Le principal site de traitement de gaz des Émirats arabes unis, le complexe d’Habsan situé à Abou Dhabi, ne devrait retrouver sa pleine capacité qu’à partir de 2027. Selon BFM Business, cette estimation provient de la compagnie Adnoc Gas, filiale du géant national des hydrocarbures Adnoc, qui gère l’infrastructure.
Les dégâts subis par le complexe début avril 2026, lors de frappes iraniennes dans le Golfe, expliquent ce délai. Ces attaques, menées en réponse à une offensive israélo-américaine contre la République islamique, ont ciblé à deux reprises le site stratégique. Or, Habshan représente l’un des plus grands centres de traitement de gaz au monde, jouant un rôle clé dans l’approvisionnement énergétique régional.
Ce qu'il faut retenir
- Le complexe gazier d’Habsan à Abou Dhabi ne devrait retrouver sa pleine capacité qu’en 2027, après des frappes iraniennes en avril 2026.
- À ce jour, 60 % de la capacité de traitement ont été rétablis, avec un objectif de 80 % d’ici fin 2026.
- Le bénéfice net d’Adnoc Gas a chuté de 15 % sur un an, à 1,1 milliard de dollars au premier trimestre 2026.
- La baisse des volumes est compensée par la hausse des prix du gaz, mais le bénéfice annuel devrait s’établir entre 3,5 et 4 milliards de dollars en 2026, contre 5,2 milliards en 2025.
- Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran a perturbé les approvisionnements et fait flamber les cours.
Un site stratégique lourdement impacté
Le complexe de Habshan, situé dans l’émirat d’Abou Dhabi, figure parmi les plus grands sites de traitement de gaz au monde. Début avril 2026, il a été touché à deux reprises par des frappes attribuées à l’Iran, dans le cadre d’un conflit régional qui s’est intensifié après une offensive israélo-américaine contre Téhéran. Selon Adnoc Gas, ces attaques ont provoqué des perturbations majeures dans les opérations du site, dont la remise en service complète prendra plus d’un an.
Dans un communiqué publié à l’occasion de ses résultats trimestriels, la compagnie a indiqué que 60 % de sa capacité de traitement avait déjà été rétablie. L’objectif est d’atteindre 80 % d’ici la fin de l’année 2026, avec un retour à 100 % prévu pour 2027. Ces chiffres illustrent l’ampleur des travaux nécessaires pour réparer les infrastructures endommagées et sécuriser à nouveau l’exploitation.
Des répercussions financières immédiates
Les conséquences des frappes se font déjà sentir sur les comptes d’Adnoc Gas. Au premier trimestre 2026, le bénéfice net de la compagnie a reculé de 15 % sur un an, s’élevant à 1,1 milliard de dollars, contre 1,3 milliard au même trimestre de 2025. Adnoc Gas attribue cette baisse à des perturbations majeures dans le secteur de l’énergie, aggravées par le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième des hydrocarbures mondiaux en temps normal, joue un rôle crucial dans les échanges énergétiques. Son blocage a provoqué une hausse des prix du gaz et perturbé les approvisionnements, pesant sur les résultats de la compagnie. Adnoc Gas a d’ailleurs prévenu que cette situation devrait continuer de peser sur ses performances au deuxième trimestre 2026, avec un bénéfice attendu entre 400 et 600 millions de dollars, à condition que « les opérations maritimes reviennent à la normale avant la fin de la période », comme l’a précisé la direction.
Un équilibre fragile entre volumes et prix
Malgré la baisse des volumes traités, Adnoc Gas mise sur la hausse des prix du gaz pour limiter l’impact sur ses revenus. La compagnie table ainsi sur un bénéfice annuel compris entre 3,5 et 4 milliards de dollars pour 2026, un chiffre en retrait par rapport aux 5,2 milliards enregistrés en 2025. Cet écart souligne la volatilité actuelle du marché énergétique, exacerbée par les tensions géopolitiques dans la région.
— Selon les analystes, la situation pourrait encore évoluer en fonction de l’évolution du conflit et de la stabilité des routes maritimes. Pour l’heure, Adnoc Gas reste prudente et n’exclut pas de revoir ses prévisions si les conditions opérationnelles ne s’améliorent pas. La compagnie a rappelé que la pleine reprise dépendra non seulement de la réparation des infrastructures, mais aussi de la levée des blocages logistiques dans le Golfe.
Un enjeu régional et mondial
Les frappes contre le complexe de Habshan rappellent la vulnérabilité des infrastructures énergétiques du Golfe, région qui concentre une part majeure des réserves mondiales de gaz et de pétrole. Le blocage du détroit d’Ormuz, principale voie d’exportation pour plusieurs pays du Moyen-Orient, a déjà provoqué une flambée des prix de l’énergie et fragilisé les économies dépendantes des hydrocarbures.
Pour les Émirats arabes unis, la remise en service de Habshan est donc une priorité, tant sur le plan économique que stratégique. Le pays, qui mise sur une diversification de son économie, reste vulnérable aux chocs externes. La capacité du complexe à retrouver son niveau d’activité initial d’ici 2027 sera un indicateur clé de la résilience du secteur énergétique émirati face aux crises régionales.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’avancée des réparations et l’impact des tensions sur les chaînes d’approvisionnement. Les acteurs du marché surveilleront de près les déclarations d’Adnoc Gas et les évolutions diplomatiques, alors que la région reste sous haute tension.
Le complexe de Habshan, situé à Abou Dhabi, est l’un des plus grands sites de traitement de gaz au monde. Il joue un rôle central dans l’approvisionnement énergétique des Émirats et des pays voisins, avec une capacité de traitement majeure. Sa remise en service complète est donc essentielle pour assurer la stabilité des exportations et des revenus liés aux hydrocarbures.
Le détroit d’Ormuz est une artère vitale pour le transport des hydrocarbures : près de 20 % du gaz et du pétrole mondiaux y transitent chaque jour. Un blocage prolongé pourrait entraîner une pénurie de gaz, une hausse des prix de l’énergie et fragiliser les économies dépendantes des importations, notamment en Asie et en Europe.