Avec **160 morts** recensés en République démocratique du Congo depuis le début de la 17e flambée épidémique d’Ebola en Afrique centrale, l’inquiétude grandit à Mayotte. Selon Le Figaro, l’élue locale Estelle Youssouffa, députée (Liot) de la 1ère circonscription de l’archipel, a vivement critiqué mardi 20 mai l’action de l’État, estimant que son « impuissance » et sa « passivité » exposent la collectivité à un risque sanitaire majeur. L’élue, dont les propos ont provoqué des réactions au sein de l’Assemblée nationale, exige désormais une fermeture immédiate des frontières maritimes et aériennes de Mayotte.

Ce qu'il faut retenir

  • Depuis le début de l’épidémie en RDC, **160 décès** sont attribués au virus Ebola, selon les dernières données disponibles.
  • Un cas mortel a été signalé en Ouganda, pays voisin, confirmant une propagation transfrontalière du virus.
  • Estelle Youssouffa a qualifié Laurent Nuñez, secrétaire d’État à l’Intérieur, de « planqué du ministère » lors des questions au gouvernement.
  • L’élue dénonce l’absence de mesures strictes pour endiguer l’immigration clandestine, qu’elle juge responsable d’un risque sanitaire accru.
  • La France a enregistré **15 000 morts** liés à Ebola sur les **50 dernières années** en Afrique.

Une épidémie aux portes de Mayotte

L’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en Afrique centrale, et plus précisément en République démocratique du Congo, s’étend désormais à un rythme préoccupant. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette 17e flambée, déclarée en avril 2024, a déjà causé la mort de **160 personnes** sur plus de 300 cas confirmés. Si le virus reste circonscrit pour l’instant à la région, son extension vers d’autres pays voisins, comme l’Ouganda où un décès a été recensé, alerte les autorités sanitaires.

Mayotte, département français situé dans l’océan Indien, se trouve en première ligne face à ce risque. En raison de sa proximité géographique avec le continent africain et de ses flux migratoires importants, l’archipel est régulièrement exposé aux maladies infectieuses en provenance du continent. La députée Estelle Youssouffa, élue locale, a d’ailleurs rappelé que Mayotte avait déjà été touchée par des épidémies comme le choléra ou la dengue ces dernières années.

Une critique acerbe de la gestion étatique

Lors de la séance des questions au gouvernement du 20 mai, Estelle Youssouffa n’a pas mâché ses mots. S’adressant directement à Laurent Nuñez, secrétaire d’État à l’Intérieur, elle l’a qualifié de « planqué du ministère de l’Intérieur », une formule qui a suscité des réactions au sein de l’hémicycle. Selon elle, l’État fait preuve de « lâcheté », d’« impuissance » et de « passivité » dans sa gestion de l’immigration clandestine, qu’elle considère comme un vecteur de propagation des maladies.

« Vous nous mettez tous en danger ! », a-t-elle lancé, mettant en garde contre l’absence de mesures fortes pour contrôler les entrées sur le territoire mahorais. Son intervention s’inscrit dans un contexte où les tensions autour de la gestion migratoire à Mayotte sont vives, l’archipel étant une porte d’entrée vers l’Europe pour de nombreux candidats à l’asile ou migrants économiques.

« Vous nous mettez tous en danger ! »
— Estelle Youssouffa, députée de Mayotte (Liot), lors des questions au gouvernement le 20 mai 2026.

Ebola, un virus aux conséquences dévastatrices

Identifié pour la première fois en 1976 au Zaïre (actuelle RDC), le virus Ebola est responsable de **15 000 morts** en Afrique sur les **50 dernières années**, selon les données historiques compilées par l’OMS. Transmis par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée ou d’un animal malade, cette fièvre hémorragique présente un taux de létalité pouvant atteindre **90 %** dans certaines épidémies.

Les symptômes, qui apparaissent entre **2 et 21 jours** après la contamination, incluent fièvre, douleurs musculaires, diarrhée et vomissements. En l’absence de traitement spécifique, la prise en charge repose sur une isolation stricte des patients et une surveillance étroite des personnes ayant été en contact avec eux. Mayotte, dotée d’un système hospitalier limité, craint de ne pas pouvoir faire face à une éventuelle épidémie sur son sol.

Des mesures sanitaires et migratoires en débat

Face à l’urgence, plusieurs voix s’élèvent pour demander un renforcement des contrôles aux frontières de Mayotte. Estelle Youssouffa propose notamment la fermeture immédiate des accès maritimes et aériens, une mesure radicale que certains experts jugent difficile à mettre en œuvre. Selon eux, une telle décision pourrait aggraver les tensions sociales dans un territoire déjà marqué par des conflits liés à la pénurie de logements et aux tensions intercommunautaires.

D’autres pistes, comme l’intensification des contrôles sanitaires dans les ports et aéroports, ou la mise en place de campagnes de sensibilisation des populations, sont évoquées. Cependant, aucune annonce officielle n’a été faite par le gouvernement concernant un éventuel verrouillage des frontières, malgré les appels répétés de l’élue mahoraise.

Et maintenant ?

Alors que la situation sanitaire en RDC et en Ouganda reste sous haute surveillance, les autorités mahoraises et françaises devraient se réunir dans les prochains jours pour évaluer les risques et adapter leur stratégie. Une réunion interministérielle, incluant les représentants de l’Outre-mer et de la Santé, est attendue d’ici la fin du mois de mai. Dans l’immédiat, l’accent sera mis sur la préparation des structures hospitalières locales, tandis qu’un débat sur la gestion migratoire devrait s’ouvrir au Parlement dans les semaines à venir.

Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes pour éviter une crise sanitaire à Mayotte, où la pression migratoire et les défis structurels compliquent toute réponse rapide et efficace.

Mayotte, en raison de sa proximité avec l’Afrique continentale et de ses flux migratoires importants, est régulièrement exposée à des maladies infectieuses en provenance du continent. L’archipel, qui compte environ 300 000 habitants, dispose par ailleurs d’un système hospitalier limité, ce qui rend difficile la prise en charge d’une éventuelle épidémie.

Une réunion interministérielle, incluant les représentants de l’Outre-mer et de la Santé, est attendue d’ici la fin du mois de mai. Dans l’immédiat, l’accent sera mis sur la préparation des structures hospitalières locales, tandis qu’un débat sur la gestion migratoire devrait s’ouvrir au Parlement dans les semaines à venir.