En vente en France depuis 2024, les médicaments Ozempic, Wegovy et Mounjaro sont destinés au traitement de l'obésité. Selon Franceinfo - Santé, ces traitements anti-obésité semblent avoir trouvé un marché élargi, mais leur prescription est censée être très encadrée.
Ce qu'il faut retenir
- Les médicaments Ozempic, Wegovy et Mounjaro sont en vente en France depuis 2024 pour le traitement de l'obésité.
- Ils sont destinés aux patients dont l'indice de masse corporelle (IMC) est au moins de 30, soit un poids de 87 kilos pour une personne de 1,70 mètre.
- Les plateformes en ligne proposent des ordonnances à distance, mais la prescription est censée être très encadrée.
- Des médecins généralistes peuvent prescrire ces médicaments sans vérifications, exposant ainsi à des sanctions disciplinaires.
- Les pharmaciens ont le droit de refuser de délivrer un médicament s'ils considèrent que la santé du patient est en jeu.
- Sur les dix pharmaciens interrogés, trois seulement ont émis des réserves concernant les effets secondaires de ces médicaments.
Comment se procurer ces traitements anti-obésité sans prescription médicale
Franceinfo - Santé a enquêté sur l'une des plateformes en ligne proposant des ordonnances à distance pour ces médicaments. La journaliste a obtenu cinq ordonnances à distance en quelques minutes, sans aucun échange avec un médecin. Le site ne fait que des renouvellements d'ordonnances, mais comme le questionnaire est uniquement déclaratif, il suffit de prétendre être déjà sous traitement.
Après avoir réglé 29,90 euros, la journaliste a reçu par mail trente minutes plus tard, sans aucun échange avec un médecin, une ordonnance signée par un généraliste exerçant en Suisse. Selon le Conseil de l'ordre, prescrire hors indications et sans vérifications expose ainsi à des sanctions disciplinaires pour manquement à son devoir de prudence.
Les risques pour la santé
Le médecin généraliste a assuré faire "toujours remonter à la plateforme les demandes abusives". Après, reconnaît-il, "ça reste quand même un service commercial". Sur cette même plateforme, la journaliste a obtenu pas moins de cinq ordonnances à distance. Ce système n'est-il pas de nature à pousser les médecins à signer des prescriptions à la chaîne ? Comment sont-ils rémunérés ? Selon l'un de ces prescripteurs, "une ordonnance, pour le médecin, c'est 1 euro. Si vous en faites 20 par jour, vous avez 20 euros". Sollicité par Franceinfo - Santé, le porte-parole de la plateforme (domiciliée en Israël) n'a pas répondu.
Les pharmaciens et les risques d'effets secondaires
Les pharmaciens ont le droit de refuser de délivrer un médicament s'ils considèrent que la santé du patient est en jeu. En caméra discrète, Franceinfo - Santé s'est rendu dans dix officines, à Paris et dans la proche banlieue. Dans sept d'entre elles, le pharmacien n'a aucune objection, bien au contraire : "très efficace", "remarquable", "juste impressionnant..." Quant aux effets indésirables, "c'est trois fois rien", d'après l'un d'eux.
Sur les dix pharmaciens, trois seulement émettent des réserves. L'une juge "un peu léger" qu'un généraliste puisse prescrire du Mounjaro en ligne. Un autre conseille, "en cas de vive douleur au niveau du ventre", d'aller "directement aux urgences". Pas très rassurant quant aux éventuels effets secondaires d'un produit "pas anodin" et non dénué d'un "effet rebond" : "Quand vous allez l'arrêter, vous allez regagner ces kilos", avertit un pharmacien.
Les médicaments Ozempic, Wegovy et Mounjaro peuvent avoir des effets secondaires tels que la douleur abdominale, les troubles digestifs, les nausées et les vomissements.
Le Conseil de l'ordre et les autorités devraient prendre des mesures pour protéger la santé des patients et prévenir les abus de ces médicaments.