Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a présenté mardi 12 mai ses excuses aux parents d’élèves de l’école Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement, après la révélation de violences morales, physiques et sexuelles commises par des animateurs du périscolaire au sein de l’établissement. Selon Le Figaro, cette rencontre, qui s’est tenue la veille au soir dans les locaux de l’école, marque une étape inédite dans la gestion de ce scandale qui secoue la capitale depuis le début de l’année.

Ce qu'il faut retenir

  • 78 agents ont été suspendus dans les écoles parisiennes depuis janvier 2026, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles sur mineurs, un chiffre jugé « systémique » par le maire.
  • À l’école Saint-Dominique, 12 suspensions ont été enregistrées cette année, dont 7 pour des violences sexuelles, selon le communiqué des parents d’élèves.
  • Emmanuel Grégoire a reconnu la « responsabilité de l’institution » et annoncé un plan d’action de 20 millions d’euros pour le périscolaire.
  • Les syndicats d’animateurs périscolaires appellent à la grève du 11 au 22 mai, réclamant notamment la fin des « suspensions systématiques » et un meilleur accompagnement des agents.
  • Une manifestation est prévue mardi 19 mai devant la direction des affaires scolaires de Paris (Dasco), dans le 4e arrondissement, à partir de 14 heures.

C’est un geste politique inédit. Pour la première fois, un élu de la République s’est rendu dans une école parisienne touchée par le scandale des violences dans le périscolaire, a reconnu l’ampleur des dysfonctionnements et a présenté des excuses publiques aux familles. Selon Le Figaro, Emmanuel Grégoire a rencontré les parents d’élèves de l’école Saint-Dominique, située dans le 7e arrondissement, lundi 11 mai en fin de journée. Au cours de cette réunion, le maire socialiste a assumé la responsabilité de la Ville de Paris dans les défaillances observées au sein du périscolaire.

« La Ville de Paris est incontestablement en faute. Des dysfonctionnements graves ont existé dans l’encadrement, la supervision et le suivi. Nous en assumons pleinement la responsabilité. Il ne s’agit pas uniquement de faits relevant de la justice. Il y a eu des défaillances structurelles que nous devons corriger immédiatement. »

Emmanuel Grégoire, selon les parents présents, cités par Le Figaro

Cette prise de parole intervient alors que les signalements de violences — morales, physiques et sexuelles — se multiplient depuis plusieurs mois dans les écoles parisiennes. L’école Saint-Dominique, établissement public du 7e arrondissement, est devenue l’un des épicentres du scandale. Dans un communiqué publié mardi 12 mai, les parents d’élèves saluent le déplacement du maire et son aveu de responsabilité. « Pour la première fois, un élu de la République s'est déplacé dans l'école, a reconnu la gravité de la situation et a présenté ses excuses. Ce geste inédit marque une étape et souligne l'ampleur de ce qui s'est produit », écrivent-ils.

Emmanuel Grégoire n’a pas souhaité s’exprimer publiquement après la réunion, privilégiant un échange « dans l’intimité avec les familles pour recueillir leurs interrogations, parfois leur colère légitime », a précisé son entourage à l’AFP. Il s’est néanmoins engagé à revenir à la mi-juin — à la fin de la convention citoyenne sur « la protection et les temps de l’enfant à l’école », qui débute le 18 mai — et à mettre en place un conseil du périscolaire dans l’école d’ici deux semaines.

Les familles dénoncent par ailleurs la « lenteur » des procédures judiciaires et les « conditions d’audition et de prise en charge particulièrement difficiles pour les enfants ». Elles critiquent également le manque de soutien adapté pour les familles, souvent « laissées seules face à des démarches lourdes ». Depuis le début de l’année, les chiffres communiqués par la Ville de Paris sont accablants : 78 agents suspendus dans les écoles de la capitale, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles sur mineurs. À l’école Saint-Dominique, 12 suspensions ont été enregistrées en 2026, dont la moitié pour des faits de violences sexuelles.

Face à l’ampleur du phénomène, Emmanuel Grégoire a annoncé un plan d’action doté de 20 millions d’euros pour le périscolaire. Ce budget doit permettre de renforcer les effectifs, de généraliser la formation des animateurs et de revoir les protocoles de surveillance. « Il y a eu des défaillances structurelles que nous devons corriger immédiatement », a-t-il insisté lors de la réunion, soulignant que ces violences ne relevaient pas uniquement de la justice, mais aussi de l’organisation interne de la Ville.

Grève des animateurs périscolaires et revendications syndicales

Parallèlement aux annonces de la Ville, le mouvement social prend de l’ampleur. Sept syndicats d’animateurs périscolaires ont appelé à une grève du 11 au 22 mai 2026, une mobilisation inédite dans un secteur déjà fragilisé par les suspensions massives. Les professionnels dénoncent les « suspensions systématiques, hormis les suspicions de violences sexistes et sexuelles », et réclament un meilleur accompagnement pour les agents concernés. Leurs revendications portent également sur la réduction des taux d’encadrement, la création de postes spécialisés dans les écoles maternelles, et l’accès généralisé aux formations diplômantes.

Une manifestation est prévue mardi 19 mai devant la direction des affaires scolaires de Paris (Dasco), dans le 4e arrondissement, à partir de 14 heures. Les organisateurs espèrent une forte mobilisation pour faire entendre leurs revendications, alors que le secteur du périscolaire parisien traverse une crise sans précédent. Les syndicats rappellent que les conditions de travail se sont dégradées depuis le début des signalements, certains animateurs se retrouvant suspendus sans préavis ni explication claire.

Un scandale qui dépasse Paris

Si l’école Saint-Dominique cristallise l’attention médiatique, le problème des violences dans le périscolaire s’étend bien au-delà de la capitale. Selon Le Figaro, d’autres villes comme Tours ou Charleville-Mézières sont également touchées par des affaires similaires. Dans les Hauts-de-Seine, huit animateurs ont été suspendus en un mois pour des faits comparables. Ces révélations ont poussé les autorités à envisager des mesures nationales, alors que le gouvernement travaille actuellement sur un plan de refonte des rythmes scolaires et de protection de l’enfance.

Les associations de défense des droits de l’enfant et les collectifs de parents réclament désormais une enquête parlementaire pour faire la lumière sur l’ampleur réelle du phénomène. Elles pointent du doigt les lacunes dans le recrutement, la formation et le contrôle des animateurs périscolaires, un secteur souvent sous-financé et peu encadré. « La situation est grave, mais elle n’est pas une fatalité », a déclaré Emmanuel Grégoire lors de la réunion avec les parents. « Nous allons agir vite, parce que chaque jour compte pour ces enfants. »

Et maintenant ?

La convention citoyenne sur « la protection et les temps de l’enfant à l’école », qui s’ouvre le 18 mai, pourrait servir de cadre à des propositions concrètes pour réformer le périscolaire parisien. Le maire a promis un retour sur place d’ici la mi-juin, après la publication des conclusions de cette concertation. Par ailleurs, les procédures judiciaires engagées contre les animateurs suspendus devraient s’accélérer, mais les familles craignent que les délais n’exposent davantage les enfants à des risques de récidive. Enfin, la mobilisation syndicale pourrait s’intensifier si les revendications des animateurs ne sont pas prises en compte d’ici la fin du mois.

Ce scandale laisse plusieurs questions en suspens : les 20 millions d’euros annoncés suffiront-ils à rétablir la confiance ? Les syndicats parviendront-ils à faire plier la Ville sur leurs revendications ? Et surtout, combien de temps faudra-t-il encore pour que les enfants victimes de ces violences obtiennent justice et réparation ? Les prochaines semaines seront décisives pour répondre à ces interrogations.

Emmanuel Grégoire a annoncé qu’il reviendrait à l’école Saint-Dominique à la mi-juin, après la fin de la convention citoyenne sur la protection de l’enfance, qui débute le 18 mai. Il a également promis la création d’un conseil du périscolaire dans l’établissement d’ici deux semaines. Les familles attendent désormais des mesures concrètes pour éviter de nouveaux dysfonctionnements.