Un enfant palestinien est tué en moyenne chaque semaine en Cisjordanie occupée depuis le début de l’année 2025, selon les dernières données révélées par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Ces chiffres, dévoilés mardi 12 mai 2026 lors d’un point presse à Genève, confirment une escalade alarmante de la violence dans cette région. Soixante-dix mineurs palestiniens ont péri au cours de cette période, tandis que 850 autres ont été blessés, a précisé James Elder, porte-parole de l’Unicef.
Ce qu'il faut retenir
- 70 enfants palestiniens tués en Cisjordanie occupée depuis janvier 2025, soit une moyenne d’un enfant par semaine.
- 850 mineurs blessés** dans le même temps, selon les chiffres de l’Unicef.
- 93 % des enfants tués l’ont été par les forces israéliennes**, la majorité par balles réelles.
- L’Unicef appelle Israël à prendre des « mesures immédiates » pour protéger les civils palestiniens, en vertu du droit international.
- Les violences en Cisjordanie se sont intensifiées depuis le lancement d’une opération militaire israélienne en janvier 2025.
- Cette situation s’inscrit dans un contexte de tensions accrues depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée en octobre 2023.
Le bilan s’alourdit chaque semaine en Cisjordanie, où les opérations militaires israéliennes et les affrontements avec des groupes armés palestiniens se multiplient. Selon James Elder, 93 % des 70 enfants tués entre janvier 2025 et mai 2026 l’ont été par les forces israéliennes. Il a également précisé que la majorité des blessures et des décès sont imputables à l’usage de balles réelles, et non à des éclats d’obus ou à d’autres moyens de dispersion des foules.
— Cela représente un prix intolérable payé par les enfants en raison de l’escalade des opérations militaires et des attaques menées dans toute la Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, a déclaré James Elder lors de sa prise de parole. — Au moins un enfant palestinien est tué chaque semaine, et ce, malgré les appels répétés de la communauté internationale à protéger les civils.
L’Unicef a une nouvelle fois appelé les autorités israéliennes à prendre des mesures immédiates et décisives pour mettre fin à cette violence. Dans un communiqué, l’organisation onusienne exige notamment la protection des foyers, des écoles et des accès à l’eau des populations civiles palestiniennes, conformément aux obligations découlant du droit international. James Elder a également sollicité les États membres disposant d’une influence pour qu’ils fassent pression sur Israël afin de garantir le respect de ces règles fondamentales.
Un contexte explosif depuis le début de la guerre à Gaza
Cette escalade de la violence en Cisjordanie s’inscrit dans un contexte régional déjà hautement tendu. Les tensions ont commencé à monter d’un cran après l’attaque sanglante du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui avait déclenché une guerre à Gaza. Depuis cette date, les violences se sont propagées bien au-delà de la bande de Gaza, gagnant notamment la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.
En janvier 2025, l’armée israélienne a lancé une opération militaire d’envergure, qualifiée d’« antiterroriste » par Tel-Aviv. Cette campagne visait principalement les camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, où sont concentrées des cellules armées. Depuis, les affrontements se sont multipliés, entraînant une hausse significative du nombre de victimes civiles, parmi lesquelles figurent en majorité des mineurs.
Des appels répétés à la protection des civils, sans réponse concrète
Malgré les condamnations internationales et les appels à la retenue lancés par l’ONU, les Nations unies et plusieurs ONG, les violences persistent. L’Unicef n’est pas la seule organisation à tirer la sonnette d’alarme. En mars 2026, Human Rights Watch avait déjà dénoncé l’usage excessif de la force par l’armée israélienne en Cisjordanie, soulignant que les opérations ciblaient souvent des zones densément peuplées, exposant ainsi les civils à un risque accru.
De son côté, le gouvernement israélien a toujours défendu ses actions en Cisjordanie en les présentant comme des mesures de sécurité indispensables face à la menace des groupes armés palestiniens. Cependant, les organisations de défense des droits humains rappellent que le droit international humanitaire interdit expressément les attaques disproportionnées et les violences contre les populations civiles, quel que soit le contexte.
— Les enfants ne devraient pas être les cibles de violences, ni payer le prix de conflits qui ne sont pas les leurs. Chaque mort ou blessure d’un mineur est une tragédie évitable, a souligné James Elder. — Nous exigeons des autorités israéliennes qu’elles prennent enfin des mesures concrètes pour protéger ces vies.
La situation humanitaire en Cisjordanie continue de se dégrader, dans un contexte où les ressources locales sont mises à rude épreuve. Les restrictions de mouvement imposées par Israël, combinées aux violences récurrentes, limitent l’accès des Palestiniens aux soins, à l’éducation et à l’eau potable. Selon des rapports récents, près de 40 % des infrastructures scolaires en Cisjordanie seraient endommagées ou fermées en raison des combats.
Cette crise en Cisjordanie soulève une question plus large : jusqu’où la communauté internationale est-elle prête à aller pour faire respecter le droit international dans un conflit où les civils, et en particulier les enfants, paient le prix fort ?
La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, selon le droit international. Son statut final doit être déterminé par des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne. Cependant, les colons israéliens, installés en violation du droit international, et les opérations militaires israéliennes y sont fréquents, alimentant les tensions avec les populations locales.
Les enfants palestiniens en Cisjordanie subissent des traumatismes psychologiques, des blessures physiques, et un accès limité aux soins et à l’éducation. Selon l’Unicef, des milliers d’entre eux souffrent de stress post-traumatique, et certains sont orphelins ou ont vu leur famille détruite par les violences.