Lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’École polytechnique, qui s’est tenue ce vendredi 12 juin 2026, un collectif d’élèves a choisi de dénoncer publiquement les liens jugés trop étroits entre l’institution et les grands groupes industriels. Selon Libération, ces étudiants estiment que la formation dispensée prépare davantage à « servir des intérêts économiques » qu’à répondre aux enjeux sociaux, écologiques et militaires actuels.

Ce qu'il faut retenir

  • Un collectif d’élèves de Polytechnique a critiqué, lors de la cérémonie de remise des diplômes, les orientations de leur formation.
  • Ils dénoncent un enseignement qui favoriserait les « intérêts économiques » au détriment des enjeux sociaux, écologiques et militaires.
  • Cette remise en question s’inscrit dans un débat plus large sur le rôle des écoles d’ingénieurs face aux défis contemporains.
  • Les critiques visent notamment l’absence de prise en compte suffisante des « ravages » causés par certains secteurs industriels.

Une cérémonie sous tension

La remise des diplômes, traditionnellement un moment solennel pour l’École polytechnique, a été marquée cette année par une prise de parole inattendue. D’après Libération, un groupe d’élèves a interrompu les discours officiels pour lire un texte collectif. Ce manifeste dénonce une formation qu’ils jugent « déconnectée des réalités ». « On nous forme pour servir des intérêts économiques, souvent au mépris des conséquences sociales et environnementales », a déclaré l’un des porte-parole du collectif, dont le nom n’a pas été révélé.

Les élèves reprochent notamment à l’école de ne pas assez intégrer dans ses programmes les impacts écologiques et militaires de certaines industries. « Les ravages causés par ces secteurs sont rarement abordés en cours, alors qu’ils devraient être au cœur de notre réflexion », a souligné un autre membre du groupe.

Les réactions de l’institution

Contactée par Libération, la direction de l’École polytechnique n’a pas immédiatement réagi à ces accusations. Cependant, l’établissement, qui forme chaque année plusieurs centaines d’ingénieurs, a toujours mis en avant son engagement en faveur de l’innovation et de la responsabilité sociale. Dans un communiqué publié en 2025, l’école affirmait vouloir « renforcer les enseignements liés à l’éthique et au développement durable ».

Reste à savoir si ces déclarations se traduiront par des changements concrets dans les programmes. Pour l’instant, le débat reste ouvert au sein même de l’école, où certains étudiants soutiennent le collectif, tandis que d’autres estiment que les critiques vont trop loin.

Un débat qui dépasse Polytechnique

Cette polémique s’inscrit dans un contexte plus large, où les écoles d’ingénieurs sont de plus en plus questionnées sur leur rôle dans la société. Plusieurs établissements français, comme Mines ParisTech ou CentraleSupélec, ont récemment revu leurs programmes pour intégrer davantage de modules sur l’éthique et la transition écologique. À Polytechnique, le débat porte aussi sur la place des partenariats avec les grands groupes industriels, perçus par certains comme une forme de compromission.

« Le vrai défi, c’est de concilier excellence académique et engagement sociétal », a rappelé un professeur de l’école, qui a souhaité garder l’anonymat. « Nous devons former des ingénieurs compétents, mais aussi responsables. »

Et maintenant ?

La direction de Polytechnique a annoncé qu’elle organiserait une réunion avec les élèves concernés dans les prochaines semaines. Aucune décision n’a encore été prise concernant une éventuelle modification des programmes, mais le débat devrait s’intensifier dans les mois à venir. D’ici la rentrée 2026, l’école pourrait être amenée à clarifier sa position sur les partenariats industriels et l’intégration des enjeux écologiques dans ses enseignements.

Cette remise en question, bien que minoritaire au sein de l’établissement, pourrait inspirer d’autres écoles d’ingénieurs à engager une réflexion similaire sur leur rôle dans la société.

Les élèves dénoncent principalement les liens entre leur école et les grands groupes industriels du secteur de l’énergie, de la défense et de la finance, qu’ils estiment trop prioritaires dans la formation dispensée. Ces secteurs sont souvent pointés du doigt pour leurs impacts écologiques ou sociaux.