Dans sa chronique quotidienne USA Today diffusée ce mardi 12 mai sur BFM Business, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, a passé en revue plusieurs enjeux économiques et financiers majeurs. Parmi eux, l’inflation américaine, les tensions commerciales sino-américaines ou encore les alertes sur les bulles spéculatives ont retenu l’attention. Mais c’est une rumeur plus inattendue qui a particulièrement retenu l’attention des investisseurs : GoPro, le géant des caméras d’action, pourrait être mis en vente. Une hypothèse qui intervient dans un contexte de ralentissement du marché des équipements sportifs et de concurrence accrue dans le secteur de la vidéo grand public.
Ce qu'il faut retenir
- L’inflation américaine atteint son plus haut niveau depuis 2023, alimentant les craintes de nouvelles hausses des taux de la Réserve fédérale.
- Donald Trump prépare une visite officielle à Pékin dès demain, mercredi 13 mai, pour tenter de désamorcer les tensions commerciales.
- L’investisseur Michael Burry alerte sur une possible bulle spéculative sur les valeurs technologiques et l’intelligence artificielle.
- Le fonds KKR prévoit d’injecter 300 millions de dollars pour soutenir un fonds de crédit privé en difficulté.
- Les relations entre OpenAI et son PDG Sam Altman restent tendues après des révélations sur d’éventuelles malversations.
- eBay a rejeté l’offre de rachat de GameStop, prolongeant l’incertitude autour du futur du distributeur spécialisé.
- GoPro, leader des caméras d’action, serait en discussion avancée pour une acquisition ou une vente partielle de ses actifs.
Une inflation persistante qui pèse sur les marchés
L’inflation aux États-Unis reste un sujet de préoccupation majeur. Selon les dernières données publiées ce mardi, le taux d’inflation annuel a atteint 4,2 % en avril 2026, son plus haut niveau depuis trois ans. Cette hausse, supérieure aux prévisions des analystes, relance les spéculations sur un possible resserrement monétaire de la part de la Réserve fédérale. Dans ce contexte, les investisseurs surveillent de près les annonces de la Fed, dont la prochaine réunion de politique monétaire est prévue pour le 13 juin 2026.
« Les chiffres actuels confirment que l’inflation n’est pas encore maîtrisée, ce qui pourrait retarder toute baisse des taux directeurs », a déclaré John Plassard lors de sa chronique. Cette situation complique la tâche des entreprises technologiques, dont les valorisations dépendent largement des conditions de financement.
Donald Trump en mission diplomatique à Pékin
Dans moins de 24 heures, le président américain Donald Trump se rendra à Pékin pour une visite officielle de trois jours. L’objectif affiché est de relancer le dialogue commercial entre les deux premières puissances économiques mondiales, alors que les tensions sur les droits de douane et les subventions industrielles n’ont cessé de s’aggraver. Cette rencontre intervient alors que les deux pays peinent à trouver un terrain d’entente sur des dossiers clés comme les semi-conducteurs ou l’intelligence artificielle.
Les observateurs s’interrogent sur l’impact concret de ce sommet. « Tout dépendra de la capacité des deux parties à faire des concessions significatives, surtout sur la question des subventions à l’industrie chinoise », a précisé Plassard. Les marchés attendent avec impatience les annonces qui pourraient émerger de ces discussions, notamment sur les tarifs douaniers sur les importations de véhicules électriques et d’électronique.
Michael Burry met en garde contre une bulle technologique
L’investisseur légendaire Michael Burry, rendu célèbre par sa prédiction de la crise des subprimes en 2008, a de nouveau tiré la sonnette d’alarme. Dans un entretien accordé à plusieurs médias financiers, il a évoqué le risque d’une bulle spéculative sur les valeurs technologiques, notamment celles liées à l’intelligence artificielle. « Les valorisations actuelles de certaines entreprises du secteur ne sont plus soutenables à long terme », a-t-il averti. Ses déclarations ont provoqué une vague de ventes sur les marchés actions, particulièrement dans les segments des semi-conducteurs et des logiciels.
Cette mise en garde intervient alors que les géants de la Tech, comme Nvidia ou Microsoft, voient leurs cours s’envoler depuis le début de l’année. Les régulateurs américains et européens pourraient être amenés à renforcer leur surveillance, voire à imposer des mesures correctives.
KKR vole au secours d’un fonds de crédit en difficulté
Le fonds d’investissement KKR & Co a annoncé hier son intention d’injecter 300 millions de dollars pour soutenir un fonds de crédit privé en difficulté. Cette opération vise à éviter une crise de liquidité dans un segment déjà fragilisé par les hausses de taux et le ralentissement économique. Selon des sources proches du dossier, le fonds concerné, spécialisé dans le financement des petites et moyennes entreprises, faisait face à des retraits massifs de la part de ses investisseurs.
Cette intervention de KKR illustre la vulnérabilité croissante du marché du crédit privé, où les taux d’intérêt élevés pèsent sur la solvabilité des emprunteurs. « C’est un signe que les acteurs majeurs du secteur anticipent une période de turbulence », a commenté Plassard. Les prochains mois diront si cette aide suffira à stabiliser le fonds ou si d’autres acteurs devront suivre l’exemple de KKR.
OpenAI et Sam Altman : une relation toujours aussi tendue
Les relations entre OpenAI et son PDG Sam Altman restent sous haute tension. Selon des révélations publiées dans plusieurs médias américains, des cadres de l’entreprise auraient accusé Altman de malhonnêteté dans la gestion des fonds alloués au développement de nouveaux modèles d’intelligence artificielle. Ces allégations surviennent alors qu’OpenAI est en pleine restructuration après le départ de plusieurs de ses principaux chercheurs vers des concurrents comme DeepMind ou Anthropic.
Altman, interrogé par la presse, a rejeté ces accusations en bloc, affirmant que « les priorités de l’entreprise étaient claires et alignées avec sa mission initiale ». Pourtant, l’incertitude autour de la gouvernance d’OpenAI pèse sur la valorisation de l’entreprise, estimée à plus de 100 milliards de dollars lors de sa dernière levée de fonds.
GoPro dans le viseur des raiders ?
C’est probablement l’annonce la plus surprenante de cette chronique : GoPro serait en discussion avancée pour une vente partielle ou totale de ses actifs. Selon des sources proches du dossier, plusieurs fonds d’investissement et groupes industriels auraient manifesté leur intérêt pour acquérir tout ou partie de l’entreprise, spécialisée dans les caméras d’action et les drones. Cette rumeur intervient alors que GoPro peine à relancer sa croissance après des années de baisse de ses ventes.
« Le marché des caméras d’action est en pleine mutation, avec l’arrivée de nouveaux acteurs asiatiques proposant des produits à moindre coût », a expliqué Plassard. « Dans ce contexte, une vente pourrait permettre à GoPro de se recentrer sur l’innovation ou de céder des actifs non stratégiques. » Les investisseurs attendent désormais des clarifications de la part de la direction de l’entreprise, dont le prochain rapport trimestriel est prévu pour le 22 mai 2026.
Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour GoPro, dont l’avenir semble désormais suspendu à une décision stratégique. Une vente totale ou partielle pourrait redessiner le paysage concurrentiel du marché des caméras d’action, dominé jusqu’ici par l’américain. Reste à savoir si les actionnaires de l’entreprise donneront leur aval à une telle opération.
GoPro traverse une période difficile depuis plusieurs années, marquée par une baisse continue de ses ventes et une concurrence accrue, notamment en provenance d’Asie. Selon plusieurs analystes, une vente partielle ou totale de ses actifs pourrait permettre à l’entreprise de se recentrer sur son cœur de métier ou de céder des divisions non rentables. Cette hypothèse a été évoquée lors de la chronique USA Today sur BFM Business ce 12 mai 2026.