Près d’un quart des ménages français renonceront aux vacances cet été, révèle une enquête menée par le Secours populaire en collaboration avec Ipsos. Les résultats, dévoilés ce vendredi 12 juin 2026, à l’occasion des 90 ans de l’instauration des congés payés, mettent en lumière les profondes inégalités d’accès aux loisirs et aux déplacements pendant la période estivale.

Ce qu'il faut retenir

  • **25 % des familles françaises** ne partiront pas en vacances cet été, selon l’enquête du Secours populaire et Ipsos.
  • Cette situation est liée à des **difficultés financières**, qui touchent particulièrement les ménages modestes.
  • L’enquête est publiée à l’occasion des **90 ans des congés payés**, une date symbolique pour rappeler l’accès inégal aux loisirs.
  • Les **inégalités territoriales** et sociales persistent, malgré les avancées législatives historiques.
  • Le Secours populaire souligne que **1 Français sur 3** a déjà renoncé à des vacances pour des raisons économiques.

Pour réaliser cette étude, le Secours populaire et Ipsos ont interrogé un échantillon représentatif de la population française. Les résultats confirment une tendance de fond : les vacances restent un luxe inaccessible pour une part importante de la population. « Les congés payés ne suffisent pas à garantir un accès égal aux vacances », a déclaré un porte-parole de l’association. Cette situation reflète les disparités économiques persistantes dans le pays, où le pouvoir d’achat reste un frein majeur pour des millions de ménages.

Des disparités économiques criantes

Les chiffres révèlent que les ménages les plus modestes sont les plus touchés par cette exclusion des vacances. Selon l’enquête, **40 % des familles gagnant moins de 1 500 euros par mois** ne partiront pas, contre seulement **5 % des ménages gagnant plus de 3 500 euros**. « Les vacances sont devenues un marqueur des inégalités sociales », a expliqué une sociologue interrogée par Libération. « Le coût des déplacements, de l’hébergement et des activités pèse lourdement sur les budgets des plus précaires. »

Les inégalités ne sont pas seulement économiques, mais aussi territoriales. Les habitants des zones rurales et des quartiers prioritaires sont particulièrement concernés. « Les déserts médicaux et l’absence de transports en commun adaptés aggravent la situation », a souligné un responsable local du Secours populaire. « Sans voiture ou sans réseau de trains, les options pour partir sont limitées, voire inexistantes. »

Un symbole : les 90 ans des congés payés

L’enquête est publiée à l’occasion des 90 ans des congés payés, instaurés en 1936 sous le Front populaire. Un anniversaire qui rappelle que le droit aux vacances, bien que reconnu, reste inégalement appliqué. « Les congés payés ont été une avancée majeure, mais ils ne suffisent pas à garantir des vacances pour tous », a rappelé un historien spécialiste du droit social. « Aujourd’hui, le débat porte sur l’accès réel à ce droit, et non plus seulement sur son existence. »

Cette date symbolique interroge aussi sur l’évolution des politiques publiques. Si les aides au départ (chèques-vacances, dispositifs régionaux) existent, leur impact reste limité face à l’ampleur des besoins. « Les dispositifs actuels ne couvrent pas l’ensemble des ménages en difficulté », a indiqué un représentant du Secours populaire. « Il faut repenser les politiques de solidarité pour que les vacances ne soient plus un privilège. »

Et maintenant ?

Pour les mois à venir, le Secours populaire et ses partenaires appellent à un renforcement des aides ciblées. Une proposition de loi pourrait être déposée à l’automne pour élargir l’accès aux chèques-vacances, notamment pour les familles monoparentales et les travailleurs précaires. Reste à voir si cette initiative sera suivie d’effets concrets, alors que les tensions budgétaires persistent au niveau national.

Cette enquête rappelle que les congés payés, bien qu’historiquement une avancée sociale majeure, ne garantissent pas une égalité réelle dans l’accès aux vacances. Un défi qui dépasse le simple cadre législatif pour interroger les fondements mêmes de la solidarité en France.

Plusieurs aides existent, comme les chèques-vacances (accessibles via les entreprises ou certaines collectivités), les dispositifs régionaux (comme les bons vacances en Île-de-France) ou les aides des caisses d’allocations familiales. Cependant, leur accès reste souvent complexe pour les ménages les plus précaires, et leur montant couvre rarement l’intégralité des dépenses.