Le ministre de l’Éducation nationale a saisi le bâtonnier de Paris après que l’avocat du prédicateur Abdelhakim Sefrioui a tenu des propos publics jugés diffamatoires envers Samuel Paty, rapporte Ouest France.
Ce qu'il faut retenir
- Le ministre de l’Éducation nationale a dénoncé des propos « heurtants » tenus par l’avocat d’Abdelhakim Sefrioui envers Samuel Paty.
- Ces déclarations ont été qualifiées de « souillure de la mémoire » du professeur assassiné en 2020.
- Le ministre a saisi le bâtonnier de Paris pour engager une procédure disciplinaire ou judiciaire.
- Les déclarations ont été faites ce vendredi 22 mai 2026 sur les ondes de RMC.
Lors d’une intervention sur RMC ce vendredi 22 mai 2026, le ministre de l’Éducation nationale a vivement réagi aux propos tenus en public par l’avocat du prédicateur Abdelhakim Sefrioui. Selon lui, ces déclarations ont « heurté beaucoup de collègues de la communauté éducative », car elles auraient « clairement sali la mémoire de Samuel Paty », enseignant assassiné en octobre 2020 après avoir montré des caricatures de Mahomet en cours.
L’avocat en question, qui défend Abdelhakim Sefrioui dans le cadre du procès lié à l’assassinat de Samuel Paty, aurait tenu des propos particulièrement virulents lors d’une prise de parole publique. Ces déclarations, jugées outrageantes par le ministre, concerneraient directement la mémoire du professeur, dont le meurtre avait provoqué une onde de choc dans toute la France et relancé le débat sur la liberté d’expression et la laïcité à l’école.
Dans la foulée de ces déclarations, le ministre a annoncé avoir saisi le bâtonnier de Paris. Cette démarche vise à engager une procédure disciplinaire ou judiciaire contre l’avocat, dont les propos pourraient être constitutifs d’une infraction telle que la diffamation ou l’injure publique. Le bâtonnier de Paris, représentant l’ordre des avocats, est désormais chargé d’examiner la recevabilité de la plainte et d’envisager les suites à donner.
« Les propos tenus en public par l’avocat du prédicateur Abdelhakim Sefrioui ont « heurté beaucoup de collègues de la communauté éducative parce qu’il a clairement sali la mémoire de Samuel Paty », a estimé le ministre de l’Éducation ce vendredi 22 mai sur RMC. »
Cette affaire survient dans un contexte déjà tendu autour du procès de plusieurs accusés dans l’assassinat de Samuel Paty. Le prédicateur Abdelhakim Sefrioui, figure controversée de l’islam radical, est notamment poursuivi pour complicité d’assassinat et apologie du terrorisme. Son avocat, dont les propos ont déclenché l’indignation du ministre, avait déjà été critiqué pour ses interventions médiatisées lors des audiences précédentes.
Côté avocat, aucune réaction officielle n’a encore été formulée à ce stade. Interrogé sur la nature exacte des propos tenus, le ministre de l’Éducation n’a pas précisé s’il envisageait également de porter plainte en son nom propre, ou si cette démarche se limitait à une saisine du bâtonnier. La communauté éducative, de son côté, a largement salué cette initiative, certains syndicats d’enseignants ayant déjà appelé à des sanctions exemplaires contre l’avocat.
Ce dossier rappelle l’importance du respect de la mémoire des victimes dans le cadre de procès liés à des actes terroristes, un principe rappelé à plusieurs reprises par les autorités politiques et judiciaires depuis 2020.
Abdelhakim Sefrioui est un prédicateur islamiste français, figure controversée de l’islam radical. Il est poursuivi pour complicité d’assassinat et apologie du terrorisme dans le cadre de l’assassinat de Samuel Paty, enseignant décapité en octobre 2020 après avoir montré des caricatures de Mahomet en cours. Son rôle dans ce procès consiste notamment à être défendu par un avocat, dont les propos récents ont suscité l’indignation du ministre de l’Éducation.