Des pluies torrentielles d’une intensité exceptionnelle se sont abattues sur l’Angola ce week-end, provoquant des inondations dévastatrices dans plusieurs régions du pays. Selon Le Figaro, les services d’urgence ont recensé au moins 15 morts et confirmé la submersion de plus de 4 000 habitations, principalement dans la capitale, Luanda, et à Benguela, ville côtière située plus au sud. Ces intempéries, qui ont duré plusieurs heures, ont submergé les infrastructures locales et forcé des milliers d’habitants à évacuer leurs domiciles.

Ce qu'il faut retenir

  • 15 morts confirmés, dont 12 à Benguela et 3 à Luanda, selon les pompiers angolais
  • 4 000 habitations inondées, entraînant le déplacement de leurs résidents
  • Des crues soudaines ont submergé les rues et endommagé les infrastructures dans deux grandes villes du pays
  • En Namibie voisine, le fleuve Zambèze a atteint un niveau record de 6,8 mètres, poussant des milliers de personnes à quitter leurs foyers
  • Les scientifiques lient l’intensification de ces phénomènes au changement climatique d’origine humaine

Les autorités angolaises ont confirmé que les fortes averses, bien que fréquentes en Afrique australe pendant la saison des pluies, ont pris une ampleur inédite cette année. « Les crues soudaines ont submergé les rues et endommagé les infrastructures de Luanda et de Benguela », a indiqué un rapport préliminaire des pompiers, cité par Le Figaro. Dans la capitale, les quartiers pauvres comme Kilamba ont été particulièrement touchés. Natalia, une habitante, a confié à l’AFP : «

J’ai presque tout perdu et je ne sais pas où aller. Ma maison s’est transformée en piscine sous l’effet des inondations. »
Sa famille a dû se réfugier chez des proches pour mettre ses enfants et petits-enfants à l’abri.

Côté infrastructures, les dégâts restent importants. Les routes et les réseaux électriques ont été endommagés dans plusieurs zones, compliquant les opérations de secours. Les autorités n’ont pas encore communiqué d’estimation globale des pertes matérielles, mais les images relayées par les médias locaux montrent des quartiers entiers sous l’eau, avec des véhicules emportés par le courant. Les pompiers ont précisé que la majorité des résidents des habitations inondées ont été évacués, sans pouvoir encore préciser combien de personnes seraient encore sans abri.

Des inondations aggravées par le changement climatique

Les scientifiques s’accordent à dire que le changement climatique d’origine humaine augmente la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes, comme ces pluies diluviennes en Angola. « Les épisodes de fortes précipitations deviennent plus probables, plus longs et plus intenses », a rappelé un climatologue cité par Le Figaro. En Afrique australe, la saison des pluies, qui s’étend généralement de novembre à mars, est souvent marquée par des crues, mais celles de cette année se distinguent par leur violence et leur étendue.

Ce phénomène n’est pas isolé : la Namibie voisine est également touchée par des montées des eaux exceptionnelles. Dans le nord-est du pays, le fleuve Zambèze a atteint un niveau record de 6,8 mètres, bien au-delà des 4 mètres habituels. Les autorités namibiennes ont dû évacuer des milliers de riverains, les relogeant temporairement dans neuf camps de fortune. L’un d’eux accueille à lui seul plus de 2 700 personnes, selon les responsables locaux contactés par l’AFP.

Ces inondations simultanées en Angola et en Namibie illustrent la vulnérabilité accrue de la région face aux aléas climatiques. Les experts alertent depuis plusieurs années sur le manque de moyens des pays africains pour faire face à ces crises, en particulier dans les zones urbaines densément peuplées. « Les infrastructures locales sont souvent inadaptées pour absorber de tels chocs », a souligné un responsable de la Croix-Rouge africaine, cité par Le Figaro.

Une situation humanitaire en suspens

Face à l’ampleur des dégâts, les autorités angolaises ont lancé des appels à l’aide internationale. Les besoins prioritaires concernent l’accès à l’eau potable, la distribution de nourriture et la réparation des réseaux d’assainissement, fortement endommagés. Les organisations humanitaires locales, soutenues par des ONG internationales, commencent à organiser des distributions de kits d’urgence, mais leur déploiement reste limité par l’étendue des zones touchées.

À Luanda, les services de santé s’inquiètent de la propagation de maladies liées aux eaux stagnantes, comme le choléra ou la malaria. Les centres médicaux locaux, déjà sous tension avant ces inondations, peinent à faire face à l’afflux de patients souffrant d’infections ou de blessures. « Nous manquons de médicaments et de personnel soignant », a déclaré un médecin de l’hôpital général de Luanda à l’AFP. Les autorités ont appelé la population à éviter de boire l’eau des rivières et à utiliser des filtres ou des pastilles de purification.

Dans les zones rurales, les dégâts sont tout aussi préoccupants. Les cultures ont été détruites, privant des centaines de familles de leurs moyens de subsistance. Les agriculteurs, dont beaucoup dépendent de l’agriculture de subsistance, risquent de plonger dans une précarité accrue dans les semaines à venir. Les organisations agricoles locales ont commencé à évaluer les pertes, mais les chiffres définitifs ne seront connus que dans les prochains jours.

Et maintenant ?

Les prochains jours seront décisifs pour évaluer l’ampleur totale des dégâts et organiser une réponse humanitaire coordonnée. Les autorités angolaises, en collaboration avec les agences des Nations unies, devraient publier un bilan définitif d’ici la fin de la semaine. Une mission d’évaluation conjointe avec la Namibie pourrait également être organisée pour partager les bonnes pratiques en matière de gestion des crues.

Sur le plan climatique, ces événements pourraient relancer les débats sur l’adaptation des infrastructures en Afrique australe. Des experts appellent à renforcer les systèmes d’alerte précoce et à investir dans des infrastructures résilientes, notamment dans les zones urbaines exposées. Une réunion régionale est prévue en mai à Windhoek, en Namibie, pour discuter des stratégies de prévention face aux catastrophes naturelles.

Cette crise rappelle également l’urgence d’agir contre le changement climatique, dont les effets se font de plus en plus sentir sur le continent africain. Alors que la saison des pluies touche à sa fin en Angola, les autorités appellent la population à rester vigilante face aux risques de nouvelles inondations, notamment dans les zones déjà fragilisées.

Les inondations sont principalement causées par des pluies torrentielles exceptionnelles, aggravées par le changement climatique. Selon les scientifiques, ces phénomènes deviennent plus intenses et plus fréquents en Afrique australe, où la saison des pluies s’étend généralement de novembre à mars. Les infrastructures locales, souvent inadaptées, n’ont pas pu absorber l’afflux d’eau, entraînant des crues soudaines dans plusieurs villes, dont Luanda et Benguela.

Les autorités angolaises prévoient de publier un bilan définitif des dégâts d’ici la fin de la semaine. Elles ont lancé un appel à l’aide internationale pour financer les opérations de secours et la reconstruction. Une mission d’évaluation conjointe avec la Namibie pourrait être organisée pour partager les bonnes pratiques en matière de gestion des crues. Par ailleurs, des discussions régionales sur l’adaptation climatique sont prévues en mai à Windhoek.