Par une soirée d’avril 2026, la capitale ouzbèke de Tachkent a transformé le front de scène du Palais des forums internationaux en une scène ouverte à la musique jazz. Selon Euronews FR, des milliers de personnes se sont rassemblées pour assister aux concerts gratuits du Festival international de jazz, confirmant l’engouement croissant pour cet événement culturel.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Festival international de jazz de Tachkent a accueilli des artistes de toutes les régions du monde, dont Stanley Clarke, Incognito et GoGo Penguin.
  • Les organisateurs soulignent une hausse de la fréquentation et un intérêt grandissant à l’international pour cet événement gratuit en plein air.
  • Le festival, organisé sous l’égide de l’UNESCO, s’inscrit dans une politique d’ouverture culturelle de l’Ouzbékistan depuis 2016.
  • Des spectateurs de tous âges ont répondu présent, mêlant amateurs éclairés et néophytes.
  • La soirée de clôture a mis à l’honneur des musiciens locaux, avec Mansur Tashmatov à leur tête.

Un festival international qui séduit au-delà des frontières

Pour sa dixième édition, le Festival international de jazz de Tachkent a confirmé son statut d’événement phare de la scène musicale centre-asiatique. Selon les organisateurs, la fréquentation n’a cessé de progresser depuis son lancement en 2016, attirant chaque année davantage de visiteurs étrangers. Cette année, le public a pu découvrir des artistes de renom, comme Stanley Clarke, quadruple lauréat des Grammy Awards, ou encore le groupe britannique Incognito, dont le fondateur, Bluey Maunick, saluait la qualité de la production locale.

Le festival s’est ouvert sur une ambiance conviviale, où des familles, des groupes d’amis et des mélomanes solitaires se sont installés dans l’espace dégagé derrière la scène. Des écrans géants encadraient les performances, offrant aux spectateurs une immersion totale dans l’univers des musiciens. Parmi eux, des amateurs de jazz chevronnés côtoyaient des néophytes, tous réunis par la même passion naissante ou confirmée.

Des rencontres qui transcendent les générations

Pour Stanley Clarke, ce festival représente bien plus qu’un simple concert. Lors d’un échange avec Euronews FR, il a partagé son expérience : « À 19 ans, je jouais avec des musiciens plus âgés et j’en ai tiré énormément de leçons. Aujourd’hui, c’est moi le musicien plus âgé : le batteur joue avec moi depuis ses 16 ans, le pianiste depuis ses 18 ans. C’est comme cela que notre musique traverse le temps. »

Dans le public, Muhitdin Jalolov assistait au concert de Clarke avec ses deux petits-fils. « Je voulais leur montrer à quoi ressemble la musique pour l’âme », a-t-il confié. Une transmission intergénérationnelle qui illustre l’un des objectifs du festival : rendre accessible une musique souvent perçue comme élitiste.

Sous la pluie, le public reste fidèle

Un autre moment fort a marqué les esprits : le concert de Gunhild Carling, perturbé par une averse soudaine. Pourtant, personne n’a quitté les lieux. Bluey Maunick, présent dans le public, a salué cette persévérance : « J’ai voyagé dans le monde entier, et ce qui compte avant tout, c’est que les gens soient connectés à ce que vous faites. Quand j’ai vu la foule rester sous la pluie, j’ai su que le courant passerait avec Tachkent. »

Parmi les spectateurs, Saga Almen, une touriste suédoise en voyage culturel en Ouzbékistan, a saisi l’opportunité. « Quand j’ai appris qu’il y avait un festival de jazz à Tachkent, j’ai eu envie d’y aller », a-t-elle expliqué. « J’ai eu la chance d’écouter Gunhild Carling, dont je suis fan depuis l’enfance. » Une rencontre inattendue qui a ajouté une touche personnelle à son séjour.

Un format unique pour un rayonnement international

Le Festival international de jazz de Tachkent est organisé par la Fondation pour le développement de l’art et de la culture d’Ouzbékistan, sous le patronage de l’UNESCO. Son format – concerts gratuits en plein air et programmation internationale – est conçu pour attirer à la fois les artistes et un public diversifié.

Selon la Fondation, cet événement s’inscrit dans une dynamique plus large : « Pour de nombreux musiciens, c’est une occasion unique de présenter leur travail à un public large et divers. Avec le temps, les artistes voient de plus en plus leur participation non pas simplement comme un concert, mais comme un événement culturel à part entière. » L’impact touristique de l’événement suit la même courbe ascendante que sa notoriété.

Tachkent, une ville où la musique fédère

Pour Tony Momrelle, chanteur d’Incognito, cette édition a confirmé l’accueil chaleureux réservé aux artistes. « Mon parcours musical m’a fait voyager partout dans le monde et rencontrer des personnes et des cultures magnifiques », a-t-il déclaré. « Mais ce sont les habitants qui font une ville, et à Tachkent les gens ne nous ont témoigné que de l’amour. » Une reconnaissance qui va bien au-delà des simples applaudissements.

Madina Azimova, professeure de piano à la retraite, incarne cette fidélité au festival. « Les premières années, je venais seule, mais maintenant je viens avec des amis rencontrés ici », explique-t-elle. « Pour nous, le printemps rime désormais avec festival de jazz. Je connais beaucoup d’artistes internationaux, mais chaque année je découvre aussi des groupes locaux. »

Et maintenant ?

Le Festival international de jazz de Tachkent devrait poursuivre sa croissance, avec une programmation qui pourrait s’élargir à de nouveaux artistes issus d’Afrique ou d’Amérique latine. Pour 2027, les organisateurs évoquent déjà des collaborations avec des festivals européens, dans l’objectif d’en faire un rendez-vous incontournable sur la carte mondiale du jazz. Reste à voir si cette dynamique se maintiendra, mais une chose est sûre : l’Ouzbékistan mise sur la culture pour renforcer son attractivité.

Ce festival confirme ainsi le rôle clé joué par l’art dans la diplomatie culturelle d’un pays en pleine ouverture. Comme l’a résumé Bluey Maunick : « La musique divertit, soigne et enseigne. Pour continuer à créer, il faut de nouvelles expériences. Pour nous, en voilà une. »

La soirée de clôture du Festival international de jazz de Tachkent 2026 a été entièrement consacrée aux musiciens ouzbeks, sous la direction de Mansur Tashmatov, Artiste du peuple d’Ouzbékistan.

Le festival a été lancé en 2016, année où l’Ouzbékistan a initié une politique d’ouverture accrue aux échanges internationaux dans les domaines du tourisme, de la diplomatie et de la culture.