La cour d’appel de Paris a confirmé, ce jeudi 11 juin 2026, la condamnation du maire de La Courneuve et député de Seine-Saint-Denis, Aly Diouara (La France insoumise), pour diffamation publique envers son ex-concurrent socialiste aux élections municipales, Oumarou Doucouré. Selon BFM - Politique, la chambre des appels correctionnels a retenu sa culpabilité dans cette affaire remontant à la campagne des municipales de 2026.

Cette décision intervient après un premier jugement rendu en première instance, où Aly Diouara avait déjà été condamné à une amende de 500 euros avec sursis, ainsi qu’à 3 000 euros de dommages et intérêts. En appel, la cour a maintenu cette condamnation, mais a drastiquement réduit le montant des dommages et intérêts à un euro seulement, comme le précise l’avocate de l’élu, Me Alexandra Boret. « La cour, bien qu’affirmant la condamnation, a réduit très drastiquement le montant du préjudice alloué, en disant qu’il n’était que d’un euro », a-t-elle souligné auprès de l’AFP.

Ce qu’il faut retenir

  • Aly Diouara, maire LFI de La Courneuve et député, a été condamné en appel pour diffamation envers son ex-adversaire socialiste Oumarou Doucouré.
  • La cour d’appel de Paris a confirmé la culpabilité établie en première instance, assortie d’une amende de 500 euros avec sursis et d’un euro symbolique de dommages et intérêts.
  • L’affaire porte sur des accusations de distribution d’enveloppes d’argent et de colis alimentaires en échange de voix lors de la campagne municipale de 2026.
  • Aly Diouara a annoncé son intention de se pourvoir en cassation pour contester la partie de la décision relative aux colis alimentaires.
  • Le tribunal avait relaxé Aly Diouara concernant Stéphane Troussel, président socialiste du conseil départemental, estimant que la qualification juridique choisie était « erronée ».
  • Oumarou Doucouré s’est déclaré « satisfait que cette condamnation ait été confirmée », affirmant que justice était faite.

Une affaire née en pleine campagne municipale

L’affaire remonte à février 2026, en pleine campagne pour les élections municipales à La Courneuve. Aly Diouara, alors candidat LFI et député sortant, avait accusé l’équipe de son adversaire socialiste d’avoir distribué des « enveloppes d’argent lors d’une réunion publique », en présence de Stéphane Troussel. Dans un communiqué daté du 23 février 2026, il affirmait également que des « colis alimentaires avaient été distribués en échange de voix ». Ces accusations visaient directement l’entourage d’Oumarou Doucouré, candidat du Parti socialiste.

Lors de l’audience du 7 mai 2026 devant la cour d’appel, Aly Diouara a maintenu ses propos, évoquant des « témoignages nombreux » faisant état de distributions d’enveloppes à des notables de la communauté comorienne et de colis alimentaires lors d’un porte-à-porte. Il a réaffirmé son accusation de clientélisme politique, un argument central de sa campagne électorale.

La réaction d’Oumarou Doucouré et les enjeux politiques

Contacté par l’AFP après l’arrêt de la cour d’appel, Oumarou Doucouré s’est dit « satisfait que cette condamnation ait été confirmée ». Il a ajouté que cette décision permettait de « laver son honneur mais également celui des Courneviens et des Courneviennes », selon ses propres termes. Pour lui, cette affaire illustre les dérives possibles en période électorale, où les accusations infondées peuvent nuire à la réputation des candidats et à la confiance des électeurs.

De son côté, l’avocat d’Aly Diouara, Pierre-Eugène Burghardt, a estimé que cette confirmation de culpabilité montrait que le maire de La Courneuve « a manqué de prudence attendue d’un homme politique, député, candidat aux municipales ». Cette déclaration souligne les risques encourus par les élus lorsqu’ils s’engagent dans des polémiques publiques, surtout en période de scrutin.

Un euro symbolique et une amende confirmée

En première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné Aly Diouara à 500 euros d’amende avec sursis et à 3 000 euros de dommages et intérêts. En appel, la cour a confirmé la condamnation pour diffamation, mais a réduit les dommages et intérêts à un euro seulement. Cette décision reflète une appréciation plus mesurée du préjudice subi par Oumarou Doucouré, comme l’a souligné Me Alexandra Boret, son avocate.

La cour a également confirmé la relaxe d’Aly Diouara concernant Stéphane Troussel, président socialiste du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Les juges ont estimé que la qualification juridique retenue contre lui était « erronée », car Troussel n’était pas visé en raison de ses fonctions électives, mais en tant qu’individu. Cette précision juridique a permis d’écarter une partie des accusations portées initialement.

« La chambre des appels correctionnels a déclaré Aly Diouara coupable des faits reprochés, et l’a condamné à 500 euros avec sursis », a déclaré la cour d’appel de Paris, confirmant ainsi le jugement de première instance.

Et maintenant ?

La décision de la cour d’appel pourrait ne pas être la dernière étape de ce dossier. Aly Diouara a en effet annoncé son intention de se pourvoir en cassation pour contester la condamnation, notamment sur la partie concernant la distribution des colis alimentaires. Une procédure qui pourrait s’étaler sur plusieurs mois, voire années, et qui laisse planer une incertitude sur l’issue finale de cette affaire.

Pour Oumarou Doucouré, cette condamnation confirmée en appel marque une victoire symbolique, mais elle ne met pas fin aux tensions politiques locales. Les municipales de 2026 ayant déjà eu lieu, cette affaire rappelle les risques des campagnes électorales, où les accusations infondées peuvent laisser des traces durables dans le paysage politique local.

Reste à voir si cette décision aura un impact sur la vie politique de La Courneuve ou sur la carrière d’Aly Diouara, qui reste une figure montante de La France insoumise en Seine-Saint-Denis. Pour l’heure, la justice a tranché, mais le débat politique, lui, se poursuit.

La cour a estimé que le préjudice subi par Oumarou Doucouré était minimal, notamment en raison de la qualification juridique retenue et des éléments de preuve présentés. Elle a considéré que le montant de 3 000 euros alloué en première instance était disproportionné au regard des faits reprochés.

Aly Diouara a annoncé vouloir se pourvoir en cassation pour contester la décision de la cour d’appel. Cette procédure pourrait aboutir à un nouveau jugement de la Cour de cassation, mais elle ne suspend pas l’exécution de la peine déjà prononcée.