Un réseau de voleurs d’ouvrages anciens, soupçonné d’avoir opéré à l’échelle européenne, est sous le feu des projecteurs à partir d’aujourd’hui. Sept individus, dont plusieurs géorgiens, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris à partir de ce mardi 9 juin 2026. Ils sont accusés d’avoir dérobé, en 2023, des éditions originales d’œuvres russes du XIXe siècle à la Bibliothèque nationale de France (BNF) et à la bibliothèque Diderot de Lyon. Selon Ouest France, le procès doit durer jusqu’à vendredi.

Ce qu'il faut retenir

  • Des éditions originales de Pouchkine et d’autres auteurs russes du XIXe siècle ont été volées en 2023.
  • Les faits se sont déroulés à la Bibliothèque nationale de France (BNF) à Paris et à la bibliothèque Diderot de Lyon.
  • Sept personnes, dont des ressortissants géorgiens, sont renvoyées devant le tribunal correctionnel de Paris.
  • Le procès débute aujourd’hui, mardi 9 juin 2026, et doit s’achever vendredi.
  • Les suspects seraient impliqués dans un réseau criminel opérant à l’échelle européenne.

Des vols ciblant des œuvres rares et historiques

Les éditions dérobées appartiennent à des auteurs russes majeurs du XIXe siècle, parmi lesquels figure Alexandre Pouchkine, poète et romancier emblématique de la littérature mondiale. Les ouvrages, considérés comme des pièces de collection d’une valeur inestimable, avaient été conservés dans les réserves de la BNF à Paris et de la bibliothèque Diderot à Lyon. Leur disparition avait été constatée en 2023, mais l’enquête n’a abouti à des arrestations que plus tard, révélant l’ampleur du réseau criminel.

Les investigations ont permis d’établir des liens entre les suspects et d’autres affaires similaires en Europe, suggérant une organisation méthodique et transnationale. Les autorités judiciaires françaises ont alors décidé de renvoyer ces sept individus devant le tribunal correctionnel, où leur rôle précis dans le réseau sera examiné.

Un réseau criminel aux ramifications européennes

D’après les premiers éléments de l’enquête, le groupe serait impliqué dans plusieurs vols d’ouvrages anciens et rares dans plusieurs pays. Les enquêteurs estiment que ces opérations étaient coordonnées depuis la Géorgie ou d’autres pays d’Europe de l’Est, où des complices auraient facilité la revente ou le transfert des pièces dérobées. Les autorités françaises ont collaboré avec leurs homologues européens pour démanteler ce réseau, mais plusieurs maillons restent à identifier.

L’un des suspects, dont le nom n’a pas été divulgué, aurait reconnu lors de son audition avoir participé à la revente de certains ouvrages en Géorgie. « Nous ciblions uniquement des éditions originales, celles qui ont une valeur marchande élevée sur le marché noir », aurait-il déclaré aux enquêteurs, selon des sources proches de l’affaire.

Et maintenant ?

Le procès, qui s’ouvre aujourd’hui, devrait permettre de préciser l’étendue des responsabilités de chaque accusé. Les procureurs devraient demander des peines sévères, compte tenu de la gravité des faits et de la valeur patrimoniale des œuvres volées. Les avocats de la défense pourraient plaider pour des réductions de peine en échange de révélations sur le réseau. Une décision est attendue vendredi 13 juin 2026.

Par ailleurs, les autorités judiciaires françaises ont indiqué qu’une enquête parallèle se poursuit pour identifier d’éventuels autres complices ou receleurs en Europe. Une collaboration renforcée avec Interpol et Europol est envisagée pour traquer les réseaux criminels spécialisés dans le vol d’œuvres d’art et de livres anciens.

Ce procès met en lumière la vulnérabilité des institutions culturelles face aux réseaux criminels organisés. Il rappelle aussi l’importance de la coopération internationale pour protéger le patrimoine mondial. Reste à savoir si cette affaire permettra de démanteler définitivement ce réseau ou si d’autres maillons, encore insoupçonnés, émergeront au cours des investigations.

La valeur exacte des éditions originales de Pouchkine et des autres auteurs russes du XIXe siècle n’a pas été communiquée publiquement. Cependant, selon les experts en livres anciens, des pièces comparables peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers, voire des millions d’euros sur le marché noir.