La troisième et dernière journée d’audience préliminaire s’est tenue jeudi 21 mai 2026 devant la Cour pénale internationale (CPI) dans l’affaire opposant le procureur à Khalid el-Hishri, un milicien libyen. Accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, ce dernier doit répondre de viols, violences sexuelles, persécutions et tortures commis entre 2014 et 2020 en Libye. Selon RFI, le procureur a passé trois jours à tenter de convaincre les juges de renvoyer l’accusé en procès, avant que la défense ne prenne enfin la parole pour contester l’ensemble de l’accusation.
Ce qu'il faut retenir
- Khalid el-Hishri, ancien chef du quartier des femmes de Mitiga en Libye, est visé par des accusations de crimes contre l’humanité et de guerre.
- Les faits reprochés incluent viols, violences sexuelles, persécutions et tortures, commis entre 2014 et 2020.
- Le procureur a plaidé pendant trois jours pour un renvoi en procès, avant que la défense ne conteste les charges.
- L’audience préliminaire s’est conclue jeudi 21 mai 2026 par les plaidoiries de la défense.
Un milicien accusé de graves exactions en Libye
Khalid el-Hishri, milicien libyen, était jusqu’à présent connu pour avoir dirigé le quartier des femmes de la prison de Mitiga, située près de Tripoli. Selon l’accusation, les actes qui lui sont reprochés s’inscrivent dans un contexte de violences généralisées perpétrées entre 2014 et 2020, période marquée par une instabilité politique et des affrontements armés en Libye. RFI rappelle que ces crimes incluent des violences sexuelles systématiques, des tortures et des persécutions ciblant notamment des femmes et des opposants.
Ces accusations ne sont pas isolées : elles s’ajoutent à une série de plaintes déposées par des victimes et des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent depuis des années l’impunité dont bénéficient certains groupes armés en Libye. L’affaire portée devant la CPI marque ainsi une étape importante dans la lutte contre l’impunité pour les crimes les plus graves commis dans le pays.
Un procès en suspens après trois jours d’audience
Les trois journées d’audience préliminaire, qui se sont achevées jeudi 21 mai 2026, avaient pour objectif de déterminer si les charges retenues contre el-Hishri étaient suffisamment étayées pour justifier un renvoi en procès. Le procureur a détaillé les éléments à charge, s’appuyant sur des témoignages, des rapports médicaux et des documents recueillis au fil des années. RFI souligne que la procédure a mis en lumière l’ampleur des violences subies par les victimes, certaines ayant accepté de témoigner malgré les risques encourus.
C’est finalement la défense qui a eu le dernier mot lors de cette phase préliminaire. Les avocats d’el-Hishri ont contesté la légitimité des preuves présentées, mettant en doute leur fiabilité ou leur authenticité. Ils ont également soulevé des questions sur la compétence de la CPI dans cette affaire, arguant que certains faits pourraient relever de la juridiction nationale libyenne. Cette stratégie a permis de suspendre, au moins temporairement, le processus judiciaire en cours.
Une affaire suivie de près par les organisations de défense des droits humains
L’affaire el-Hishri suscite une attention particulière parmi les organisations internationales, qui y voient un test pour la capacité de la CPI à intervenir dans des conflits où l’État n’est pas en mesure de poursuivre les auteurs de crimes graves. Amnesty International et Human Rights Watch ont déjà salué le dépôt des charges, tout en appelant à une protection renforcée des victimes et des témoins. Selon RFI, ces organisations rappellent que la Libye reste un terrain complexe pour la justice internationale, en raison de l’absence de coopération systématique avec la CPI et des tensions persistantes sur le territoire.
La question des violences sexuelles en période de conflit est également au cœur des débats. Les Nations unies estiment que ces crimes sont souvent sous-déclarés en raison de la stigmatisation des victimes. Dans le cas d’el-Hishri, les charges incluent des violences sexuelles systématiques, un crime qui a été reconnu comme une tactique de guerre dans plusieurs conflits récents. La CPI pourrait ainsi établir un précédent important en la matière.
Quoi qu’il en soit, cette audience préliminaire a déjà mis en lumière l’ampleur des violences commises en Libye entre 2014 et 2020. La décision des juges de la CPI sera donc scrutée de près, non seulement par les victimes et leurs familles, mais aussi par la communauté internationale, qui attend des signes concrets de lutte contre l’impunité dans le pays.
La CPI peut intervenir en Libye si les autorités locales sont incapables ou unwilling (non disposées) à poursuivre les auteurs de crimes graves. Dans ce cas, les crimes présumés incluent des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, ce qui relève de la compétence de la Cour. La Libye, bien que signataire du Statut de Rome, n’a pas encore mené de procès à l’échelle internationale pour ces faits.