Les négociations entre les États-Unis et l’Iran, relancées ces dernières semaines malgré un contexte régional explosif, butent sur plusieurs dossiers épineux. Selon BMF - International, les désaccords portent principalement sur le gel des avoirs iraniens, le programme nucléaire de Téhéran et les risques d’escalade militaire. Alors que les tensions au Moyen-Orient s’intensifient, les deux capitales affichent des positions irréconciliables.

Ce qu'il faut retenir

  • Le blocage des 200 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés aux États-Unis, un dossier économique et politique majeur.
  • Le programme nucléaire iranien, dont l’enrichissement d’uranium dépasse désormais les limites fixées par l’accord de 2015.
  • Les menaces d’escalade militaire, Téhéran avertissant Washington qu’une nouvelle attaque pourrait étendre le conflit au-delà de la région.
  • Les tensions commerciales et économiques, avec une flambée des prix du carburant et une consommation d’essence en chute libre en mai 2026.
  • La position américaine, prête à envisager des frappes militaires en Iran, comme l’a évoqué Donald Trump le 22 mai 2026.

Les avoirs gelés, un casse-tête diplomatique et financier

Depuis 2018, les États-Unis maintiennent gelés quelque 200 milliards de dollars d’avoirs iraniens, une mesure imposée après le retrait de Washington de l’accord nucléaire de 2015. Téhéran réclame régulièrement leur déblocage, condition sine qua non à toute reprise des discussions. « Sans la levée de ces sanctions, aucun dialogue sérieux n’est possible », a rappelé un haut responsable iranien cité par BMF - International. De son côté, l’administration américaine conditionne toute négociation à un changement de comportement de l’Iran, notamment sur le nucléaire et la région.

Le nucléaire iranien, entre avancées techniques et diplomatie en panne

L’Iran a considérablement enrichi son stock d’uranium depuis le retrait des États-Unis de l’accord de Vienne, dépassant désormais les limites autorisées. Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Téhéran dispose désormais d’un stock suffisant pour produire plusieurs armes nucléaires en quelques mois. « Les Iraniens sont dans une panade économique épouvantable, mais ils jouent leur va-tout sur le nucléaire », a analysé l’amiral Jean-Louis Vichot dans une déclaration rapportée par BMF - International. Les négociations, déjà fragiles, risquent de s’enliser davantage.

Des menaces d’escalade militaire qui pèsent sur la région

La semaine dernière, Téhéran a mis en garde Washington : une nouvelle attaque américaine contre ses installations pourrait entraîner une riposte bien au-delà du Moyen-Orient. « La guerre pourrait s’étendre bien au-delà de notre région », a prévenu un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. De son côté, Israël a mené plusieurs frappes ciblées au Liban ce vendredi, selon des sources militaires citées par BMF - International. Dans ce contexte, les États-Unis et l’Iran accélèrent leurs préparatifs militaires, de peur qu’un incident ne dégénère.

Une économie iranienne sous pression, un levier de tension

La situation économique en Iran ne cesse de se dégrader. La flambée des prix du carburant, couplée à une inflation record, a entraîné une chute de 12 % de la consommation d’essence en mai 2026. Les sanctions internationales, aggravées par le gel des avoirs, étouffent le pays. « Les Iraniens souffrent, mais leur régime mise sur la résistance pour forcer Washington à céder », explique un économiste basé à Téhéran interrogé par BMF - International. Cette crise économique sert aussi de prétexte à Téhéran pour justifier ses revendications régionales.

Donald Trump, entre fermeté affichée et prudence stratégique

Depuis plusieurs jours, l’ancien président américain Donald Trump, candidat à un retour à la Maison-Blanche, multiplie les déclarations belliqueuses. « Je considère sérieusement des frappes en Iran », a-t-il affirmé le 22 mai 2026, tout en précisant qu’il privilégierait une « action militaire ciblée » plutôt qu’une guerre ouverte. Pourtant, ses conseillers tempèrent ces propos, rappelant que toute opération nécessiterait une coordination avec les alliés régionaux. « Trump joue avec le feu, mais il sait que l’Iran n’est pas l’Irak de 2003 », commente un analyste de BMF - International.

Et maintenant ?

Les prochains jours pourraient être déterminants. Une rencontre entre négociateurs américains et iraniens est attendue d’ici la fin mai 2026, mais les chances de succès restent minces. Les États-Unis devraient maintenir la pression sur le dossier des avoirs gelés, tandis que l’Iran pourrait accélérer son programme nucléaire pour renforcer sa position. Une nouvelle frappe israélienne au Liban, ou une riposte iranienne, pourrait en revanche faire basculer la situation vers une escalade incontrôlable. Les observateurs s’attendent à ce que le Qatar, désormais impliqué dans les discussions, tente une médiation de dernière minute.

Les prochaines semaines diront si les deux pays parviendront à éviter un nouveau conflit ouvert, ou si les tensions actuelles ne sont qu’un prélude à une confrontation plus large.

Les avoirs iraniens, estimés à plus de 200 milliards de dollars, ont été gelés par les États-Unis en 2018 après le retrait de Washington de l’accord nucléaire de 2015. Cette mesure fait partie des sanctions imposées à l’Iran pour son programme nucléaire et son rôle dans la région. Téhéran exige leur levée pour relancer les négociations, mais Washington conditionne tout assouplissement à un changement de politique iranienne.

Selon l’AIEA, l’Iran a enrichi son stock d’uranium à plus de 60 %, un niveau bien supérieur à la limite de 3,67 % fixée par l’accord de 2015. Ce seuil permet à Téhéran de produire, en théorie, plusieurs armes nucléaires en quelques mois, une situation qui inquiète la communauté internationale.