Le crâne de la sainte Zdislava de Lemberk, conservé depuis des siècles dans une église du nord de la République tchèque, a été dérobé mardi après-midi par un inconnu qui a brisé son reliquaire avant de prendre la fuite. Selon Le Figaro, les autorités locales évoquent des dommages « incalculables » pour le patrimoine religieux, tandis que la police a diffusé des images floues de l’auteur présumé du vol, vêtu de noir et portant des chaussures blanches. La disparition de cette relique, vénérée par des pèlerins depuis plus de 750 ans, intervient moins de trois mois après la nomination de l’archevêque Stanislav Pribyl à la tête du diocèse de Litoměřice, dont dépend la basilique de Jablonné v Podjestedí.

Ce qu’il faut retenir

  • Le crâne de Zdislava de Lemberk (1220-1252), canonisée en 1995 par le pape Jean-Paul II, a été volé mardi après-midi dans la basilique Saint-Laurent-et-Sainte-Zdislava de Jablonné v Podjestedí.
  • Un inconnu a brisé le reliquaire en verre avant de s’enfuir, causant des dégâts « historiques » selon la police tchèque.
  • La police a publié des images de faible qualité montrant l’auteur présumé vêtu de noir et portant des chaussures blanches.
  • La valeur pécuniaire du crâne est en cours d’expertise, mais sa valeur historique est jugée « incalculable » par les autorités.
  • L’archevêque Stanislav Pribyl a qualifié l’affaire de « dévastatrice » et a exprimé son incompréhension face à un vol commis en plein jour dans une église.

Le vol a été commis entre 16 heures et 17 heures GMT mardi, dans la basilique dédiée à la sainte, située dans le nord de la République tchèque. D’après les premières constatations, l’individu aurait fracturé le reliquaire en verre contenant le crâne avant de s’éclipser sans laisser de trace. La porte-parole de la police tchèque, Dagmar Sochorová, a confirmé à Le Figaro que l’enquête se concentrait sur des images de surveillance de « faible qualité », où l’on distingue un homme vêtu de noir et portant des chaussures blanches. « Un inconnu a brisé le reliquaire dans lequel le crâne était conservé et a pris la fuite », a-t-elle précisé.

La disparition de cette relique, objet de vénération pour des générations de pèlerins, intervient dans un contexte où le diocèse de Litoměřice, dirigé par l’archevêque Stanislav Pribyl, cherche à préserver et mettre en valeur le patrimoine religieux local. Nommé à son poste en février 2026, Mgr Pribyl a qualifié la nouvelle de « dévastatrice ». « C’était l’objet de la vénération des pèlerins se rendant à Jablonné, où Zdislava a vécu et œuvré il y a plus de 750 ans », a-t-il déclaré. Il a ajouté, dans un élan de stupéfaction : « Je n’arrive pas à croire que quelqu’un commette un vol en plein jour pour dérober dans une église une relique dont la valeur est avant tout historique. »

Une relique au cœur d’une tradition séculaire

Zdislava de Lemberk, femme de l’aristocratie tchèque du XIIIe siècle, est connue pour ses actes de charité et de miséricorde envers les plus démunis. Canonisée par le pape Jean-Paul II en 1995, elle est considérée comme l’une des figures les plus emblématiques de la région de Bohême. Son crâne, conservé dans un reliquaire depuis des siècles, attirait chaque année des fidèles venus de toute l’Europe centrale. Placé sur un autel dans une chapelle latérale de la basilique, il était devenu un symbole de spiritualité et de tradition pour les habitants de Jablonné v Podjestedí.

La basilique Saint-Laurent-et-Sainte-Zdislava, où le vol a été commis, est un édifice historique dont l’origine remonte au Moyen Âge. Elle abrite plusieurs reliques et œuvres d’art religieux, mais le crâne de Zdislava de Lemberk occupait une place centrale dans le cœur des fidèles. « La valeur (pécuniaire) du crâne volé est en cours d’expertise. Cependant, sa valeur historique est évidemment incalculable », a souligné Dagmar Sochorová. Les autorités locales n’ont pas communiqué de détails sur les mesures de sécurité mises en place dans l’église, mais l’affaire interroge sur la vulnérabilité des lieux de culte face aux vols ciblés.

Une enquête en cours et des images peu exploitables

La police tchèque a lancé un appel à témoins, invitant toute personne susceptible de fournir des informations à se manifester. Les images publiées, jugées de « faible qualité » par les enquêteurs, ne permettent pas une identification claire de l’auteur présumé du vol. « Nous avons diffusé ces images dans l’espoir qu’elles puissent aider à identifier la personne impliquée », a expliqué Dagmar Sochorová. L’enquête se concentre désormais sur les heures précédant le vol, les déplacements dans la ville de Jablonné v Podjestedí, ainsi que sur les éventuels complices.

Pour l’heure, aucun groupe ou individu n’a revendiqué le vol. Les autorités refusent de spéculer sur les motivations du voleur, évoquant plusieurs hypothèses : revente sur le marché noir des objets religieux, demande de rançon, ou acte isolé sans lien avec des réseaux criminels organisés. « Nous ne pouvons écarter aucune piste à ce stade », a indiqué un responsable de la police régionale. Les experts en patrimoine et en criminalistique sont mobilisés pour évaluer les dégâts causés au reliquaire et tenter de reconstituer la chronologie des faits.

Et maintenant ?

L’enquête devrait se poursuivre dans les prochaines semaines avec l’analyse des images de surveillance, l’audition des témoins et la vérification des signalements reçus par les autorités. Une récompense pourrait être proposée pour toute information menant à la restitution du crâne, bien que les autorités tchèques n’aient pas encore officiellement annoncé cette mesure. Dans l’immédiat, la basilique reste fermée au public le temps des investigations, et des mesures de sécurité renforcées pourraient être mises en place pour protéger les autres reliques exposées.

La disparition de cette relique intervient à un moment où la République tchèque tente de renforcer la protection de son patrimoine religieux, notamment face à la recrudescence des vols ciblant les églises. En 2025, plusieurs affaires similaires avaient défrayé la chronique, dont le vol d’un ostensoir en or dans une cathédrale de Prague. Les autorités locales pourraient donc accélérer les discussions sur un renforcement des dispositifs de surveillance dans les lieux de culte, tout en espérant une issue favorable à cette affaire.

Pour l’archevêché de Litoměřice, la priorité reste la préservation de la mémoire de Zdislava de Lemberk et la restauration du reliquaire endommagé. « Nous espérons que cette relique sera retrouvée et que nous pourrons la rendre à la vénération des fidèles », a conclu Mgr Pribyl. En attendant, l’émotion est palpable dans la région, où la disparition du crâne de la sainte a suscité une vague de solidarité parmi les habitants.

Le crâne de Zdislava de Lemberk, canonisée en 1995, est considéré comme une relique majeure du patrimoine religieux tchèque. Sa valeur historique est jugée « incalculable » par les autorités, car il représente plus de 750 ans de tradition spirituelle et de vénération dans la région de Bohême. Contrairement à d’autres objets religieux, son importance ne réside pas dans sa valeur matérielle, mais dans son lien avec l’histoire locale et la mémoire collective.