaits nutritionnels. En Europe, où la réglementation est plus stricte, les labels « vierge » ou « extra vierge » garantissent une teneur minimale en acides gras libres, un critère absent dans certains pays.

Le régime méditerranéen, un modèle à l'épreuve du temps

Le choix de Martha Stewart s'inscrit dans une philosophie alimentaire bien plus large : le régime méditerranéen, classé patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2013. Ce modèle, originaire des régions côtières de la Méditerranée, repose sur une consommation élevée de fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses, poissons et... huile d'olive. Une étude publiée en 2022 dans la revue BMJ a révélé que les personnes suivant ce régime avaient une espérance de vie supérieure de 2 à 3 ans par rapport à celles suivant un régime occidental standard. En Grèce, où la consommation moyenne d'huile d'olive atteint 20 litres par personne et par an, l'espérance de vie est de 81,1 ans, contre 76,1 ans aux États-Unis.

Pourtant, l'adoption de ce régime en dehors de la Méditerranée reste inégale. En France, malgré une tradition culinaire proche, la consommation d'huile d'olive ne représente que 1,5 litre par personne et par an, contre 12 litres en Espagne. Aux États-Unis, où la cuisine est historiquement marquée par les graisses animales et les huiles hydrogénées, la transition prend du temps. Martha Stewart, en promouvant ce régime via ses livres et ses réseaux sociaux, contribue à cette évolution. Son livre « Martha Stewart's Cooking School », publié en 2012 et toujours réédité, s'est vendu à plus de 2 millions d'exemplaires dans le monde.

Et maintenant ?

Si l'influence de Martha Stewart sur les habitudes alimentaires américaines est indéniable, son message pourrait s'étendre bien au-delà. Avec l'essor des régimes à base de plantes et la recherche de produits « clean label », l'huile d'olive a encore de beaux jours devant elle. Les prévisions du marché indiquent une croissance annuelle de 5 % d'ici 2030, portée notamment par les jeunes générations. Aux États-Unis, des start-up comme Brightland ou Filippo Berio misent déjà sur des huiles d'olive premium, bio et traçables, pour capter cette demande. Reste à voir si cette tendance se généralisera, ou si elle restera un phénomène élitiste, réservé à une partie aisée de la population.

Une chose est sûre : à 84 ans, Martha Stewart n'a pas fini de surprendre. Qu'elle choisisse de promouvoir une huile d'olive ou un autre ingrédient, son statut d'icône lifestyle lui permet d'influencer les modes de consommation à l'échelle mondiale. Son prochain livre, annoncé pour 2026 et consacré aux super-aliments, pourrait bien relancer le débat sur la nutrition anti-âge. En attendant, une question subsiste : l'huile d'olive extra vierge est-elle vraiment la clé d'une longévité exceptionnelle, ou simplement l'un des nombreux piliers d'un mode de vie équilibré ?

L'huile d'olive extra vierge est obtenue par pression à froid des olives, sans traitement chimique ni raffinage. Elle doit contenir moins de 0,8 % d'acidité libre (exprimée en acide oléique) et présenter des qualités organoleptiques irréprochables (goût, odeur, couleur). L'huile d'olive vierge, elle, peut avoir un défaut mineur et une acidité légèrement supérieure (jusqu'à 2 %). Enfin, l'huile d'olive « courante » est souvent un mélange d'huiles raffinées et de vierges, avec une acidité pouvant atteindre 3,3 %.