Ce vendredi 12 juin 2026, la plateforme Arte.tv met en ligne une minisérie documentaire intitulée « The Hack ». Adaptée du livre éponyme de Nick Davies, elle retrace l’un des plus grands scandales médiatiques des années 2010, ayant conduit à la fermeture du tabloïd britannique News of the World, propriété du magnat Rupert Murdoch. David Tennant y incarne le journaliste d’investigation Nick Davies, dont les révélations ont ébranlé l’empire médiatique Murdoch.

Ce qu'il faut retenir

  • Une enquête journalistique majeure : Nick Davies, joué par David Tennant, a révélé en 2011 l’étendue des écoutes illégales pratiquées par News of the World, aboutissant à la fermeture du titre en juillet 2011.
  • Un scandale aux conséquences industrielles : Le groupe News International, filiale de News Corp, a été contraint de verser plus de 300 millions de livres sterling en indemnités aux victimes.
  • Un procès emblématique : Plusieurs journalistes et éditeurs du tabloïd ont été condamnés pour piratage téléphonique et corruption, marquant la fin d’une ère pour la presse à scandale britannique.
  • Une minisérie en quatre épisodes : Réalisée par James Hawes et produite par la BBC, « The Hack » est diffusée en version originale sous-titrée en français sur Arte.tv à partir du 12 juin 2026.

Une plongée dans les coulisses d’un scandale médiatique

Selon Le Monde, « The Hack » s’appuie sur des archives inédites et des témoignages pour reconstituer l’enquête menée par Nick Davies, alors journaliste au Guardian. En 2009, ce dernier découvre que des employés de News of the World avaient piraté les messageries vocales de célébrités, de membres de la famille royale britannique et même des victimes d’attentats pour alimenter leurs articles. Ces pratiques, initialement cantonnées à des personnalités, s’étendent ensuite à des proches de victimes de crimes, déclenchant une crise sans précédent dans le paysage médiatique britannique.

Le tabloïd, tiré à plus de 2,5 millions d’exemplaires, était alors le journal dominical le plus lu au Royaume-Uni. Sa fermeture brutale en juillet 2011, après 168 ans d’existence, marque un tournant dans l’histoire de la presse. Rupert Murdoch, dont l’empire s’étend à travers le monde, est contraint de témoigner devant une commission parlementaire et voit sa réputation entachée pour des années.

David Tennant, un casting porteur pour une histoire exigeante

L’acteur écossais David Tennant, connu pour ses rôles dans « Doctor Who » et « Broadchurch », endosse le costume de Nick Davies avec une rigueur qui a convaincu les critiques lors des projections. « Le personnage de Davies est complexe : il doit allier ténacité, éthique professionnelle et vulnérabilité », a expliqué le réalisateur James Hawes au Figaro. Le choix de Tennant, dont la carrière s’étend du théâtre à la télévision, s’inscrit dans une volonté de donner une dimension humaine à une affaire souvent réduite à ses aspects judiciaires.

La minisérie s’attache à montrer les méthodes de Davies, qui a dû contourner les pressions internes au Guardian pour publier ses révélations. Un travail d’investigation qui a nécessité près de deux ans de recherches, selon les producteurs. « Ce n’est pas seulement une histoire de journalisme, c’est une histoire de pouvoir et de responsabilité », a souligné Hawes.

Un héritage médiatique et juridique toujours d’actualité

Dix ans après la fermeture de News of the World, les conséquences de l’affaire continuent de se faire sentir. En 2023, le groupe Murdoch a accepté de verser 700 millions de dollars aux victimes d’écoutes illégales aux États-Unis, où ses activités sont également mises en cause. En Europe, plusieurs pays ont durci leur législation sur la protection des sources journalistiques, une mesure directement inspirée par les révélations de Davies.

Pourtant, comme le rappelle Le Monde, des questions persistent. « Pourquoi un tel système a-t-il pu perdurer si longtemps ? », interroge l’historien des médias Dominique Marchetti, interrogé par Libération. « L’affaire révèle aussi les limites des régulations internes dans les groupes médiatiques, même les plus puissants. » Bref, autant dire que le scandale a laissé des traces, mais aussi des zones d’ombre.

Et maintenant ?

La diffusion de « The Hack » sur Arte.tv pourrait relancer le débat sur l’éthique journalistique en Europe. Une commission d’enquête parlementaire britannique doit rendre un rapport final sur l’influence des médias Murdoch d’ici la fin de l’année 2026. Par ailleurs, plusieurs associations de défense de la presse demandent une réforme plus large des lois sur la propriété des médias, afin d’éviter de nouveaux dérives. Reste à voir si cette minisérie contribuera à une prise de conscience collective ou si, comme d’autres affaires avant elle, elle sera rapidement éclipsée par l’actualité.

La question de l’héritage de Nick Davies se pose également. Alors que les mémoires de l’ancien journaliste sont attendues pour l’automne 2026, certains s’interrogent : son combat a-t-il vraiment changé les règles du jeu, ou n’a-t-il fait que ralentir, temporairement, la machine à scandales ?

La minisérie est disponible gratuitement sur Arte.tv, en version originale sous-titrée en français. Elle est également diffusée en prime time sur la chaîne franco-allemande à partir du 12 juin 2026.