Une coalition inédite de 150 associations a réuni ce vendredi 12 juin ses forces pour demander aux responsables politiques de rendre des comptes sur la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Selon Libération, la Fondation des femmes a organisé une conférence de presse afin d’appeler à une mobilisation durable devant les palais de justice, tous les lundis, et de plaider pour l’adoption d’un texte législatif ambitieux.
La coalition exige notamment la mise à l’agenda immédiate d’une loi-cadre intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Elle doit, selon elle, être assortie de moyens financiers et humains conséquents pour en garantir l’efficacité. Autant dire que la pression sur le gouvernement s’intensifie alors que les violences conjugales et les agressions sexuelles restent un fléau persistant en France.
Ce qu'il faut retenir
- 150 associations se sont associées à cette mobilisation nationale ce vendredi 12 juin.
- La Fondation des femmes a appelé à des manifestations hebdomadaires devant les palais de justice, tous les lundis.
- Une loi-cadre intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants est réclamée en urgence.
- Cette loi doit être dotée de moyens financiers et structurels suffisants pour être efficace.
Une mobilisation soutenue par des centaines d’associations
La coalition rassemble des associations de toutes tailles, allant des grandes fédérations féministes aux collectifs locaux. Libération indique que cette union reflète l’ampleur du mouvement citoyen qui s’est structuré ces dernières années autour de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Parmi les signataires figurent des organisations comme Osez le Féminisme !, le Collectif féministe contre le viol ou encore la Fondation Marie-Vincent.
Cette diversité illustre la prise de conscience collective des lacunes persistantes dans la protection des victimes. Les associations pointent du doigt les délais judiciaires trop longs, le manque de places d’hébergement pour les victimes et les faiblesses dans la prise en charge psychologique et sociale des personnes concernées.
L’appel à une loi-cadre : quels enjeux ?
Les associations réclament une loi-cadre qui couvrirait l’ensemble des violences faites aux femmes et aux enfants : violences conjugales, agressions sexuelles, harcèlement, mutilations sexuelles, mariages forcés ou encore violences psychologiques. Selon elles, une telle loi permettrait de coordonner les politiques publiques et d’éviter les disparités territoriales dans la prise en charge des victimes.
Un des points centraux de leur demande concerne le renforcement des moyens alloués. Elles soulignent que les budgets actuels, souvent jugés insuffisants, ne permettent pas une application effective des dispositifs existants, comme les bracelets anti-rapprochement ou les cellules de prise en charge spécialisées.
« Il est temps que l’État assume ses responsabilités et engage des moyens à la hauteur de l’urgence sociale », a déclaré la présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert, lors de la conférence de presse.
Des manifestations hebdomadaires pour maintenir la pression
La Fondation des femmes a annoncé qu’elle organiserait des rassemblements chaque lundi devant les palais de justice de plusieurs villes françaises. L’objectif ? Maintenir une pression constante sur les pouvoirs publics et rappeler aux magistrats et aux politiques l’urgence d’agir. Ces rassemblements s’inscrivent dans la continuité des mobilisations qui ont marqué l’année 2025 et le début de 2026, notamment après des affaires très médiatisées de féminicides.
Les associations précisent que ces manifestations ne visent pas à stigmatiser les institutions judiciaires, mais à rappeler que la lutte contre les violences sexistes doit être une priorité nationale. Elles appellent également à une meilleure formation des professionnels en contact avec les victimes : policiers, gendarmes, magistrats et travailleurs sociaux.
La question reste entière : les responsables politiques sauront-ils transformer cette exigence citoyenne en actes législatifs concrets ? Une chose est sûre, le mouvement ne compte pas faiblir tant que des solutions durables ne seront pas mises en place.