« Je me sens comme laissée pour compte par l’État français. » C’est par cette phrase que Séverine Wollenschneider, l’une des plaignantes, résume son sentiment face à l’inaction des autorités dans la lutte contre les PFAS, des substances chimiques persistantes qualifiées de « polluants éternels ». Selon RFI, trois associations et six citoyens ont saisi la justice pour dénoncer les carences de l’État dans ce dossier.
Ce qu'il faut retenir
- Trois associations et six citoyens ont porté plainte contre l’État français pour manquement à ses obligations dans la gestion des PFAS.
- Les PFAS, des substances chimiques persistantes, contaminent les sols, les eaux et l’air, avec des risques avérés pour la santé humaine.
- Les autorités étaient informées des dangers liés à ces polluants, mais leur action n’a jamais été jugée suffisante par les plaignants.
Les plaignants, soutenus par des associations environnementales, accusent l’État de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour limiter la diffusion de ces polluants, malgré la connaissance des risques sanitaires et environnementaux. Les PFAS, utilisés massivement dans l’industrie chimique, sont surnommés « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement. Leur présence a été détectée dans de nombreuses régions françaises, notamment autour d’anciens sites industriels ou de zones agricoles.
Séverine Wollenschneider, qui figure parmi les six citoyens plaignants, explique son sentiment d’abandon : « L’État sait depuis des années que ces substances sont dangereuses, et pourtant, rien n’a été fait à grande échelle pour protéger les populations. On a l’impression d’être invisible aux yeux des décideurs. » Son témoignage illustre la frustration des riverains exposés à ces polluants, souvent sans même en être informés.
Les associations et les citoyens espèrent que cette action en justice permettra de faire évoluer la situation. Ils réclament notamment un plan national de dépollution, une meilleure information des populations concernées et des sanctions contre les industriels responsables de rejets. « Il ne s’agit pas seulement d’un problème technique, mais d’un enjeu de santé publique », souligne l’un des porte-parole des associations.
« Les risques pour la santé humaine et l’environnement étaient connus des autorités. Pourtant, l’action n’a jamais été à la hauteur. »
— Un plaignant anonyme, cité par RFI
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de prise de conscience des dangers liés aux PFAS. Plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas ou l’Allemagne, ont déjà engagé des actions similaires contre les industriels et les États. En France, où les premières alertes remontent à plus de dix ans, les attentes sont désormais fortes. Les plaignants espèrent que leur démarche servira d’électrochoc pour briser l’immobilisme.
Les PFAS sont associés à plusieurs risques pour la santé, notamment des cancers (rein, testicules), des troubles du système immunitaire, des problèmes de fertilité et des retards de développement chez l’enfant. Leur caractère persistant dans l’environnement aggrave leur impact.