Six mois après sa libération, Lennart Monterlos, jeune cycliste franco-allemand de 20 ans, a choisi de revenir sur les 111 jours passés derrière les barreaux en Iran. Arrêté en juin 2025 pour « espionnage » avant d’être acquitté le 6 octobre, il s’exprime pour la première fois depuis son retour en France, le 9 octobre 2025, à son arrivée à l’aéroport de Roissy. D’après BMF - International, il décrit une expérience « la plus difficile » de sa vie, tout en réaffirmant sa détermination à poursuivre ses voyages à vélo à travers le monde.
Ce qu'il faut retenir
- 111 jours de détention en Iran pour Lennart Monterlos, franco-allemand de 20 ans, arrêté en juin 2025 et libéré le 6 octobre 2025.
- Il était en transit à Bandar-Abbas, au moment du début du conflit entre l’Iran et Israël, en route vers l’Afghanistan.
- Condamné pour « espionnage », il a été acquitté après avoir purgé sa peine dans deux prisons différentes, dont la centrale de Bandar-Abbas.
- Monterlos évoque des conditions de détention difficiles, notamment un isolement partiel et des restrictions strictes, tout en soulignant la bienveillance de certains codétenus.
- Il exprime sa gratitude envers le ministère des Affaires étrangères français pour son rapatriement et s’excuse de ne pas avoir pris au sérieux les conseils du Quai d’Orsay.
Un périple à vélo interrompu par la détention
À peine sorti du lycée avec son baccalauréat en poche, Lennart Monterlos avait choisi de s’élancer seul à vélo pour un périple de plus de six mois, reliant l’Europe au Japon en passant par l’Iran. D’après BMF - International, le jeune homme avait longuement préparé son voyage, bien que le ministère des Affaires étrangères français ait formellement déconseillé aux ressortissants français de se rendre en Iran. Arrivé dans le pays par la route afghane, il avait prévu de traverser l’Iran avant de rejoindre l’Afghanistan, où il comptait poursuivre son aventure. Mais tout bascule le 10 juin 2025, trois jours après le début des hostilités entre l’Iran et Israël.
Arrêté à Bandar-Abbas, une ville portuaire du sud de l’Iran, il est placé en détention sous l’accusation d’« espionnage ». Un terme qu’il rejette catégoriquement, comme il l’explique aujourd’hui : « Je n’ai jamais voulu impliquer qui que ce soit, encore moins inquiéter mes parents ou l’État. » Il a depuis exprimé sa reconnaissance envers le Quai d’Orsay pour son intervention dans sa libération.
Des conditions de détention marquées par l’isolement
Transféré dans une première prison, Lennart Monterlos y a passé deux mois et demi dans une cellule dépourvue de tout confort, si ce n’est trois couvertures. D’après son témoignage à RTL, il était systématiquement menotté et les yeux bandés à chaque déplacement. « C’était la période la plus compliquée, celle de l’isolement, au moins partiel. On ne pouvait communiquer avec personne à l’extérieur. » Ces conditions, bien que difficiles, ont fini par s’améliorer lors de son transfert à la prison centrale de Bandar-Abbas, où il a bénéficié d’un régime moins strict.
« Je me considère chanceux sur ce point-là, raconte-t-il. J’étais entouré de gens qui avaient plus de droits et de privilèges, et qui se sont montrés accueillants envers moi, en tant que jeune et en tant qu’étranger. » Il ajoute, sans détour : « Je sais qu’il y en a qui n’ont pas eu cette chance. » Dans cette prison, il a pu occuper son temps par diverses activités, ce qui a permis à l’écoulement des jours de paraître moins long.
Un épisode qui renforce sa détermination à voyager
Malgré les épreuves subies, Lennart Monterlos refuse de laisser cet épisode entacher sa passion pour le voyage. Il insiste sur le fait que ce périple à vélo, bien qu’interrompu brutalement, a été « exceptionnel ». « Il y a quand même plus de six mois de vélo, un voyage incroyable fait de rencontres, d’aventures, de découvertes. Je me suis vraiment épanoui dans cette période-là », confie-t-il. D’après BMF - International, il reconnaît que la fin de ce voyage a été « un peu compliquée », mais il refuse d’oublier les bons souvenirs accumulés en Iran.
Contrairement aux idées reçues, il assure avoir longuement étudié la situation en Iran avant de décider de traverser le pays. « L’idée, c’était de pouvoir y aller tout en prenant des précautions », explique-t-il. Aujourd’hui, il se décrit comme « têtu et obstiné » et compte bien poursuivre ses expéditions à vélo, malgré cet épisode douloureux. « Ça ne m’a pas du tout découragé du voyage. Peut-être que ça m’a rendu plus conscient, mature et réfléchi. »
Une réflexion sur l’engagement humanitaire et environnemental
À 20 ans, Lennart Monterlos réfléchit désormais à s’investir dans des causes humanitaires ou environnementales. D’après RTL, il évoque cette possibilité comme une manière de donner du sens à son expérience, tout en préparant de nouveaux projets. « Ce voyage a été une école de la vie, et je compte bien en tirer des leçons pour la suite. » Il n’exclut pas de retourner en Iran un jour, mais promet de le faire avec une préparation bien plus rigoureuse.
Son témoignage survient dans un contexte où les relations entre l’Iran et la France restent tendues, notamment en raison des négociations complexes autour de la libération d’otages français, comme Cécile Kohler et Jacques Paris, également détenus à Téhéran pour des accusations similaires. « On se sent un peu coupable », admet-il, en comparant les conditions de sa détention à celles d’autres otages, bien plus défavorisées.
Le jeune homme, marqué par cette épreuve, souhaite désormais tourner la page tout en gardant une réflexion sur les dangers des voyages en zone de tension. Son histoire rappelle, une fois encore, l’importance de bien s’informer avant de s’engager dans des régions instables.
Lennart Monterlos a été arrêté le 10 juin 2025 à Bandar-Abbas, en Iran, sous l’accusation d’« espionnage ». Les autorités iraniennes ne lui ont jamais fourni de détails précis sur les raisons de cette arrestation, mais elles ont évoqué des soupçons liés à son statut de touriste voyageant seul à vélo. Il a été libéré le 6 octobre 2025 après avoir été acquitté, sans que les charges retenues contre lui ne soient officiellement détaillées.