La saison des publications trimestrielles du CAC 40 s’est achevée le 19 mai dernier avec les résultats d’Euronext, marquant un exercice 2026 difficile pour les entreprises de l’indice parisien. Selon BFM Bourse, la variation moyenne des cours après l’annonce des résultats s’est révélée négative à -0,825 %, un repli plus marqué qu’en 2025 (-0,5 %).
Cette tendance s’inscrit dans un contexte européen morose : les entreprises du Stoxx Europe 600 ont enregistré un recul moyen de 2 % de leurs revenus sur un an, avec une progression des bénéfices limitée à 2 % hors hydrocarbures, selon un décompte de Deutsche Bank arrêté le 7 mai. À l’inverse, les groupes du S&P 500 ont affiché une croissance moyenne de leurs bénéfices de 25 % sur la même période.
Ce qu'il faut retenir
- Seulement 17 des 40 valeurs du CAC 40 ont vu leur cours progresser après la publication de leurs résultats trimestriels.
- La variation moyenne négative de -0,825 % est pire qu’en 2025, où elle s’élevait à -0,5 %.
- STMicroelectronics (+14,44 %) et L’Oréal (+8,97 %) ont enregistré les meilleures performances boursières après leurs publications.
- Bureau Veritas (-10,6 %) et Eurofins (-9,7 %) ont subi les plus fortes corrections, suivis par les groupes de luxe Hermès (-8,22 %) et Kering (-9,3 %).
- Euronext (+5,20 %) a clos la saison sur une note positive, tandis qu’Airbus (+5,13 %) a profité d’une réaction mitigée mais rassurante.
Une saison des résultats marquée par une majorité de déceptions
Sur les 40 entreprises du CAC 40, 23 ont enregistré une réaction négative après la publication de leurs comptes, contre 17 qui ont vu leur cours progresser. « Les corrections, bien que moins spectaculaires qu’en 2025 (où Stellantis avait chuté de 25 %), restent nombreuses », précise BFM Bourse. Les baisses de 2 %, 3 % ou 4 % se sont multipliées, reflétant une défiance persistante des investisseurs.
Cette morosité s’explique en partie par le décalage entre les performances des entreprises européennes et celles de leurs concurrentes américaines. « Alors que les bénéfices des groupes du S&P 500 explosent, ceux des entreprises du Stoxx Europe 600 peinent à suivre », souligne Deutsche Bank. En Europe, la croissance des revenus a reculé de 2 % sur un an, un chiffre qui tombe à 2 % pour les bénéfices hors secteur énergétique.
Les valeurs qui ont tiré leur épingle du jeu
Parmi les 5 meilleures performances du CAC 40 après publication, STMicroelectronics se distingue avec une hausse de 14,44 %. Le fabricant de semi-conducteurs a surpris les analystes en affichant des perspectives bien au-dessus des attentes, portées par la reprise dans l’IA et les satellites. « Pour la première fois depuis longtemps, STMicroelectronics a dépassé les attentes », indique UBS. Barclays ajoute que « le chiffre d’affaires évolue dans la bonne direction, avec une forte dynamique ».
Avec une progression de 145 % depuis le 1er janvier 2026, STMicroelectronics réalise également la meilleure performance de l’indice parisien cette année. L’Oréal, avec un gain de 8,97 %, complète le podium. Le géant des cosmétiques a enregistré une croissance ajustée de 6,7 % au premier trimestre, dopée par les parfums et les soins capillaires. HSBC parle d’un « début d’année impressionnant », tandis qu’UBS salue ses « qualités de valeur refuge ».
Euronext, dernier groupe à avoir publié ses résultats, termine en troisième position avec une hausse de 5,20 %. L’opérateur de la Bourse de Paris a surpris par des comptes supérieurs aux attentes, grâce à un contrôle strict des coûts et à l’intégration de la Bourse d’Athènes. Il devance Airbus (+5,13 %), qui a profité d’une réaction mitigée mais rassurante malgré des livraisons en dessous des attentes au premier trimestre. Oddo BHF note que « le premier trimestre n’est pas beau à voir, mais reflète une saisonnalité exacerbée et des éléments exceptionnels ».
Les déceptions du CAC 40 : luxe et secteurs cycliques en difficulté
Côté déceptions, Bureau Veritas (-10,6 %) et Eurofins (-9,7 %) ont subi les plus fortes corrections. Le premier a manqué ses objectifs de croissance en données comparables et revu à la baisse ses prévisions pour 2026, tandis que le second n’a progressé que de 2,6 % contre des attentes de 4,8 %. « Les explications fournies sur les retards de livraisons et le rattrapage prévu au deuxième trimestre ont rassuré », tempère Deutsche Bank.
Le secteur du luxe n’a pas été épargné : Hermès (-8,22 %) et Kering (-9,3 %) ont été lourdement sanctionnés. Le sellier-maroquinier a enregistré une croissance de seulement 5,6 % en données comparables, son plus faible taux depuis la pandémie, pénalisé par le conflit au Moyen-Orient (-1,5 point). Bernstein s’interroge : « Le marché pourrait douter de la capacité du modèle ‘more of the same’ d’Hermès à atteindre ses limites. » Quant à Kering, l’activité de Gucci, principale marque du groupe, a déçu, mettant en péril l’objectif d’une croissance positive pour 2026.
Enfin, Stellantis (-6,4 %) a également déçu malgré des résultats trimestriels apparents supérieurs aux attentes. Le constructeur automobile a été pénalisé par un résultat opérationnel négatif en Amérique du Nord (-0,9 % de marge), une fois retraités les impacts exceptionnels des remboursements de surtaxes douanières. « Le diable est dans les détails », résume Bernstein.
Cette saison des résultats a révélé les fractures persistantes entre les entreprises américaines, dynamiques, et leurs homologues européennes, plus vulnérables aux cycles économiques et aux tensions géopolitiques. Pour l’indice parisien, l’enjeu sera désormais de transformer ces signaux mitigés en leviers de croissance durable.
Selon Deutsche Bank, les entreprises européennes souffrent d’un ralentissement de la demande et d’une exposition plus forte à des secteurs cycliques comme l’industrie ou l’automobile. À l’inverse, les groupes américains, notamment dans la tech, bénéficient d’une croissance plus résiliente et d’une forte demande en IA et services numériques.
Les prochaines grandes publications trimestrielles sont attendues pour juillet 2026, avec notamment les résultats de TotalEnergies, Sanofi et Vinci. Ces annonces pourraient donner des indications sur l’évolution des secteurs de l’énergie, de la santé et des infrastructures.