Depuis plus de trois ans, le conflit au Soudan oppose les Forces de soutien rapide (RSF) et l’armée régulière, plongeant le pays dans une crise humanitaire durable. Selon RFI, les frappes de drones, désormais massivement utilisées par les deux belligérants, sont responsables de la majorité des pertes civiles. L’ONU chiffre à plus de 80 % la part des morts civils imputables à ces attaques.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 80 % des victimes civiles au Soudan sont causées par des frappes de drones, d’après l’ONU.
- Le conflit oppose depuis 2023 les Forces de soutien rapide (RSF) et l’armée régulière.
- Les drones armés ont remplacé en partie les combats conventionnels, aggravant la souffrance des populations.
- Le bilan humain s’alourdit quotidiennement, malgré les appels internationaux au cessez-le-feu.
Un conflit qui s’intensifie avec l’usage massif des drones
Les combats au Soudan, qui ont débuté en avril 2023, opposent deux factions militaires aux ambitions politiques et territoriales. Les Forces de soutien rapide, milice paramilitaire, affrontent l’armée régulière pour le contrôle du pouvoir. D’après RFI, ces deux camps ont massivement intégré des drones armés dans leur stratégie militaire. Autant dire que cette technologie, autrefois marginale, est devenue l’arme principale dans ce conflit.
Les frappes de drones, difficiles à anticiper et à contrer, visent aussi bien des positions ennemies que des zones civiles. Les observateurs sur place rapportent une hausse constante des victimes innocentes, souvent prises au piège entre les deux feux. Bref, la guerre par drone aggrave une situation déjà explosive.
L’ONU alerte sur l’ampleur de la crise humanitaire
L’Organisation des Nations unies suit de près l’évolution du conflit et ses conséquences sur les populations. Dans ses derniers rapports, elle souligne que les drones armés concentrent désormais plus de 80 % des morts civils. Un chiffre qui illustre l’ampleur du désastre : autrefois marginaux, les drones sont devenus la première cause de mortalité non combattante au Soudan.
Les conséquences pour les civils sont dramatiques. Des villages entiers sont rayés de la carte sans avertissement, des infrastructures vitales sont détruites, et des milliers de personnes fuient leurs foyers. Selon des ONG locales, plus de 10 000 civils ont péri depuis le début des hostilités, un bilan qui ne cesse de s’alourdir.
« Les drones ont transformé la nature même de ce conflit. Ils permettent des frappes précises, mais aussi des attaques aveugles qui tuent des innocents chaque jour. »
— Un responsable humanitaire en poste au Soudan, cité par RFI
Des réactions internationales insuffisantes face à l’escalade
La communauté internationale a multiplié les appels au calme et les condamnations des violences, sans parvenir à freiner l’escalade. Plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sont restées lettre morte, les deux camps continuant à s’affronter malgré les sanctions ciblées. D’après RFI, les États-Unis et l’Union européenne ont récemment durci leur discours, mais sans mesures concrètes pour faire respecter un cessez-le-feu.
Les pays voisins, comme l’Éthiopie et le Tchad, tentent de jouer les médiateurs, mais leurs efforts se heurtent à l’intransigeance des belligérants. Les négociations de paix, prévues initialement pour 2024, restent au point mort. Autant dire que la situation ne montre aucun signe d’amélioration.
Alors que le bilan humain s’alourdit, la pression sur les belligérants pour qu’ils acceptent un cessez-le-feu se fait plus forte. Reste à voir si les appels internationaux parviendront à faire plier les deux camps, ou si le Soudan sombrera davantage dans la violence.