Le spécialiste français des vaccins contre les maladies infectieuses Valneva a revu à la baisse ses objectifs de chiffre d’affaires pour 2026, selon BFM Bourse. La société évoque une « tendance émergente défavorable dans l’adoption des vaccins du voyage sur ses principaux marchés », directement liée à des facteurs géopolitiques. Cette annonce a provoqué une forte volatilité sur son titre à la Bourse de Paris ce mercredi 13 mai 2026.

Selon BFM Bourse, Valneva a également publié des résultats du premier trimestre jugés « décevants » par les analystes, avec un chiffre d’affaires en chute de 37,2 % à 30,9 millions d’euros, loin des 44,9 millions d’euros attendus par le consensus. Malgré ce contexte difficile, la société met en avant une amélioration de sa trésorerie et une restructuration en cours pour optimiser ses opérations.

Ce qu'il faut retenir

  • Chute du chiffre d’affaires au T1 2026 : -37,2 % à 30,9 M€, contre 44,9 M€ attendus.
  • Baisse des ventes de produits propres : 30,5 M€, contre 47 M€ anticipés.
  • Révisions à la baisse des prévisions 2026 : entre 135 M€ et 150 M€ pour les ventes de produits (contre 145-160 M€ précédemment).
  • Perte de rentabilité : résultat brut d’exploitation négatif à -18 M€ (consensus à -9 M€).
  • Amélioration de la trésorerie : 168,3 M€ à fin mars 2026, hors levée de fonds de 37 M€ fin avril.
  • Réorganisation en cours : réduction de 10 à 15 % des effectifs et baisse de 25 à 35 % des charges opérationnelles prévues en 2026.
  • Projets cliniques toujours en cours : dépôt du dossier VLA15 (maladie de Lyme) prévu en 2026 auprès de la FDA et de l’EMA.
  • Volatilité accrue sur l’action : après une hausse de 14 % en début de semaine, le titre recule de 1,1 % en séance.

Un premier trimestre marqué par un net recul des revenus

Les résultats du premier trimestre 2026 de Valneva, publiés ce 13 mai, révèlent une baisse marquée de son activité commerciale. Le chiffre d’affaires global s’élève à 30,9 millions d’euros, en baisse de 37,2 % par rapport à la même période en 2025. Les analystes d’Allinvest Securities qualifient ces résultats de « décevants », d’autant que les attentes du marché étaient bien plus élevées, avec un consensus à 44,9 millions d’euros.

Les ventes de produits sous licence de Valneva chutent également, passant de 47 millions d’euros attendus à seulement 30,5 millions d’euros. Cette baisse s’explique en partie par l’effondrement des ventes de produits tiers, désormais quasi nulles, ainsi que par un décalage dans les livraisons de son vaccin contre l’encéphalite japonaise, Ixiario, au Département américain de la défense. Ce produit, utilisé par l’armée américaine en Asie du Sud-Est depuis 2010, a vu ses livraisons retardées.

Dukoral et Ixiario, deux vaccins en difficulté

Parmi les produits phares de Valneva, le Dukoral, son vaccin contre le choléra, enregistre une baisse de 30 % sur un an, avec des ventes s’élevant à 8,6 millions d’euros. Cette contraction s’explique par une base de comparaison difficile, liée à des ventes ponctuelles exceptionnelles à Mayotte lors d’une épidémie en 2025. À cela s’ajoute le changement de distributeur en Allemagne en janvier 2026, qui a perturbé les ventes locales.

Côté rentabilité, Valneva affiche un résultat brut d’exploitation négatif de 18 millions d’euros, un chiffre bien supérieur aux -9 millions d’euros anticipés par le consensus de Stifel. Selon Oddo BHF, cette dégradation s’explique par une « forte détérioration des marges brutes », liée à des éléments exceptionnels comme des dépréciations de stocks ou des coûts de transfert de production.

Trésorerie en amélioration, mais des défis structurels persistent

Malgré ce tableau contrasté, Valneva peut se prévaloir d’une amélioration de sa trésorerie. À fin mars 2026, celle-ci atteint 168,3 millions d’euros, en hausse par rapport aux 109,7 millions d’euros enregistrés à fin décembre 2025. Ce niveau ne prend cependant pas en compte les 37 millions d’euros levés fin avril 2026.

Pour Allinvest Securities, « le principal point positif de la publication réside dans la forte amélioration de la consommation de trésorerie d’exploitation, ramenée à 0,3 million d’euros au premier trimestre 2026, contre 8,1 millions d’euros un an plus tôt ». La société continue ainsi de « discipliner sa structure de coûts alors même que la dynamique commerciale court terme devient moins porteuse ».

Prudence accrue pour 2026 : géopolitique et réorganisation en toile de fond

Face à un environnement commercial moins favorable, Valneva a décidé de revoir à la baisse ses prévisions pour l’année 2026. La société anticipe désormais un chiffre d’affaires global compris entre 145 et 160 millions d’euros, contre une fourchette précédente de 155 à 170 millions d’euros. Cette révision s’explique par une « tendance émergente défavorable dans l’adoption des vaccins du voyage sur ses principaux marchés », elle-même liée à des facteurs géopolitiques.

Pour compenser ce ralentissement, Valneva a annoncé un plan de réorganisation visant à optimiser ses opérations. Celui-ci inclut une réduction de 10 à 15 % de ses effectifs à l’échelle mondiale. Ces mesures devraient permettre de réduire les charges opérationnelles de 25 à 35 % en 2026 par rapport à 2025, selon les estimations du groupe.

Les projets cliniques restent le principal levier stratégique

Malgré les difficultés commerciales, Valneva mise sur ses programmes cliniques pour relancer sa croissance. Le groupe rappelle que son partenaire Pfizer a confirmé son intention de déposer les dossiers réglementaires concernant VLA15, son candidat-vaccin contre la maladie de Lyme, auprès de la Food and Drug Administration (FDA) et de l’Agence européenne du médicament (EMA) en 2026.

Selon Stifel, « la FDA devrait mettre 60 jours pour décider d’accepter ou non le dossier en vue de son examen, période qui sera suivie d’une phase d’examen standard d’environ 10 mois ». La visibilité sur une éventuelle approbation est donc attendue pour « fin juillet ou août 2026 ».

« Le dossier Lyme reste le principal levier de création de valeur », a déclaré Allinvest Securities. De son côté, Stifel estime que « VLA15 conserve une trajectoire crédible vers l’autorisation de la FDA sur la base des données de phase III ».

Par ailleurs, Valneva progresse sur d’autres fronts. Au Brésil, une campagne de vaccination pilote avec Ixchiq est déjà en cours, et l’Instituto Butantan a obtenu l’autorisation de fabriquer localement une version du vaccin. Le groupe travaille également sur S4V2, un candidat-vaccin contre la shigellose, dont les premiers résultats de phase II sont attendus pour mi-2026.

Une action sous forte tension après l’avertissement sur les ventes

À la Bourse de Paris, le titre Valneva a connu une séance particulièrement volatile ce 13 mai 2026. Après une ouverture en baisse, l’action a finalement rebondi pour afficher une hausse de 1,1 % vers 10h30, atteignant environ 10 €. Cette performance intervient après une semaine marquée par une spéculation autour des vaccins contre l’hantavirus, un virus transmis par les rongeurs.

Selon BFM Bourse, plusieurs valeurs liées à la période Covid-19, comme Biosynex (+43 %), Novacyt (+68 %) ou Euromedis Groupe (+15 %), avaient déjà profité de cet engouement. Même Moderna, spécialiste américain des vaccins, avait vu son action bondir de 12 % avant de refluer en fin de séance, dans un contexte de collaboration avec l’armée américaine pour un vaccin contre l’hantavirus.

Et maintenant ?

La visibilité de Valneva reste « plus prudente » pour les mois à venir, comme le souligne Oddo BHF, mais ses « catalyseurs stratégiques sont préservés ». Les prochaines étapes clés seront le dépôt du dossier VLA15 auprès des autorités sanitaires en 2026 et les résultats de phase II pour S4V2 attendus mi-2026. La société devra également démontrer l’efficacité de sa réorganisation pour améliorer sa rentabilité à moyen terme.

Pour les investisseurs, la question centrale reste celle de la capacité de Valneva à concilier restructuration et développement de ses projets cliniques, dans un contexte géopolitique et commercial toujours incertain.

En définitive, si le premier trimestre 2026 confirme les défis auxquels Valneva est confrontée, le groupe mise sur ses atouts scientifiques et ses ajustements opérationnels pour traverser cette période de turbulence.

Valneva a abaissé ses prévisions de chiffre d’affaires pour 2026 en raison d’une « tendance émergente défavorable dans l’adoption des vaccins du voyage sur ses principaux marchés », directement liée à des facteurs géopolitiques selon BFM Bourse.

Les principaux projets incluent VLA15 (maladie de Lyme), dont le dossier réglementaire doit être déposé en 2026, Ixchiq (vaccin contre l’encéphalite japonaise) en développement au Brésil, et S4V2 (candidat-vaccin contre la shigellose), avec des résultats de phase II attendus mi-2026.