Un tournant majeur vient d’être pris dans l’affaire des meurtres en série de Choisy-le-Roi, où quatre corps avaient été retrouvés dans la Seine en août 2025. Selon Le Monde, une expertise psychiatrique récente conclut à l’abolition du discernement de Monji H., aujourd’hui âgé de 28 ans, l’accusant formellement de ces quatre homicides. Une contre-expertise devrait être diligentée pour confirmer ou infirmer ces conclusions, qui, si elles sont validées, remettraient en cause sa responsabilité pénale.
Ce qu'il faut retenir
- Monji H., 28 ans, est suspecté d’être l’auteur de quatre meurtres dont les corps ont été découverts dans la Seine en août 2025.
- Une expertise psychiatrique récente estime qu’il présentait, au moment des faits, une abolition de son discernement, le rendant irresponsable pénalement.
- Une contre-expertise devrait être demandée pour valider ou non ces conclusions.
- Cette décision pourrait entraîner un classement sans suite de la procédure pénale à son encontre.
Une affaire qui a marqué la région parisienne
Les faits remontent à l’été 2025, lorsque les corps de quatre personnes ont été retrouvés dans le fleuve, à proximité de Choisy-le-Roi. L’enquête avait rapidement conduit à l’interpellation de Monji H., alors âgé de 26 ans, dont le profil avait retenu l’attention des enquêteurs. L’accusation reposait sur des éléments matériels et des indices convergents, sans que les motivations des meurtres n’aient été clairement établies. Autant dire que l’affaire avait suscité une vive émotion dans la région, d’autant que les victimes, dont l’identité n’a pas été révélée, ne présentaient aucun lien apparent entre elles.
Côté procédure, l’expertise psychiatrique ordonnée par la justice a joué un rôle déterminant. Les conclusions, rendues publiques ce 12 mai 2026, indiquent que Monji H. souffrait, au moment des faits, d’un trouble mental grave ayant entraîné une abolition totale de son discernement et de sa capacité à comprendre ou vouloir ses actes. « Son état psychiatrique était tel qu’il ne pouvait ni appréhender la portée de ses actes, ni les contrôler », a précisé l’expert mandaté par le tribunal, cité par Le Monde.
Une contre-expertise pour trancher définitivement
Face à l’ampleur des implications judiciaires, la défense comme le parquet ont la possibilité de solliciter une contre-expertise. Cette démarche, prévue par le code de procédure pénale, vise à vérifier la solidité des conclusions initiales. Selon les règles en vigueur, cette nouvelle évaluation pourrait être confiée à un collège de psychiatres indépendants, afin d’éviter tout biais dans l’analyse.
Si les résultats de cette contre-expertise confirmaient l’abolition du discernement, Monji H. ne pourrait être jugé pour ces faits. En revanche, une divergence entre les deux expertises ouvrirait la voie à un procès, où son état mental serait alors débattu devant les jurés. Dans tous les cas, cette affaire soulève des questions sur la prise en charge des troubles psychiatriques graves dans le cadre judiciaire, ainsi que sur les limites de la responsabilité pénale.
Cette affaire rappelle, une fois encore, les défis posés par les troubles psychiatriques dans le système judiciaire. Comment concilier la protection de la société et le respect des droits fondamentaux des personnes atteintes de troubles mentaux ? La réponse dépendra en grande partie des conclusions des expertises à venir, mais aussi des débats que ce dossier ne manquera pas de susciter dans les mois prochains.
L’abolition du discernement désigne un état mental dans lequel une personne n’est plus capable de comprendre ou de vouloir ses actes en raison d’un trouble psychiatrique grave. En droit français, cette situation entraîne une irresponsabilité pénale, car l’individu ne peut être tenu pour responsable de ses actions.