Selon BFM Bourse, la banque américaine Citi considère que la montée en puissance de Boursobank – ex-Boursorama, la filiale en ligne de Société Générale – représente un levier majeur pour renforcer la performance boursière du groupe. Dans une note publiée ce mardi 9 juin 2026, l’analyste américain relève son objectif de cours pour l’action Société Générale, passant de 84 à 90 euros, soit un potentiel de progression d’environ 25 %. Boursobank est désormais présentée comme un « élément clé » de la stratégie d’investissement sur le titre, aux côtés des cessions d’actifs et du recentrage géographique menés par la direction.
Ce qu'il faut retenir
- Citi relève l’objectif de cours de Société Générale de 84 à 90 euros, soit un potentiel de 25 % pour l’action.
- Boursobank comptait 8,8 millions de clients fin 2025, contre 600 000 en 2014, avec des dépôts atteignant 46,6 milliards d’euros.
- La néobanque est rentable depuis trois ans et son produit net bancaire a quintuplé en dix ans, passant de 100 à 450 millions d’euros.
- Citi anticipe 10 millions de clients fin 2026 et jusqu’à 15 millions en 2029, avec un bénéfice net approchant 800 millions d’euros à cette échéance.
- L’action Société Générale, en hausse de 156 % en 2025, progresse de 4,24 % en 2026, soit un peu plus que le CAC 40 (+1,44 %).
Un virage stratégique récompensé par les marchés
Depuis deux ans, Société Générale a mené une refonte ambitieuse de son modèle économique, en cédant des activités non stratégiques et en réduisant sa présence dans certains pays. Ces mesures ont permis au groupe de renforcer son ratio de solvabilité CET 1, un indicateur clé pour les investisseurs, tout en améliorant son retour aux actionnaires. Le conseil d’administration a notamment décidé de redistribuer l’excédent de capital lorsque le ratio CET 1 dépasse les 13 %, une politique saluée par les marchés.
Les résultats trimestriels récents ont systématiquement dépassé les attentes des analystes, consolidant la confiance des investisseurs. UBS souligne par ailleurs le rôle du contrôle continu des coûts dans cette dynamique positive. Slawomir Krupa, directeur général du groupe, peut ainsi compter sur plusieurs leviers pour poursuivre l’amélioration des performances financières.
Boursobank, une croissance qui dépasse ses concurrentes
La transformation de Boursorama en Boursobank s’est accompagnée d’une croissance fulgurante. En 2014, la néobanque ne comptait que 600 000 clients. Dix ans plus tard, elle en dénombre 8,8 millions fin 2025, avec des encours de crédits frôlant les 18 milliards d’euros et des dépôts atteignant 46,6 milliards d’euros. Selon Citi, Boursobank devance désormais ses concurrentes directes, qu’il s’agisse de Hello Bank ! et Nickel (BNP Paribas), Monabanq et Fortuneo (Crédit Mutuel), ou encore des nouveaux venus comme Revolut et N26.
Son produit net bancaire a été multiplié par quatre en une décennie, passant de 100 à 450 millions d’euros. Après trois années de rentabilité, la filiale se tourne désormais vers une phase de consolidation, avec pour objectif de doubler voire tripler sa base clientèle à long terme, entre 20 et 25 millions d’utilisateurs.
Une rentabilité en progression grâce à l’IA et à une nouvelle stratégie marketing
Boursobank a longtemps misé sur des offres promotionnelles pour attirer de nouveaux clients, comme des primes à l’ouverture de compte ou des avantages pour les clients actifs. Cette stratégie a permis d’atteindre l’objectif de 8 millions de clients fin 2024. Désormais, la néobanque privilégie la rentabilité en ajustant ses coûts d’acquisition. Les promotions sur les nouveaux comptes ont été suspendues en février 2026 avant un redémarrage progressif en mars, une mesure qui s’est traduite par un bénéfice net de 92 millions d’euros au premier trimestre 2026, en nette progression.
Pour l’avenir, Citi mise sur une stratégie axée sur les services et la monétisation accrue des clients existants. La banque en ligne entend renforcer ses partenariats avec des influenceurs, développer des ventes croisées (courtage, assurances) et exploiter l’intelligence artificielle pour personnaliser ses offres. « Le déploiement de l’IA devrait apporter de l’hyper-personnalisation dans les nouveaux produits proposés aux clients », indique Citi dans sa note.
Des perspectives solides malgré un marché encore sous-équipé
Malgré une adoption croissante des services bancaires en ligne en France, le pays reste en retard par rapport à d’autres nations européennes en termes de densité d’agences et de proportion de clients utilisant ces services. Citi estime que cette marge de progression structurelle joue en faveur de Boursobank. La satisfaction client constitue un autre atout : son application affiche la meilleure note parmi les banques françaises (4,88/5, contre 4,84 pour Revolut), et son « Net Promoter Score » – un indicateur de fidélité – est le plus élevé du secteur.
L’analyste américain souligne également les retombées indirectes de cette croissance, comme l’augmentation des recommandations de clients vers d’autres produits ou la possibilité de réduire les effectifs du réseau traditionnel via des départs naturels. Citi anticipe un bénéfice net pour Boursobank dépassant 300 millions d’euros dès cette année, avant de frôler les 800 millions d’euros en 2029.
Un titre en progression, mais qui reste sous surveillance
En 2026, l’action Société Générale progresse de 4,24 %, un rythme légèrement supérieur à celui du CAC 40 (+1,44 %). Pourtant, ce résultat s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 exceptionnelle, marquée par une hausse de 156 % du titre. Cette performance reflète la confiance des investisseurs dans la stratégie de recentrage du groupe et dans le potentiel de Boursobank. Julien Marion, auteur de la note pour BFM Bourse, rappelle que « le virage de Boursobank vers la rentabilité est désormais un levier reconnu pour soutenir la valorisation de Société Générale ».
Reste à voir si la néobanque parviendra à concilier expansion et profitabilité, tout en maintenant son avance face à une concurrence toujours plus agressive sur le marché des banques en ligne. Une question que les prochains trimestres devraient éclairer.
Selon Citi, la montée en puissance de Boursobank et sa capacité à améliorer les multiples boursiers du groupe ont justifié une révision à la hausse de l’objectif de cours, passé de 84 à 90 euros. La néobanque est désormais considérée comme un « élément clé » de la stratégie d’investissement sur l’action.
Boursobank doit désormais concilier croissance et rentabilité après avoir atteint son objectif de 8 millions de clients fin 2024. La néobanque devra réduire ses coûts d’acquisition, augmenter le taux d’équipement de ses clients et exploiter l’intelligence artificielle pour personnaliser ses offres, tout en maintenant sa position face à des concurrents comme Revolut ou N26.