« Sur le cycle, je promets qu’on les battra. » À l’issue de la défaite des Bleues face aux Anglaises (28-43) dimanche 17 mai à Bordeaux, le sélectionneur français François Ratier a affiché une confiance intacte, malgré la série de 18 défaites consécutives contre les championnes du monde en titre. Selon Franceinfo - Sport, l’équipe de France, en reconstruction, a livré une prestation encourageante face à une équipe anglaise pragmatique mais mise sous pression comme rarement.

Ce qu’il faut retenir

  • Les Bleues ont dominé les premières minutes face aux Anglaises, avec 92 % de possession et un essai inscrit dès la 14e minute par Pauline Bourdon Sansus.
  • François Ratier a souligné les progrès tactiques et mentaux de son équipe, malgré la défaite, et vise un titre du Tournoi à moyen terme.
  • La capitaine Manae Feleu et plusieurs joueuses ont salué la fraîcheur et l’engagement d’un groupe remanié, dont Pauline Barrat, révélation du Tournoi 2026, et Anaïs Grando, auteure de cinq essais en cinq matchs.
  • Les Françaises ont concédé des fautes techniques et manqué de patience, permettant aux Anglaises de marquer quatre fois en cinq pénétrations dans leur zone.
  • Les Bleues enchaîneront avec trois test-matchs en Nouvelle-Zélande à l’automne 2026 pour affronter les Black Ferns.

Une performance encourageante face aux championnes du monde

Malgré le score final (28-43), la rencontre au Stade Chaban-Delmas a révélé une équipe de France plus combative que jamais face à l’Angleterre. François Ratier, en poste depuis peu, a insisté sur le projet à long terme, même si l’objectif immédiat reste de remporter un Tournoi dans un avenir proche. « On est là où on veut être au niveau de l’avancée, pas au niveau du résultat », a-t-il déclaré en conférence de presse. Les Bleues, souvent critiquées pour leur manque de régularité, ont montré des signes tangibles de progression.

Le match a confirmé une tendance observée depuis le début du Tournoi : une entrée en matière plus offensive. Contre l’Écosse, les Françaises avaient déjà marqué un essai en première minute, une dynamique reproduite face aux Anglaises. Manae Feleu, capitaine et auteure de l’essai d’ouverture, a salué « l’énergie et l’engagement » d’un groupe rajeuni. « On se pose moins de questions, on met beaucoup plus d’engagement », a-t-elle expliqué à France Télévisions. Cette fraîcheur, combinée à des joueuses expérimentées comme Bourdon Sansus (76 sélections), a permis aux Bleues de tenir tête aux Red Roses pendant de longues périodes.

Des progrès tactiques et mentaux, mais des erreurs coûteuses

François Ratier avait fixé un objectif clair avant le match : « faire douter les Anglaises dès le début, pour enrayer la machine, et une fois que c’est fait, taper là où ça fait mal. » La stratégie a partiellement fonctionné. Les Françaises ont dominé la possession (92 % en première période) et ont forcé les Anglaises à commettre des fautes. Pourtant, leur manque de rigueur dans la gestion des ballons et leur impatience leur ont été fatales. « Il faut qu’on continue à gommer nos erreurs sur les offloads et qu’on soit plus patientes », a reconnu Feleu en conférence de presse. « Sur ce genre de matchs, ça bascule aussi sur le mental. Nos petites erreurs coûtent toujours plus cher contre les championnes du monde. »

Les Anglaises, malgré leur statut de favorites, n’ont pas dominé aussi largement qu’à l’accoutumée. Elles ont concédé un essai en première mi-temps et n’ont pris l’avantage qu’en deuxième période, profitant des faiblesses françaises dans les phases de transition. François Ratier a nuancé : « Elles aussi ont fait des fautes, on les a poussées à la faute mais on n’a pas capitalisé sur deux ou trois occasions en première mi-temps. »

Des joueuses en progression, des révélations et des espoirs

Parmi les satisfactions du match, la performance de Pauline Barrat, arrière toulousaine désignée révélation du Tournoi 2026, et d’Anaïs Grando, ailier clermontoise auteur de cinq essais en cinq matchs. « C’est encourageant, il y a des secteurs sur lesquels on peut avoir de la satisfaction sur la construction de notre Tournoi », a souligné Ratier. La jeunesse du groupe, souvent pointée du doigt, a été un atout. « En défense, on plaque à deux, et le fait d’avoir un peu de jeunesse, un peu de fougue, ça met de l’énergie », a confirmé Bourdon Sansus.

Léa Murie, demi de mêlée toulousaine, a également brillé par son audace, éliminant trois Anglaises avant de servir Bourdon Sansus pour l’essai d’ouverture. « On est sur la bonne voie. Il n’y a plus qu’à repartir au travail en septembre », a-t-elle lancé avec optimisme. Madoussou Fall-Raclot, deuxième ligne, a célébré sa 50e sélection en match, un symbole de la mixité générationnelle du groupe. « L’année prochaine, ce sera différent », a-t-elle promis.

« Bien sûr qu’on est déçus d’avoir perdu. C’est l’équipe de France, on représente notre pays donc si on n’est pas déçus après une défaite, on n’a rien à faire ici. Mais il est hors de question que les joueuses s’apitoient sur leur sort, car elles ont livré une énorme bataille. »
— François Ratier, sélectionneur des Bleues, après le match contre l’Angleterre.

Et maintenant ?

Les Bleues ont désormais trois mois pour peaufiner leur projet avant une série de trois test-matchs en Nouvelle-Zélande à l’automne 2026. Affronter les Black Ferns, classées parmi les meilleures équipes du monde, sera l’occasion de mesurer les progrès accomplis. François Ratier mise sur cette confrontation pour « éprouver les avancées » de son équipe, tout en gardant un œil sur la Coupe du monde 2029. « Le cycle est long, mais on avance dans la bonne direction », a-t-il rappelé. Les joueuses, de leur côté, affichent une détermination sans faille, malgré la frustration de la défaite. « On a senti qu’on pouvait les battre, a conclu Feleu. Il ne reste plus qu’à transformer l’essai. »

Un Tournoi encourageant malgré la série noire

Avec trois défaites en cinq matchs, les Bleues n’ont pas réussi à remporter leur premier Tournoi des Six Nations depuis 2022, mais elles ont laissé entrevoir une lueur d’espoir. Leur jeu, désormais orienté vers le contournement plutôt que la percussion, a déstabilisé l’Angleterre à plusieurs reprises. « On se sent bien dans ce nouveau projet de jeu, on arrive très bien à exprimer notre rugby », a témoigné Manae Feleu. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : contre l’Angleterre, les Françaises ont maintenu une possession supérieure à 60 % pendant la majeure partie du match, un record face aux Red Roses cette saison.

Les prochaines étapes seront cruciales. Les Bleues devront capitaliser sur leur dynamisme offensif et réduire leur nombre de fautes techniques, deux points faibles récurrents. Leur capacité à gérer les moments de pression, comme en première mi-temps face à l’Angleterre, sera déterminante pour convertir l’essai en victoire. François Ratier, lui, reste focalisé sur l’essentiel : « On ne regarde pas le résultat du Tournoi, mais l’évolution du groupe. Et sur ce point, on peut être satisfaits. »

Les Françaises enchaîneront avec trois test-matchs en Nouvelle-Zélande contre les Black Ferns à l’automne 2026, selon Franceinfo - Sport. Ces rencontres serviront de banc d’essai avant la Coupe du monde 2029.

Plusieurs joueuses se sont distinguées, dont Pauline Barrat (arrière toulousaine, révélation du Tournoi), Anaïs Grando (ailier clermontoise, cinq essais en cinq matchs) et Léa Murie (demi de mêlée toulousaine, auteure d’un essai décisif contre l’Angleterre).