Selon Euronews FR, le film d'horreur « Backrooms », réalisé par le jeune Kane Parsons, a marqué l'histoire du cinéma en enregistrant un succès retentissant dès sa sortie aux États-Unis et au Royaume-Uni la semaine dernière. Avec 81 millions de dollars de recettes pour un budget de 10 millions, le film est devenu le plus gros lancement de l'histoire du studio A24, propulsant Parsons, 20 ans seulement, au rang de plus jeune réalisateur à avoir atteint la première place du box-office américain. Sa diffusion en Europe, entamée ce mois-ci, suscite déjà un vif intérêt.
Ce qu'il faut retenir
- « Backrooms » a généré 81 millions de dollars de recettes aux États-Unis pour un budget de 10 millions, devenant le plus gros lancement de l'histoire d'A24.
- Le film est réalisé par Kane Parsons, un YouTubeur de 20 ans devenu réalisateur, qui signe ainsi son premier long métrage.
- Il repose sur un mythe internet né d'un creepypasta posté sur 4chan, décliné ensuite en web-série.
- L'histoire suit Clark (Chiwetel Ejiofor), un architecte dépressif, et sa thérapeute Mary (Renate Reinsve), piégés dans des espaces liminaux aux dimensions infinies.
- Le film a été salué pour son ambiance glaçante, mêlant horreur psychologique et terreur lovecraftienne.
Un phénomène né d'une image postée en ligne
Le succès de « Backrooms » s'inscrit dans une dynamique déjà bien amorcée. Le film trouve son origine dans un creepypasta, légende urbaine diffusée en ligne, posté sur le forum 4chan en 2019. Kane Parsons, alors âgé de 16 ans, s'en est emparé pour créer une web-série explorant cet univers, qui cumule aujourd'hui 200 millions de vues depuis 2022. Ce socle narratif a permis au réalisateur de construire un monde cohérent et angoissant, avant d'en faire un long métrage.
Selon Euronews FR, le bouche-à-oreille positif a joué un rôle clé dans l'engouement autour du film. Les spectateurs, séduits par l'atmosphère oppressante et la logique surréaliste des « Backrooms », ont contribué à en faire un phénomène culturel. Le film s'appuie sur des lieux familiers mais déformés, comme des couloirs d'hôtel ou des bureaux déserts, pour y injecter une terreur insidieuse. L'idée d'un espace où le temps semble suspendu, ni tout à fait réel ni totalement irréel, renvoie à une angoisse universelle.
Une plongée dans un labyrinthe psychologique et architectural
Le récit s'articule autour de Clark, interprété par Chiwetel Ejiofor, un architecte en proie à une profonde dépression après son divorce. Propriétaire d'un magasin de meubles, il découvre par hasard un portail invisible menant à un espace extradimensionnel aux murs jaunâtres, aux lumières bourdonnantes et aux niveaux infinis. Ce lieu, à la fois banal et profondément troublant, agit comme un miroir de ses tourments intérieurs. Sa thérapeute, Mary (Renate Reinsve), part à sa recherche et se retrouve elle aussi piégée dans ce labyrinthe, découvrant une réalité bien éloignée du Pays des merveilles.
Le film explore ainsi une métaphore puissante entre architecture et réseaux neuronaux, rappelant des œuvres comme « Shining » ou « Cube ». Les séquences en found footage, tournées dans un style proche de la VHS, renforcent l'immersion dans cet univers claustrophobe. Le réalisateur joue sur l'angoisse générée par des objets placés là où ils ne devraient pas l'être, ou par des éléments familiers dans des contextes inadaptés. Autant dire que l'expérience sensorielle est totale, entre terreur lovecraftienne et body horror.
Un casting et une réalisation salués par la critique
Les performances de Chiwetel Ejiofor et de Renate Reinsve sont particulièrement mises en avant par Euronews FR. Leur interprétation apporte une profondeur psychologique aux personnages, transformant ce qui aurait pu n'être qu'un simple film de survie en une quête introspective. Le travail de décor, avec ses teintes jaunâtres et ses lumières oppressantes, ainsi que la partition musicale inquiétante, complètent une ambiance déjà très maîtrisée.
Le film est également apprécié pour sa capacité à respecter le canon établi par la web-série tout en restant accessible aux néophytes. Les spectateurs découvrant l'univers des « Backrooms » pour la première fois peuvent ainsi s'immerger dans cet espace sans avoir à maîtriser les codes du mythe original. Le réalisateur a su exploiter cette dualité entre familiarité et étrangeté, créant un frisson constant chez le public.
Des défauts reconnus, mais un succès qui dépasse les attentes
Malgré ses qualités, « Backrooms » n'est pas exempt de critiques. Certains amateurs chevronnés d'horreur pourraient trouver le film moins impressionnant, tandis que le dernier acte divise le public. Certains dialogues sont jugés bancals, et l'ajout d'une mythologie liée à l'Async Research Institute, évoquant des théories MKUltra, semble superflu à certains. Pourtant, ces éléments n'ont pas entamé la popularité du film, qui a su capitaliser sur son mystère et son atmosphère unique.
Le choix de Kane Parsons de suggérer plutôt que d'expliquer s'est révélé payant. Le plan final, laissant planer le doute sur la nature des « Backrooms » — univers créé par des entités conscientes ou projection du subconscient ? — a donné lieu à de nombreuses théories. Cette approche, privilégiant l'ambiguïté, a séduit une génération en quête d'histoires à décrypter.
Ce phénomène cinématographique, né d'une image postée sur Internet, confirme l'influence croissante des créateurs en ligne sur l'industrie du divertissement. Pour Kane Parsons, il s'agit d'une première étape prometteuse, qui pourrait ouvrir la voie à d'autres projets ambitieux. Reste à savoir si le film parviendra à maintenir son élan ou s'il restera un succès éphémère, aussi brillant soit-il.
Les « Backrooms » désignent un espace extradimensionnel, composé de couloirs infinis, de pièces vides et de bureaux désaffectés, où le temps semble suspendu. Dans le film, cet univers est présenté comme un lieu à la fois familier et angoissant, où les personnages se retrouvent piégés. Le concept trouve son origine dans un creepypasta posté sur 4chan, avant d'être développé par Kane Parsons en web-série puis en long métrage.