L’arrivée prochaine à Téhéran du général pakistanais Qamar Javed Bajwa, considéré comme l’homme fort d’Islamabad, intervient dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, où les équilibres géopolitiques semblent se redessiner. Selon BMF - International, cette visite officielle, prévue dans les prochains jours, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des liens entre le Pakistan et l’Iran, deux pays voisins dont les relations avaient été mises à mal ces dernières années. Autant dire que cette rencontre ne passe pas inaperçue, alors que la région reste sous le feu des projecteurs en raison des crises multiples qui la traversent.
Ce qu'il faut retenir
- Le général Qamar Javed Bajwa, chef de l’armée pakistanaise et figure dominante de la politique intérieure, doit se rendre à Téhéran dans les prochains jours.
- Cette visite survient alors que les tensions entre l’Iran et ses voisins, ainsi que les puissances occidentales, s’exacerbent au Moyen-Orient.
- Les négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis, déjà au point mort, et les craintes d’une escalade militaire alimentent un climat d’incertitude.
- Le Pakistan, traditionnellement proche des États-Unis et de l’Arabie saoudite, cherche à jouer un rôle d’apaisement dans la région.
Selon BMF - International, la visite de Bajwa à Téhéran s’inscrit dans une volonté affichée de désamorcer les tensions et de favoriser un dialogue entre les deux pays, malgré leurs divergences historiques. Le général, qui cumule les fonctions de chef d’état-major des armées et d’influenceur politique au Pakistan, devrait aborder plusieurs sujets sensibles, dont la question de la sécurité des frontières, le commerce transfrontalier, et les tensions liées à l’influence iranienne au Pakistan, notamment auprès de la minorité chiite. Cette démarche s’ajoute à une série d’initiatives diplomatiques récentes, comme les discussions trilatérales entre Islamabad, Téhéran et Kaboul sur la gestion des groupes armés transnationaux.
Un contexte régional explosif
La rencontre intervient alors que le Moyen-Orient reste un foyer de tensions multiples. D’après BMF - International, les négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis, relancées en début d’année, « patinent » depuis plusieurs semaines, comme l’a confirmé un haut responsable diplomatique cité par la source. Parallèlement, la réorganisation rapide du dispositif militaire iranien, qualifiée d’« impressionnante » par des analystes, alimente les craintes d’une nouvelle escalade. Israël, de son côté, redoute une attaque surprise de Téhéran, une hypothèse prise au sérieux par les services de renseignement occidentaux, alors que les exercices militaires iraniens se multiplient près du détroit d’Ormuz, une zone stratégique pour le transit pétrolier.
Sur le plan international, les déclarations des responsables américains et européens se font de plus en plus fermes. L’ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, John Bolton, a réitéré son opposition à la stratégie de Donald Trump, qu’il juge « inepte » et « dangereuse » pour la stabilité régionale. Bolton a notamment critiqué l’absence de consultation des alliés américains avant toute prise de décision, tout en réclamant la « libération » du détroit d’Ormuz, un objectif qui rappelle les tensions passées avec l’Iran. Ces propos interviennent alors que Marco Rubio, sénateur américain, a évoqué la « déception » de Donald Trump « face à certains alliés » de l’OTAN, une allusion aux pays européens qui, selon lui, ne soutiennent pas suffisamment Washington dans sa posture au Moyen-Orient.
Le rôle ambigu du Pakistan dans l’équation régionale
Pour Islamabad, cette visite à Téhéran représente un pari audacieux. Le Pakistan, qui entretient des relations complexes avec l’Iran – entre coopération économique et rivalités sécuritaires –, tente de se positionner comme un médiateur crédible. Le général Bajwa, dont l’influence sur le premier ministre Shehbaz Sharif est souvent soulignée, pourrait ainsi proposer un cadre de discussion incluant également l’Arabie saoudite, principal rival régional de l’Iran. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à diversifier les partenariats du Pakistan, traditionnellement aligné sur Washington et Riyad, sans pour autant rompre avec eux. « Le Pakistan ne peut se permettre de choisir un camp de manière définitive », a déclaré un analyste basé à Islamabad, cité par BMF - International.
Côté iranien, cette visite est perçue comme une opportunité de briser l’isolement diplomatique croissant du régime. Depuis plusieurs mois, Téhéran fait face à une pression accrue de la part des États-Unis et de leurs alliés, notamment après le renforcement des sanctions économiques et les accusations d’ingérence dans les affaires internes de plusieurs pays de la région. La réouverture du détroit d’Ormuz, évoquée à plusieurs reprises ces dernières semaines, reste un sujet de crispation majeure. « L’OTAN observe la situation, mais n’est pas impliquée », a précisé le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, lors d’une conférence de presse récente, confirmant ainsi la prudence des Européens face à une escalade militaire directe.
Cette visite s’ajoute à une séquence diplomatique intense au Moyen-Orient, où chaque initiative est scrutée à la loupe. Alors que les tensions entre l’Iran et Israël, ainsi qu’entre Téhéran et les États-Unis, risquent de s’aggraver, le rôle du Pakistan pourrait devenir un facteur clé dans la recherche d’un équilibre fragile. Autant dire que l’enjeu dépasse largement les frontières de ces deux pays.
Le général Qamar Javed Bajwa, chef de l’armée pakistanaise depuis 2016, a acquis une influence majeure dans la politique intérieure du pays, notamment après le renversement du gouvernement d’Imran Khan en 2022. Son rôle dans les décisions stratégiques, combiné à son contrôle sur les forces armées, en fait une figure centrale du paysage politique pakistanais, souvent perçue comme le véritable décideur en coulisses.