Les présidents de la République démocratique du Congo (RDC) et de l’Ouganda ont formalisé, ce lundi 11 mai 2026, la signature de six mémorandums d’entente à l’issue de la neuvième session de la Commission permanente mixte entre les deux pays. Selon RFI, Félix Tshisekedi, chef de l’État congolais, s’est ensuite rendu à Kampala pour assister, le lendemain, à la cérémonie d’investiture de Yoweri Museveni, marquant ainsi une nouvelle étape dans les relations bilatérales entre Kinshasa et Kampala.

La présence de Tshisekedi lors de cet événement officiel illustre l’approfondissement des liens entre les deux nations ces dernières années. Une dynamique qui s’est concrétisée par des engagements récents, notamment en matière de sécurité régionale et de coopération économique. La signature de ces mémorandums, dont le contenu précis n’a pas encore été détaillé publiquement, intervient dans un contexte où les échanges commerciaux et la lutte contre les groupes armés transfrontaliers occupent une place centrale dans l’agenda des deux gouvernements.

Ce qu'il faut retenir

  • Six mémorandums d’entente ont été signés entre la RDC et l’Ouganda le 11 mai 2026.
  • Félix Tshisekedi a assisté, le 12 mai 2026, à l’investiture de Yoweri Museveni à Kampala.
  • Ces accords s’inscrivent dans le cadre de la 9e Commission permanente mixte entre les deux pays.
  • Les relations entre Kinshasa et Kampala se sont renforcées ces dernières années.
  • La lutte contre les groupes armés et les échanges économiques figurent parmi les priorités évoquées.

Une Commission permanente mixte pour approfondir la coopération

La Commission permanente mixte entre la RDC et l’Ouganda, dont la neuvième édition s’est tenue à Kampala, constitue un forum privilégié pour structurer les échanges entre les deux États. Selon RFI, cette instance permet d’aborder des sujets aussi variés que la sécurité frontalière, les infrastructures, ou encore les questions migratoires. Les mémorandums signés lundi s’ajoutent à une série d’accords passés, reflétant une volonté commune d’intensifier la collaboration. Parmi les thématiques abordées, la question de la stabilité régionale, notamment face aux tensions liées à la présence de milices dans l’est de la RDC, occupe une place prépondérante.

Les deux présidents ont également évoqué la nécessité de renforcer les infrastructures routières et énergétiques, deux secteurs identifiés comme cruciaux pour dynamiser les économies locales. « Les mémorandums signés aujourd’hui sont le fruit d’un travail préparatoire de plusieurs mois », a indiqué un haut responsable congolais sous couvert d’anonymat. Un dialogue qui, selon les observateurs, pourrait déboucher sur des projets concrets dans les mois à venir.

Félix Tshisekedi à Kampala : un symbole de rapprochement

La présence de Félix Tshisekedi à l’investiture de Yoweri Museveni, le 12 mai 2026, revêt une dimension politique et symbolique forte. Les deux chefs d’État ont échangé des messages de félicitations lors de la cérémonie, marquant ainsi la continuité d’une relation diplomatique déjà solide. « La visite de Tshisekedi à Kampala envoie un signal fort quant à l’importance accordée à ce partenariat », a souligné un analyste politique basé à Kinshasa. Pour rappel, les relations entre la RDC et l’Ouganda ont connu des tensions par le passé, notamment en 2017 lorsque Kampala avait accusé Kinshasa de soutenir des groupes rebelles opérant depuis son territoire.

Depuis, les deux pays ont engagé une politique de rapprochement, notamment via des sommets bilatéraux et des initiatives conjointes contre les groupes armés actifs dans la région des Grands Lacs. « Les défis communs nous obligent à travailler main dans la main », a déclaré Museveni lors d’une allocution publique. Une déclaration qui fait écho aux priorités énoncées dans les mémorandums signés la veille.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à traduire ces mémorandums en projets opérationnels, avec un calendrier qui devrait être précisé d’ici la fin du mois de juin 2026. Des groupes de travail mixtes seront mis en place pour superviser la mise en œuvre des accords, tandis que des réunions techniques sont d’ores et déjà prévues à Goma et à Entebbe. La question de la sécurité frontalière, en particulier, devrait figurer en tête des priorités, avec des patrouilles conjointes envisagées pour lutter contre les infiltrations de milices. Reste à voir si ces engagements se concrétiseront par des résultats tangibles, alors que les deux pays font face à des défis économiques et sécuritaires persistants.

Ces nouveaux accords s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à consolider la stabilité en Afrique centrale. Alors que la RDC cherche à sécuriser ses frontières orientales et à relancer son économie, l’Ouganda, de son côté, mise sur une diversification de ses partenariats régionaux pour renforcer son influence. Une dynamique qui pourrait, à terme, redéfinir les équilibres géopolitiques dans la sous-région.

D’après les informations rapportées par RFI, les six mémorandums d’entente abordent principalement la sécurité frontalière, la coopération économique, les infrastructures routières et énergétiques, ainsi que la lutte contre les groupes armés transfrontaliers. Aucun détail supplémentaire n’a été divulgué quant aux engagements précis pris par chaque partie.