Un test urinaire développé par des chercheurs suédois, britanniques et chinois pourrait bien révolutionner le dépistage du cancer de la prostate. Selon Top Santé, cette innovation se présente comme une alternative bien plus fiable que l’actuel dosage du PSA, souvent critiqué pour ses résultats trop souvent faussement positifs ou négatifs.
Ce qu'il faut retenir
- Des équipes internationales de chercheurs (Suède, Royaume-Uni, Chine) ont mis au point un test urinaire pour dépister le cancer de la prostate.
- Ce test vise à améliorer la fiabilité par rapport au dosage du PSA (Antigène Spécifique de la Prostate), dont les limites sont régulièrement pointées du doigt.
- Les scientifiques soulignent son potentiel pour réduire les biopsies inutiles et les surdiagnostics.
- La question de son accès aux patients français reste entière, aucun calendrier précis n’étant encore fixé.
Un outil moins invasif et plus précis que le PSA
Le dosage du PSA, utilisé depuis des décennies pour dépister le cancer de la prostate, présente deux écueils majeurs. D’une part, il génère de nombreux faux positifs, conduisant à des biopsies et des traitements inutiles, parfois lourds pour les patients. D’autre part, il peut aussi passer à côté de certains cancers agressifs. « Le PSA reste un marqueur imparfait, qui ne permet pas de distinguer les tumeurs indolentes des cancers agressifs », a expliqué le Pr. Anders Bjartell, urologue et chercheur à l’Université de Lund en Suède, cité par Top Santé.
Le nouveau test urinaire, en revanche, s’appuierait sur la détection de biomarqueurs spécifiques associés à la présence d’un cancer de la prostate. Selon les premières études publiées, sa sensibilité et sa spécificité seraient significativement supérieures à celles du PSA. « Les résultats préliminaires montrent une réduction de 30 % des biopsies inutiles », a précisé le chercheur britannique. Une avancée majeure si ces chiffres sont confirmés à plus grande échelle.
Des chercheurs internationaux unis pour une même cause
L’équipe à l’origine de cette innovation est pluridisciplinaire et internationale. Elle réunit des experts en urologie, en génétique et en biologie moléculaire issus de trois pays : la Suède, le Royaume-Uni et la Chine. Leurs travaux, publiés dans plusieurs revues scientifiques, ont été menés en collaboration avec des laboratoires spécialisés dans l’analyse des fluides biologiques.
Côté calendrier, les chercheurs restent prudents. « Nous en sommes encore à la phase de validation clinique », a indiqué le Pr. Bjartell. Les essais sur des cohortes plus larges sont en cours, et les résultats définitifs ne sont pas attendus avant 2027. Une fois cette étape franchie, il faudra encore obtenir les autorisations des agences sanitaires, comme l’Agence européenne du médicament (EMA) ou la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis, avant une éventuelle commercialisation.
Quelles perspectives pour les patients français ?
À ce stade, aucune date n’a été avancée pour une éventuelle disponibilité en France. Les négociations avec les autorités sanitaires et les discussions sur le remboursement par l’Assurance maladie pourraient prendre plusieurs années. En attendant, le dosage du PSA reste la référence, même s’il est perfectible.
« Il faudra encore attendre pour savoir si ce test urinaire deviendra un outil de dépistage de routine », a rappelé le Pr. Bjartell. En France, comme ailleurs, la prudence est de mise. Les professionnels appellent à ne pas abandonner les méthodes actuelles, mais à voir dans cette innovation une piste sérieuse pour l’avenir.
Reste une question ouverte : comment les systèmes de santé, déjà sous tension, parviendront-ils à intégrer cette nouvelle technologie sans alourdir davantage les dépenses ? La réponse dépendra des choix politiques et des arbitrages budgétaires des années à venir.
Le test urinaire détecte des biomarqueurs spécifiques liés au cancer de la prostate, contrairement au PSA qui mesure une protéine générale. Il vise à réduire les faux positifs et les biopsies inutiles, tout en améliorant la détection des cancers agressifs.
Les essais cliniques se poursuivent jusqu’en 2027 au moins. Une commercialisation en France n’est donc pas envisageable avant plusieurs années, le temps d’obtenir les certifications et de négocier son remboursement.