Depuis plus de quatre ans, le groupe armé Mobondo maintient une présence menaçante dans plusieurs provinces de l’ouest de la République démocratique du Congo (RDC), semant la terreur dans les territoires du Kwilu, du Kwango et du Mai-Ndombe, ainsi que dans certaines zones périphériques de Kinshasa. Selon RFI, ce mouvement trouve son origine dans un conflit foncier opposant les communautés Teke et Yaka, avant de basculer dans des violences armées récurrentes. Pourtant, les autorités congolaises assurent avoir enregistré plusieurs centaines de redditions de miliciens depuis le début de l’année 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Le groupe Mobondo est actif depuis 2022 dans les provinces du Kwilu, du Kwango, du Mai-Ndombe et près de Kinshasa.
- Son émergence remonte à un conflit foncier entre les communautés Teke et Yaka.
- Les autorités congolaises revendiquent plusieurs centaines de redditions de miliciens depuis janvier 2026.
- Des témoignages locaux contestent cette version officielle, évoquant une persistance des activités du groupe.
À quelque 130 kilomètres de la capitale Kinshasa, un habitant de la région concernée témoigne sous couvert d’anonymat. Ce dernier décrit une réalité bien différente des communiqués gouvernementaux. Pour lui, les Mobondo « ne sont jamais partis ». Ses propos, recueillis par RFI, mettent en lumière la contradiction entre les déclarations des autorités et la situation sur le terrain.
Les tensions entre les communautés Teke et Yaka, deux groupes ethniques implantés dans l’ouest du pays, ont dégénéré en affrontements armés il y a plus de quatre ans. Ce conflit, initialement lié à des revendications foncières, s’est transformé en une crise sécuritaire persistante. Le groupe Mobondo, apparu dans ce contexte, est aujourd’hui accusé d’exactions régulières, allant des pillages aux violences contre les populations civiles.
Malgré les assurances des autorités congolaises, qui évoquent des centaines de redditions depuis le début de l’année, les observateurs locaux restent sceptiques. « Les Mobondo ne sont jamais partis », confie un témoin sous anonymat à RFI. Ce dernier précise que les activités du groupe se poursuivent, notamment dans les zones reculées où l’État peine à imposer son autorité. Les habitants interrogés rapportent des déplacements de populations, des fermetures d’écoles et une insécurité endémique.
« Les Mobondo ne sont jamais partis. » — Témoignage d’un habitant de l’ouest de la RDC recueilli par RFI
Les autorités congolaises, de leur côté, affirment que la situation est sous contrôle. Le gouvernement a multiplié les appels à la reddition, promettant des mesures de réinsertion pour les miliciens qui déposeraient les armes. Pourtant, les chiffres avancés restent contestés. Selon RFI, le nombre exact de redditions n’a pas été précisé par les autorités, et les informations disponibles proviennent principalement de sources locales et humanitaires.
Cette persistance des violences met en lumière les défis structurels auxquels fait face la RDC : faible présence étatique dans certaines régions, rivalités intercommunautaires et difficultés à démanteler les groupes armés. Pour les populations locales, la fin des exactions reste une priorité absolue, dans un contexte où la méfiance envers les promesses officielles persiste.