La communauté médicale internationale marque un tournant dans la reconnaissance du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), désormais rebaptisé syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP). Cette décision, officialisée mardi 12 mai 2026 lors du Congrès européen d’endocrinologie à Prague, en République tchèque, vise à corriger des décennies de diagnostics erronés et de prises en charge inadaptées. Selon Franceinfo - Santé, cette nouvelle appellation, publiée dans The Lancet, reflète enfin la véritable nature de cette pathologie, souvent mal comprise et sous-diagnostiquée.

Ce qu'il faut retenir

  • Première cause d’infertilité féminine : le SMOP touche environ 10 % à 13 % des femmes en âge de procréer, selon l’OMS.
  • Un trouble mal nommé : malgré son ancien nom, cette pathologie ne se caractérise pas par une augmentation des kystes ovariens, mais par un déséquilibre hormonal complexe.
  • Un changement porté par les patientes : l’initiative a été impulsée avec les associations de malades pour améliorer la précision des diagnostics.
  • Une période de transition de trois ans : une phase d’adaptation est prévue pour intégrer cette nouvelle terminologie dans les pratiques médicales.
  • 70 % des femmes atteintes l’ignorent : la méconnaissance de cette pathologie reste un enjeu majeur de santé publique.

Un trouble fréquent, mais longtemps méconnu

Le SMOP, anciennement appelé syndrome des ovaires polykystiques, est la première cause d’infertilité féminine, rappelle l’Inserm. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le décrit comme un « trouble hormonal courant », touchant entre 10 % et 13 % des femmes en âge de procréer. Pourtant, 70 % des femmes atteintes ne savent pas qu’elles en souffrent, en raison d’un manque de sensibilisation et de symptômes parfois discrets. Ameli.fr précise que ce syndrome se manifeste par des cycles menstruels irréguliers, une absence de règles ou des troubles de l’ovulation, parfois accompagnés d’une production excessive d’androgènes, comme la testostérone, pouvant entraîner une hyperpilosité.

Cette méconnaissance a longtemps conduit à des diagnostics tardifs et à des prises en charge inadaptées. « Il était déchirant de constater le diagnostic tardif, la sensibilisation limitée et les soins inadéquats prodigués aux personnes atteintes de cette maladie négligée », a déclaré l’endocrinologue australienne Helena Teede dans un communiqué. Son travail a été déterminant pour faire évoluer la terminologie et la compréhension de cette pathologie.

Une nouvelle appellation pour corriger des décennies d’erreurs

Le changement de nom n’est pas seulement sémantique. Il reflète une réalité médicale longtemps ignorée : le SOPK n’a rien à voir avec une multiplication des kystes ovariens, contrairement à ce que son ancien nom laissait supposer. « Ce que nous savons maintenant, c’est qu’il n’y a en réalité aucune augmentation des kystes anormaux sur l’ovaire, et que les diverses caractéristiques de cette affection étaient souvent sous-estimées », explique Helena Teede. Cette pathologie est en réalité un trouble métabolique et endocrinien complexe, impliquant des déséquilibres hormonaux multiples, d’où sa nouvelle dénomination.

Cette évolution répond à une demande des associations de patientes, qui dénonçaient depuis des années les conséquences de cette méconnaissance. « Ce changement a été impulsé avec et pour les personnes touchées par cette maladie, et nous sommes fiers d’être parvenus à un nouveau nom qui reflète enfin avec précision la complexité de cette pathologie », a souligné Helena Teede. Pour les spécialistes, ce nouveau vocable devrait permettre une meilleure identification des patientes et une prise en charge plus adaptée.

Un enjeu de santé publique à l’échelle mondiale

L’impact du SMOP dépasse largement le cadre de la fertilité. Ce syndrome est associé à un risque accru de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de cancers de l’endomètre, en raison de ses composantes métaboliques. « Les femmes atteintes de SMOP ont souvent une résistance à l’insuline, ce qui aggrave les déséquilibres hormonaux », explique un endocrinologue français sous couvert d’anonymat. Cette dimension métabolique, longtemps ignorée, explique pourquoi les experts ont choisi d’intégrer le terme « métabolique » dans la nouvelle appellation.

Selon les données de l’Assurance-maladie, les symptômes varient considérablement d’une patiente à l’autre. Certains cas se caractérisent par une prise de poids inexpliquée, tandis que d’autres souffrent d’acné sévère ou de chute de cheveux. Ces manifestations, souvent banalisées, peuvent cacher une pathologie sous-jacente. « Il est crucial de ne plus réduire le SMOP à un simple problème de règles irrégulières ou d’infertilité », insiste Helena Teede. « Cette maladie nécessite une approche globale, prenant en compte ses multiples facettes. »

Et maintenant ?

Une période de transition de trois ans s’ouvre désormais pour intégrer cette nouvelle terminologie dans les pratiques médicales. Cette phase inclura « un suivi et une évaluation, la prise en compte des nouvelles données probantes sur les sous-types et l’affinage de la terminologie au fur et à mesure de l’évolution des connaissances scientifiques », précise The Lancet. Les associations de patientes appellent à une formation accrue des professionnels de santé pour éviter que cette transition ne se traduise par des confusions supplémentaires.

Par ailleurs, des recherches sont en cours pour mieux caractériser les différents sous-types de SMOP et affiner les protocoles de diagnostic. « Nous manquons encore de données sur certains profils de patientes, notamment les adolescentes ou les femmes en période de ménopause », note un chercheur de l’Inserm. Ces travaux pourraient permettre, à terme, des traitements plus ciblés et une meilleure qualité de vie pour les femmes concernées.

Si cette réforme terminologique marque une avancée significative, elle ne résout pas à elle seule les défis persistants liés au SMOP. La sensibilisation du grand public et des professionnels de santé reste un impératif. Pour Helena Teede, « ce changement est une première étape, mais il faudra du temps pour inverser des années de méconnaissance ». En attendant, les patientes concernées sont invitées à consulter un endocrinologue ou un gynécologue spécialisé pour un bilan complet.

Reste à voir si cette nouvelle appellation parviendra à s’imposer dans le langage courant et à s’intégrer durablement dans les manuels médicaux. Une chose est sûre : après des décennies d’errance diagnostique, les femmes atteintes de SMOP disposent enfin d’une terminologie à la hauteur de la complexité de leur maladie.

Ce changement vise à corriger une erreur historique : cette pathologie ne se caractérise pas par une augmentation des kystes ovariens, mais par un déséquilibre hormonal et métabolique complexe. L’ancienne appellation, source de confusions, a été remplacée par « syndrome métabolique ovarien polyendocrinien » pour refléter cette réalité, selon les spécialistes.

Une période de transition de trois ans est prévue pour intégrer cette nouvelle terminologie dans les pratiques médicales. Elle inclura la formation des professionnels de santé et l’adaptation des protocoles de diagnostic, comme le précise The Lancet.