Le président Emmanuel Macron a officialisé, lors du sommet Choose France organisé à Versailles le 1er juin 2026, l’engagement de la France dans deux missions spatiales privées. Ces expéditions, prévues pour 2027, verront Thomas Pesquet et Arnaud Prost, tous deux astronautes de l’Agence spatiale européenne (ESA), prendre part à des vols financés par le secteur privé, une première pour le pays, selon Courrier International.

Ce qu'il faut retenir

  • Thomas Pesquet commandera la première mission habitée de l’entreprise Vast vers la Station spatiale internationale (ISS) en 2027, à bord d’une fusée SpaceX Crew Dragon.
  • Arnaud Prost participera à un second vol, cette fois en direction de Haven-1, la première station spatiale privée au monde, également développée par Vast.
  • Chaque mission est prévue pour durer environ deux semaines, avec un départ depuis la Terre par une fusée SpaceX.
  • La station Haven-1, dont le lancement est annoncé pour début 2027, se présentera comme une version compacte et moderne de l’ISS, entièrement financée et construite par Vast.
  • Max Haot, PDG de Vast, souligne que cet accord « renforce l’engagement de l’entreprise à lancer et exploiter la première station spatiale commerciale au monde ».

Deux astronautes français au cœur de la nouvelle ère spatiale

Thomas Pesquet, déjà connu pour ses deux missions de plus de six mois à bord de l’ISS, endossera le rôle de commandant lors de la première expédition privée de Vast. Le décollage est prévu en 2027, avec un amarrage à l’ISS avant un retour sur Terre. De son côté, Arnaud Prost, en première expérience spatiale, prendra part à une mission à destination de Haven-1, la station que Vast construit actuellement en orbite basse, comme le rapporte Space News.

Ces missions s’inscrivent dans un contexte où l’espace devient progressivement un terrain d’action pour les acteurs privés. Depuis plusieurs années, des entreprises comme Axiom Space, Blue Origin ou encore Airbus rivalisent pour développer des stations commerciales avant la fin annoncée de l’ISS, prévue pour 2030. « La prochaine grande percée du spatial, ce n’est pas d’y aller, mais d’y rester », résume Kris Young, directeur des opérations chez Vast, cité par L’Echo.

Haven-1, une station spatiale privée au design innovant

La station Haven-1, dont le lancement est annoncé pour le premier trimestre 2027, se distingue par son approche alliant fonctionnalité et luxe. Conçue par l’entreprise californienne Vast, fondée en 2021 par le cryptomillionnaire Jed McCaleb, elle se veut une version compacte et contemporaine de l’ISS. « Les premiers voyageurs privés pourront embarquer dès 2027 », indique Hillary Coe, responsable du design chez Vast, soulignant le caractère résolument moderne des aménagements : bois, cuir de veau, et même un « duvet spatial » — une couverture gonflable conçue pour exercer une pression uniforme sur le corps.

L’entreprise a déjà réalisé plusieurs essais en orbite, comme le retour en janvier 2026 du satellite Haven Demo après trois mois dans l’espace. Max Haot, PDG de Vast, s’est dit « honoré que la France ait choisi Vast pour ces missions historiques », précisant que cet accord « confirme l’ambition spatiale de la France » et « renforce l’engagement de Vast à lancer et à exploiter la première station spatiale commerciale au monde ».

Une compétition internationale pour les stations commerciales

La course aux stations spatiales privées s’intensifie alors que la communauté internationale prépare la fin de l’ISS, dont la désorbitation est prévue pour 2030. Plusieurs acteurs se positionnent sur ce marché émergent. Axiom Space, par exemple, a déjà annoncé son intention de lancer des modules commerciaux dès 2026, tandis que Blue Origin, avec son projet Orbital Reef, et Airbus avec sa participation au projet Starlab, comptent parmi les principaux concurrents de Vast.

Selon L’Echo, ces initiatives marquent un tournant dans l’histoire spatiale : « Des acteurs comme Vast, Axiom Space, Blue Origin et Airbus veulent être les premiers à rendre opérationnelles des stations commerciales ». Cette dynamique reflète une volonté croissante de privatiser l’accès à l’orbite terrestre, réduisant ainsi la dépendance aux budgets publics et ouvrant la voie à une économie spatiale diversifiée.

« La prochaine grande percée du spatial, ce n’est pas d’y aller, mais d’y rester. »
— Kris Young, directeur des opérations chez Vast, cité par L’Echo

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront du calendrier de Vast, dont le lancement de Haven-1 est attendu pour début 2027. Si les missions des deux astronautes français sont confirmées, elles pourraient marquer le début d’une nouvelle ère de coopération entre les agences spatiales publiques et les entreprises privées. Reste à voir si le secteur parviendra à attirer suffisamment de financements et de voyageurs pour rentabiliser ces infrastructures, alors que la liste d’attente pour des séjours dans l’espace s’allonge déjà.

Un enjeu stratégique pour l’Europe et la France

L’implication de Thomas Pesquet et Arnaud Prost dans ces missions privées s’inscrit dans une stratégie plus large visant à positionner la France et l’Europe comme des acteurs majeurs du spatial. Lors du sommet Choose France, Emmanuel Macron a souligné que cet accord « confirme l’ambition spatiale de la France », dans un contexte où les États-Unis et la Chine dominent déjà le secteur. « C’est une opportunité pour notre pays de jouer un rôle clé dans cette nouvelle économie de l’espace », a-t-il déclaré.

Pour l’ESA, ces missions représentent également une occasion de renforcer ses partenariats avec le secteur privé, tout en continuant à envoyer ses astronautes dans l’espace. Arnaud Prost, en particulier, deviendra le troisième Français à voler vers une station spatiale après Pesquet et Sophie Adenot, qui a rejoint l’ISS en février 2026. Autant dire que l’espace reste un terrain où la France entend bien marquer sa présence.

L’accord signé entre le gouvernement français et Vast n’a pas révélé le montant exact des financements publics impliqués. Cependant, selon Courrier International, le coût global des missions, incluant les billets de fusée SpaceX, sera pris en charge par le secteur privé dans le cadre d’un partenariat public-privé. Les détails financiers restent confidentiels pour l’instant.

Haven-1 se veut une version plus compacte et moderne de l’ISS, entièrement conçue et financée par le privé. Contrairement à l’ISS, dont la gestion est partagée entre plusieurs agences spatiales, Haven-1 sera une infrastructure 100 % commerciale. Son design mise sur des matériaux terrestres (bois, cuir) et des aménagements luxueux, comme un « duvet spatial » pour améliorer le confort des voyageurs.