À seulement 19 ans, Paul Seixas s’apprête à vivre son premier Tour de France en 2026. Un parcours déjà impressionnant pour ce jeune prodige du cyclisme français, surnommé « trois poumons » par ses entraîneurs pour son endurance exceptionnelle. Selon Franceinfo - Sport, cette ascension fulgurante dans le peloton professionnel s’est confirmée avec une victoire historique à la Flèche Wallonne en avril 2025, un exploit jamais réalisé à cet âge.

Ce qu'il faut retenir

  • Paul Seixas, 19 ans, participera à son premier Tour de France en 2026, une première pour un coureur de son âge.
  • Il a remporté la Flèche Wallonne en avril 2025, devenant le plus jeune vainqueur de l’histoire de la course.
  • Surnommé « trois poumons » par ses entraîneurs pour son souffle exceptionnel, il se distingue par sa maturité et son calme.
  • Il mesure 1,85 m pour 64 kg, un gabarit idéal pour les courses de montagne.
  • Ancien champion Bernard Hinault le considère comme un possible successeur en raison de son insouciance et de sa détermination.

Une ascension fulgurante sur les pentes du Mur de Huy

Le 19 avril 2025 restera comme une date clé dans la carrière de Paul Seixas. Ce jour-là, devant le Mur de Huy en Belgique, le jeune Français a démontré un talent rare. Avec une côte de plus d’un kilomètre à près de 10 % de pente, dont un passage à 26 %, il s’est extrait du peloton pour s’imposer. Une performance d’autant plus remarquable qu’il s’agissait de sa première participation à cette classique du cyclisme.

À l’arrivée, loin de l’euphorie habituelle, Seixas a affiché une sérénité déconcertante. « Ca représente quand même quelque chose, la Flèche, a-t-il déclaré devant les journalistes. C’est une course que je regarde chaque année à la télé. Je suis très content de pouvoir lever les bras et pour l’équipe aussi. » Une modestie qui contraste avec l’ampleur de l’exploit.

Interrogé sur son âge, il a balayé le sujet d’un revers de main : « Je retiens juste que j’ai gagné. Après, mon âge, ça m’intéresse pas vraiment. » Une réponse qui résume bien sa philosophie : le vélo comme passion, pas comme pression.

Les racines d’un champion : une enfance dédiée à la montagne

Paul Seixas n’est pas né avec un vélo entre les jambes, mais très tôt, il a montré une attirance pour l’effort et l’altitude. Dès l’âge de deux ans, il surprend ses parents par sa résistance : il marche jusqu’à l’épuisement lors de longues balades. Dans ses lettres au Père Noël, il liste les sommets qu’il rêve de gravir. Une fascination pour les ascensions qui ne le quittera plus.

Ses étés en Haute-Savoie, chez ses grands-parents à Magland, ont joué un rôle clé. Chaque après-midi, il regarde religieusement le Tour de France à la télévision aux côtés de son grand-père. « Il regardait à la télé, il était tout fou », raconte sa grand-mère Suzanne dans les colonnes de Maurienne TV. « Puis tout d’un coup il m’a dit : « Toi qui regarde jamais le Tour de France, est-ce que tu me regarderas quand je ferai le Tour de France ? » Il avait dix ans ! »

Le vélo, une passion précoce malgré les réticences familiales

À huit ans, Paul Seixas commence le vélo, après avoir « saoulé » ses parents comme il le reconnaît lui-même. Ceux-ci auraient préféré le voir pratiquer des sports plus « classiques » : karaté, handball, natation ou escalade. Mais rien n’y fait. Dès son inscription au Lyon Sprint Evolution, il impressionne son entraîneur. Lors d’un exercice consistant à monter une côte de 1,5 km à cadence régulière, Seixas part au sprint et ne faiblit pas, tandis que son coach, Guy Chabrier, s’effondre après un kilomètre.

« En discutant avec les collègues, on s’est dit : « Là, il y a quelque chose » », confie ce dernier sur France 2. Rapidement, ses qualités physiques — souffle, récupération, explosivité — lui valent le surnom de « trois poumons ». Ses entraîneurs peinent d’ailleurs à lui trouver des défauts, si ce n’est une étourderie légendaire : il oublie régulièrement son sac, ses gants, voire parfois son dossard. Mais cela ne l’empêche pas de briller, ni de faire gagner ses coéquipiers quand l’occasion se présente.

Un leader naturel, mature et décontracté

À 19 ans, Paul Seixas est déjà décrit par son entourage comme un leader naturel, doté d’une maturité et d’une gentillesse rares. « C’est une crème », assure-t-on dans son équipe. Son calme apparent et sa capacité à relativiser la pression en font une personnalité atypique dans le peloton, où le stress et la médiatisation pèsent souvent sur les jeunes talents.

Bernard Hinault, dernier Français à avoir remporté le Tour de France en 1985, a récemment salué son « insouciance ». « Je pense que ça lui passe sur le dos et que ça glisse, a expliqué l’ancien champion dans Le Télégramme. Il fait le vélo pour s’amuser, donc il s’en fiche un peu du reste. Moi, quand je suis arrivé en face de Merckx, on m’a dit « y a Merckx ! » Oui, et bien il a deux bras, deux jambes, une tête et il s’en sert. Et bien moi aussi. Et je pense que Paul fait à peu près la même chose. »

Hinault voit en Seixas un possible successeur, capable de rivaliser avec Tadej Pogačar, quadruple vainqueur du Tour et actuel maître à penser du cyclisme mondial. « Il ne craint personne », résume l’ancien vainqueur, un compliment rare pour un jeune coureur.

Marc Madiot, figure emblématique du cyclisme français, le surnomme « L’élu »

Marc Madiot, ancien manager de l’équipe Groupama FDJ et icône du cyclisme tricolore, a une opinion tranchée sur Paul Seixas : « L’élu. » Un titre qui en dit long sur les attentes placées en lui. Madiot, qui a côtoyé les plus grands champions, sait reconnaître le talent lorsqu’il le voit. Et pour Seixas, les signes ne trompent pas : un palmarès déjà exceptionnel pour son âge, un mental à toute épreuve et une popularité grandissante auprès des fans.

Alors que le Tour de France 2026 approche, les questions fusent. Les observateurs s’interrogent : pourra-t-il tenir la distance ? Ses qualités de grimpeur suffiront-elles pour viser le classement général, ou se contentera-t-il d’un rôle de baroudeur au service de son équipe ? Une chose est sûre : son nom commence à résonner dans les pelotons comme celui d’un futur monument du cyclisme.

Et maintenant ?

Avec un premier Tour de France en ligne de mire, Paul Seixas devra gérer l’attente et les attentes. Les mois à venir seront décisifs : il devra confirmer sa place parmi l’élite mondiale et peut-être se mesurer aux favoris comme Tadej Pogačar ou Jonas Vingegaard. Son équipe, encore tenue secrète, sera un élément clé de sa préparation. Une chose est certaine : la pression monte, mais Seixas semble déterminé à garder son calme et à pédaler, comme il l’a toujours fait, pour le plaisir.

Le cyclisme français a peut-être trouvé en Paul Seixas son prochain ambassadeur. Un ambassadeur qui, à 19 ans seulement, a déjà tout pour marquer l’histoire. Reste à savoir si le peloton sera prêt à lui laisser sa chance.