Officiellement reléguée en Pro D2 depuis le 2 mai 2026, l’US Montauban enchaîne les défaites et affronte une saison marquée par des résultats historiquement mauvais. Avec seulement une victoire en Top 14 – acquise le 25 octobre 2025 contre Perpignan –, l’équipe a subi en moyenne plus de 50 points encaissés par match. À domicile, la situation s’est encore aggravée lors du dernier match de la saison, une lourde défaite 25-73 face au Stade Français, la 16e d’affilée. Selon RMC Sport, le capitaine Fred Quercy, en poste depuis douze ans en Pro D2, a livré une analyse sans fard de cette saison « galère », entre réalisme, frustration et détermination à rebondir.
Ce qu'il faut retenir
- L’US Montauban termine la saison 2025-2026 avec une seule victoire en Top 14, contre Perpignan en octobre 2025
- L’équipe a encaissé en moyenne plus de 50 points par match cette saison et subi 16 défaites consécutives
- Fred Quercy évoque un écart physique « d’une division » avec les autres équipes de Top 14, malgré des efforts constants
- Le capitaine souligne l’absence de plaisir et une fatigue mentale accrue après chaque match
- L’objectif pour la saison prochaine : se reconstruire en Pro D2 en gardant la même intensité, malgré les difficultés financières et sportives
Un écart physique difficile à combler
Pour Fred Quercy, la différence entre Montauban et les autres équipes de Top 14 se joue avant tout sur le physique. « C’est plus grand, c’est plus costaud, et ça se déplace plus », explique-t-il. « Tu as toujours une petite seconde de retard, et cette petite seconde au dixième temps de jeu, ça fait que tu as l’impression qu’il y a trois joueurs de plus. » Selon lui, cet écart se creuse match après match, malgré les efforts du groupe. « On a l’impression de lâcher, mais au bout d’un moment, tu te perds. Il y a une division d’écart, on le savait. Ça se confirme de week-end à week-end, ce n’est pas le souci, on n’a jamais dit le contraire. »
Le capitaine insiste sur la difficulté à compenser ce décalage, même avec des joueurs motivés. « Tu te fatigues plus, tu cours après les mecs, tu ne peux plus quoi. On a l’impression de lâcher, mais au bout d’un moment, tu te perds. » Une analyse qui illustre l’ampleur du défi rencontré cette saison.
Une saison sans plaisir, malgré les efforts
La frustration est palpable chez Fred Quercy, qui décrit des fins de match « longues » et une impression de ne jamais pouvoir s’exprimer pleinement. « Les fins de match comme ça sont longues. La première mi-temps, par exemple, on s’est régalé, on prend des essais. J’ai l’impression qu’on prend toujours des essais de merde, mais je me dis que plus je regarde les matchs et plus je les joue, et plus je me dis qu’en fait, si tu ne le prends pas à ce moment-là, c’est peut-être cinq secondes après, ou dix secondes après. »
Il reconnaît que l’équipe a parfois « pris des essais trop facilement », mais souligne aussi que le retard accumulé rend toute remontée de balle difficile. « Parce qu’en fait, tu as toujours ce petit temps de retard qui fait qu’on dirait qu’il manque toujours quelqu’un à un moment, et tu te dis, p… on ne s’en sort pas. » Malgré tout, le capitaine assure que le groupe « essaie de se donner », sans pour autant pouvoir changer le cours des matchs.
Un Top 14 difficile, mais une expérience formatrice
Fred Quercy nuance son bilan de la saison en Top 14, soulignant que recevoir des équipes comme La Rochelle ou le Stade Français reste un privilège. « Je préfère recevoir La Rochelle, le Stade Français, que n’importe quelle équipe de Pro D2. Là, tous les week-ends, tu sais que tu es le petit, mais tu sais que tu reçois la plupart des meilleurs joueurs du monde qui sont dans ce championnat. » Pour lui, cette saison difficile aura au moins permis aux joueurs de « vivre une expérience unique », même si les résultats n’ont pas été au rendez-vous.
Le capitaine rappelle aussi que Montauban a remporté le titre de Pro D2 la saison précédente, un exploit qui, selon lui, « valait le coup ». « On a gagné. Je pense que ça restera des bons souvenirs. J’ai passé douze ans en Pro D2, je préfère recevoir la Rochelle, le Stade Français, que n’importe quelle équipe de Pro D2. » Une façon de relativiser l’échec sportif actuel.
« Tu as beau changer 20 mecs et prendre 20 mecs à 20 000 euros par mois, je ne suis pas sûr que la sauce elle prenne. Je ne suis pas sûr que tu te maintiennes et je ne suis pas sûr que tu fasses quelque chose de vraiment bien. »
— Fred Quercy, capitaine de l’US Montauban
Vers la Pro D2 : un nouveau défi à relever
Avec la descente en Pro D2, Fred Quercy et ses coéquipiers doivent maintenant se projeter vers une nouvelle saison, où les attentes seront différentes. « On va recevoir La Rochelle comme on reçoit le Stade Français, on va essayer de se donner, on va essayer de faire tout ce qu’on peut », déclare-t-il. Le capitaine espère que le dernier match à domicile contre La Rochelle sera « joué comme une finale », même si les chances de victoire restent minces.
Pour Montauban, l’objectif est clair : retrouver la victoire rapidement et éviter de reproduire les erreurs de cette saison. « Quand on a pris cinquante tous les week-ends, il va falloir renouer avec la victoire vite. Se faire plaisir. Ne pas aller boire une bière en culpabilisant. » Une façon de rappeler que le moral de l’équipe sera un enjeu majeur en Pro D2.
Cette saison en Top 14 restera donc comme une expérience douloureuse, mais formatrice. Fred Quercy, lui, assume pleinement son rôle et refuse de baisser les bras. « Je ne donnerai ma place à personne. Je te rassure. » Une détermination qui pourrait bien servir de moteur pour la suite.
La première journée de Pro D2 est prévue pour la première semaine d’août 2026. Montauban devra y prouver sa capacité à rivaliser avec les autres équipes du championnat, malgré sa descente.
L’US Montauban n’a remporté qu’une seule victoire en Top 14 cette saison, acquise le 25 octobre 2025 face à Perpignan.