La situation des migrants en situation irrégulière au Chili s’est radicalement durcie depuis l’arrivée au pouvoir de l’exécutif d’extrême droite dirigé par José Antonio Kast, dont les promesses d’expulsions massives se heurtent désormais à l’impossibilité matérielle de les appliquer. Selon Le Monde, les pays limitrophes refusent catégoriquement d’ouvrir leurs frontières pour accueillir les personnes concernées, tandis que le Venezuela a clairement indiqué ne pas vouloir recevoir ses ressortissants expulsés.
Ce qu'il faut retenir
- José Antonio Kast, président chilien d’extrême droite, a promis des expulsions massives de migrants en situation irrégulière.
- Les pays voisins refusent d’autoriser le transit des migrants expulsés depuis le Chili.
- Le Venezuela n’accepte pas le retour de ses ressortissants expulsés par le Chili.
- Les migrants se retrouvent ainsi piégés dans le pays, sans possibilité de quitter le territoire chilien.
- La situation humanitaire se dégrade, avec des centaines de personnes bloquées sans solution.
Dans un contexte politique chilien marqué par une montée des discours anti-immigration, le gouvernement de José Antonio Kast a multiplié les annonces fermes en matière de contrôle des flux migratoires. Dès son arrivée à la présidence, il avait évoqué la nécessité de procéder à des expulsions massives de personnes en situation irrégulière, une promesse électorale qui s’est rapidement heurtée à la réalité géopolitique. D’après Le Monde, les pays voisins – notamment le Pérou et la Bolivie – ont opposé une fin de non-recevoir aux demandes chiliennes d’autoriser le transit des migrants expulsés. « Comment peut-on sortir du Chili si on nous en empêche ? Sommes-nous enfermés ici ? », s’interrogent des migrants interrogés par le quotidien, reflétant l’angoisse d’une population prise au piège.
Parmi les obstacles majeurs figure le refus catégorique du Venezuela de réadmettre ses ressortissants. Caracas a rappelé à plusieurs reprises qu’il ne reconnaît pas les expulsions unilatérales organisées par Santiago, plaçant le Chili dans une impasse juridique et diplomatique. José Antonio Kast a pourtant réaffirmé sa détermination, affirmant lors d’une conférence de presse en avril 2026 que « l’ordre et la souveraineté nationale doivent être rétablis ». Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis le début de l’année, seulement une dizaine d’expulsions ont pu être réalisées, sur des milliers de dossiers en attente, selon les données officielles chiliennes rapportées par Le Monde.
Cette situation a exacerbé les tensions sociales au sein même du pays. Les associations de défense des droits humains dénoncent une politique migratoire « inhumaine et inefficace », soulignant que des centaines de migrants, dont des familles avec enfants, errent dans les rues de Santiago ou occupent des campements de fortune près de la frontière nord. « Les expulsions massives annoncées par le gouvernement ne sont qu’un leurre, tant que les pays voisins et le Venezuela maintiendront leurs positions », a déploré María José Gómez, porte-parole de l’ONG Migrantes con Derechos. Le gouvernement chilien, de son côté, assure que des « solutions alternatives » sont à l’étude, sans pour autant préciser leur nature ou leur calendrier.
Cette crise met en lumière les limites des politiques migratoires unilatérales dans une région où la solidarité entre États reste un concept largement théorique. Elle interroge également sur l’efficacité des mesures coercitives face à des flux migratoires qui, malgré les discours, ne semblent pas près de se tarir. Pour José Antonio Kast, l’enjeu est désormais de trouver une issue avant que la situation ne dégénère, tant sur le plan humanitaire que politique. Reste à savoir si Santiago parviendra à concilier fermeté affichée et réalisme diplomatique.
Le Venezuela a clairement indiqué qu’il ne reconnaît pas les expulsions unilatérales organisées par le Chili, les considérant comme une violation du droit international. Caracas exige des procédures de rapatriement négociées et encadrées, ce que Santiago refuse pour l’instant, selon Le Monde.