La présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen, a réaffirmé ce mercredi 13 mai 2026 sa volonté de se présenter à l'élection présidentielle de 2027, même en cas de condamnation à une peine avec sursis dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Selon BFM - Politique, la décision de la cour d'appel de Paris, attendue le 7 juillet prochain, pourrait lui interdire de concourir si une peine d'inéligibilité est prononcée. Une éventualité que la dirigeante du RN assume pleinement, comme elle l'a précisé lors de ses déclarations publiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Marine Le Pen a affirmé qu'elle « sera candidate » à la présidentielle de 2027 en cas de condamnation à une peine avec sursis, lors d'une intervention publique ce 13 mai 2026
  • Le 7 juillet 2026, la cour d'appel de Paris rendra sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires européens du RN, qui pourrait entraîner une peine d'inéligibilité
  • Le parquet général a requis cinq ans d'inéligibilité contre Marine Le Pen, ce qui l'empêcherait de se présenter si la peine est confirmée
  • Jordan Bardella a réitéré son soutien inconditionnel à Marine Le Pen, affirmant qu'il ne se placerait pas dans une perspective de candidature alternative
  • Selon un sondage Ipsos-BVA, 42 % des Français estiment que Marine Le Pen a davantage une stature présidentielle que son dauphin Jordan Bardella

Une candidature conditionnée par la décision de justice

Marine Le Pen, figure centrale du RN, a clairement indiqué que sa participation à la prochaine élection présidentielle dépendrait de la nature de la peine prononcée à son encontre. « En cas de condamnation à une peine avec sursis, je serai bien sûr candidate », a-t-elle déclaré ce mercredi 13 mai 2026. Cette affirmation intervient alors que la cour d'appel de Paris s'apprête à rendre son verdict le 7 juillet 2026 dans l'affaire des assistants parlementaires européens, une procédure judiciaire qui pourrait sceller son avenir politique. Le parquet général a d'ailleurs requis cinq ans d'inéligibilité à son encontre, une peine qui, si elle est confirmée, l'empêcherait de se présenter à l'élection présidentielle.

Le RN, qui mise sur une candidature forte pour 2027, a toujours considéré que cette affaire relevait d'une « manœuvre politique ». Marine Le Pen a d'ailleurs dénoncé à plusieurs reprises une instrumentalisation judiciaire, tout en réaffirmant sa combativité. « On ne peut pas faire campagne dans ces conditions », avait-elle déclaré précédemment, évoquant les contraintes d'une éventuelle peine de bracelet électronique ou d'inéligibilité. Pourtant, ce mercredi, elle a choisi de tourner la page en assumant sa volonté de poursuivre le combat politique.

Un soutien sans faille de Jordan Bardella et des cadres du RN

Le président du RN, Jordan Bardella, a réitéré à plusieurs reprises son soutien à Marine Le Pen, excluant toute velléité de candidature alternative. « Je lui serai toujours d'une totale loyauté », a-t-il affirmé dans une interview à BFMTV, précisant qu'il ne se « mettrait pas dans la perspective » de se présenter si Marine Le Pen était empêchée. Cette solidarité affichée au sein du parti vise à éviter toute division interne dans un contexte où le RN reste en tête des intentions de vote pour 2027, selon les derniers sondages.

Cette unité affichée contraste avec les spéculations qui ont pu agiter le parti ces derniers mois. Certains observateurs s'interrogeaient sur la capacité de Marine Le Pen à maintenir sa légitimité après une condamnation en première instance, mais le RN semble avoir fait le choix de la cohésion. Bardella a également souligné que Marine Le Pen « a la stature » pour incarner le parti lors de la prochaine élection présidentielle, un avis partagé par 42 % des Français selon un sondage Ipsos-BVA Cesi École d’ingénieurs pour La Tribune.

Les municipales 2026 et les autres échéances politiques

Alors que l'attention se porte sur l'élection présidentielle de 2027, Marine Le Pen a également rappelé sa position sur les élections municipales de 2026. À moins de trois semaines du premier tour, elle a catégoriquement refusé d'envisager un retrait des candidats RN en cas de triangulaire face à La France Insoumise (LFI), répondant ainsi à une suggestion de la ministre Aurore Bergé. « Il n'est pas question de retirer des candidats », a-t-elle insisté, confirmant la stratégie du parti de maintenir sa présence sur tous les fronts électoraux.

Sur le plan parlementaire, le RN et LFI ont déposé chacun une motion de censure contre la programmation pluriannuelle de l'énergie, publiée le 12 février 2026. Une convergence de vues qui illustre l'opposition frontale du RN à la politique énergétique du gouvernement, malgré les divergences idéologiques avec LFI. Marine Le Pen a par ailleurs critiqué le budget présenté par Sébastien Lecornu, le qualifiant d'« affreusement néfaste pour le pays », et dénonçant une aggravation des dépenses publiques.

Les implications d'un éventuel verdict défavorable

Si la cour d'appel de Paris confirmait une peine d'inéligibilité avec sursis, Marine Le Pen pourrait théoriquement se présenter en 2027, sous réserve de son éligibilité au jour du scrutin. En revanche, une peine de prison ferme ou une inéligibilité immédiate la contraindrait à renoncer à sa candidature. Les observateurs soulignent que la décision des juges, attendue pour le 7 juillet 2026, pourrait avoir un impact majeur sur la stratégie du RN pour les mois à venir.

Me Sandra Chirac-Kollarik, avocate de Marine Le Pen, a tenté de minimiser la pression judiciaire en affirmant ne pas « mettre la pression » mais simplement « poser la réalité de la situation ». Pourtant, les réquisitions du parquet général, qui a demandé cinq ans d'inéligibilité et quatre ans de prison dont un ferme, laissent peu de place à l'optimisme. La défense du RN a plaidé que « des erreurs administratives ont pu être commises », mais les juges pourraient ne pas se laisser convaincre par cet argument.

Et maintenant ?

La cour d'appel de Paris rendra sa décision le 7 juillet 2026, un verdict qui pourrait redéfinir le paysage politique français. Si Marine Le Pen est condamnée à une peine avec sursis, le RN devrait maintenir sa candidate pour 2027, avec Jordan Bardella comme dauphin désigné en cas de besoin. En revanche, une inéligibilité immédiate ou une peine de prison ferme contraindrait le parti à adapter sa stratégie, potentiellement en misant sur une candidature alternative. Les prochains mois seront donc décisifs, tant sur le plan judiciaire que politique.

Quoi qu'il en soit, Marine Le Pen a d'ores et déjà indiqué qu'elle ferait campagne aux côtés de Jordan Bardella « quel que soit le résultat » de son procès. Une déclaration qui confirme la volonté du RN de présenter une unité de façade, malgré les incertitudes judiciaires. Les Français, eux, devront attendre juillet pour connaître la suite de cette affaire, qui pourrait influencer le cours de la prochaine élection présidentielle.

Le parquet général a requis cinq ans d'inéligibilité et quatre ans de prison, dont un an ferme, contre Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Une peine de prison ferme ou une inéligibilité immédiate l'empêcherait de se présenter à l'élection présidentielle de 2027.